ÉTUDES
DANS LES ÉCRITURES
VOLUME
III - QUE
TON RÈGNE VIENNE
ÉTUDE
VI
L'ŒUVRE
DE LA MOISSON
Caractère de l’œuvre de la moisson. — Rassemblement du froment.
Rassemblement de l'ivraie. Sa mise en gerbes pour la brûler. —
Provenance de l'ivraie, sa croissance prolifique. — Elle fut brûlée
comme la paille lors de la moisson judaïque. — Parallélisme
chronologique des deux moissons. — Le rejet, la chute graduelle et la
destruction finale de Babylone. — Les serviteurs de Dieu marqués du
sceau avant que les plaies descendent sur Babylone. — Le jugement ou épreuve
frappe les individus et les systèmes ou organisations. — L'épreuve du
système judaïque fut un type. — L'épreuve et le criblage du froment.
— Séparation des Vierges sages d'avec les Vierges folles. L'entrée au
festin. — « Et la porte fut fermée ». — Second examen et rejet de
certains. — Pourquoi et comment ?. — Fin du Haut-Appel. — Le temps
est court. — « Que personne ne prenne ta couronne ». — Les
serviteurs et vainqueurs de la onzième heure.
Le
terme « moisson » donne une idée générale du
genre d’œuvre dont on devait attendre l'accomplissement
entre 1874 et 1914. C'est une période pendant laquelle on récolte
plutôt qu'on ne sème, un temps d’épreuve, d'estimation, de fixation
et de rétribution. La moisson de l'Age judaïque étant un type de celle
de cet Age, en observant et en comparant les diverses phases de la moisson
judaïque, nous aurons des idées plus claires sur l’œuvre qui doit être
accomplie pendant la moisson actuelle. Dans la première, notre Seigneur
donna des instructions spéciales pour rassembler le froment, c'est-à-dire
ceux qui en étaient déjà, puis séparer la balle de la nation juive
d'avec le froment. Les doctrines du Maître devinrent aussi les semences
de la nouvelle dispensation, qui commença (peu de temps après le rejet
d'Israël) à la Pentecôte.
Lorsque,
pendant son ministère, le Seigneur envoya ses disciples auprès de la
nation-église juive, il leur
adressa les paroles suivantes que nous devons retenir avec soin car elles
fournissent la preuve que le travail spécial des disciples était alors
de moissonner et non de semer : « Levez vos yeux et regardez les
campagnes, elles sont déjà blanches pour la moisson : celui qui
moissonne reçoit un salaire et assemble du fruit en vie éternelle » (
Jean 4 : 35, 36 ). Lui-même était le Chef-moissonneur de cette moisson-là
(comme il l'est aussi dans la moisson actuelle) ; il dit à ceux qui
moissonnaient sous ses ordres : « Moi, je vous ai envoyés moissonner ce
que vous n'avez pas travaillé ;
d’autres [ les patriarches, les prophètes et d'autres saints hommes
d'autrefois ] ont travaillé, et vous êtes entrés dans leur travail »,
pour moissonner les fruits de ces siècles de labeur et pour éprouver
ce peuple par le message: « Le Royaume des Cieux est proche »,
et le Roi est présent : « Voici, ton Roi vient à toi ».
Matth. 10 : 7 ; Jean 12 : 15 ; Zach. 9 : 9.
Pendant
la moisson judaïque, le Seigneur ne chercha pas à transformer les boucs
en brebis, il chercha les brebis perdues et aveuglées d’Israël, et
appela toutes celles qui étaient déjà ses brebis afin qu'elles pussent
entendre sa voix et le suivre. En observant le type, nous y trouvons des
indications sur le caractère de l’œuvre
qui doit s'accomplir pendant le temps actuel de la moisson ou
moissonnage (« reaping » fauchage.
Trad.). D'autres semailles beaucoup plus grandes auront bientôt lieu dans
les conditions bien meilleures de
l'Age millénaire et du Royaume. Nous pourrions même dire que les
semences de la vérité relatives au Rétablissement, etc., semences
destinées à produire la récolte millénaire, sont déjà déposées
çà-et-là dans les cœurs avides de vérité. Mais ce dernier travail
est seulement accidentel maintenant, car à l'image du type judaïque, la
moisson actuelle est un temps pour moissonner la prétendue église ( de
celle qui s'intitule la Chrétienté ), afin que les vrais saints, recueillis du milieu d'elle,
soient exaltés et associés avec leur Seigneur,
non seulement pour prêcher la vérité, mais aussi pour commencer
l’œuvre considérable du rétablissement
pour le monde.
Pendant cette moisson, le froment
et l'ivraie doivent être séparés, mais avant la séparation, ces deux
classes forment l'Église nominale. Le froment est formé des véritables
enfants du Royaume, des véritables consacrés, des héritiers, tandis que
l'ivraie est formée par l'Église nominale qui n'est pas véritablement
l'Église, de Christ ou future Épouse. L'ivraie renferme la classe de chrétiens
dont parle Jésus dans Luc 6 : 46 ; ceux-ci disent « Seigneur,
Seigneur », mais ils ne lui obéissent pas. Extérieurement,
les deux classes se ressemblent
quelque peu et il faut les observer de près pour les distinguer.
Le « monde chrétien » ou
« chrétienté », comme on
l'appelle parfois, forme ce que la parabole désigne par l'expression «
le champ, c'est le monde » ; c'est, en un mot, le froment et l'ivraie réunis
( l'ivraie étant beaucoup plus nombreuse ). L'ivraie est formée par des
personnes fréquentant plus ou moins régulièrement les services
religieux ; elles s'appellent des chrétiens, elles pratiquent certains
rites et cérémonies ; elles font partie plus ou moins directement de
quelque système religieux ; cette ivraie ressemble
à des enfants consacrés de Dieu qui passent parfois pour être
tels. Dans les prétendus « pays chrétiens », tous sont considérés
comme des chrétiens à l'exception des Juifs et des incrédules. Le
nombre total de ces chrétiens ( y compris les quelques véritables
consacrés, les saints ) se monte approximativement à 180 millions de
catholiques romains et grecs et 120 millions de protestants.
Notre
Seigneur avait indiqué que, pendant l'Age de l'Évangile, il ne fallait
pas essayer de séparer les véritables enfants du Royaume d'avec ce qui
n'était que de l’imitation ; car une séparation complète provoquerait
un bouleversement général du monde ( le « champ »
), ainsi que le désarroi, aussi bien dans le froment que dans
l'ivraie. Il avait donc dit : « Laissez-les
croître ensemble
jusqu'à la moisson ». Mais
il avait ajouté : » Au
temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs [ anges messagers ]
Cueillez d'abord l'ivraie et mettez-la en bottes pour la brûler, mais
assemblez le froment dans mon grenier » ( Matth. 13 : 30 ). Par suite, au
temps de la moisson, nous devons nous attendre à une oeuvre générale de
séparation, oeuvre qui avait
été interdite auparavant. Les personnes
symbolisées par le froment sont encouragées à demeurer fermes
dans la liberté par laquelle Christ les a affranchies ; elles doivent éviter
de s'associer d'une manière quelconque avec les transgresseurs délibérés
ou avec les loups en habits de brebis ; cependant, elles n'ont pas à
tracer elles-mêmes la ligne de démarcation entre les véritables consacrés
( le froment, les saints ) et l'ivraie qui, à un certain degré, se réclame
du nom et des doctrines de Christ, permet dans une certaine mesure à ces
doctrines d'influencer sa conduite extérieure,
mais dont les aspirations du cœur sont éloignées du Seigneur et
de son service. Juger les cœurs et les mobiles du cœur est une oeuvre
qui ne nous appartient pas et que le Seigneur nous a recommandé de
laisser entièrement de côté ; c'est pourtant cela même que les sectes
se sont continuellement efforcées de
faire essayant de séparer, de déceler le froment et d'éliminer comme
ivraie ou hérétiques par de rigoureux credo de fabrication humaine, tous
ceux se réclamant du christianisme et dont la foi ne cadrait pas
exactement avec leurs diverses et fausses unités de mesure. Cependant,
quelle faillite fut celle de
toutes ces sectes ! Elles ont instauré des règles et des doctrines
fausses et antiscripturales qui
ont développé, en réalité beaucoup d'ivraie et étouffé et isolé le
froment, entre autres la doctrine du tourment éternel pour tous ceux qui
ne sont pas membres de l'Église. Bien que grandement modifiée
aujourd'hui, à la lumière croissante
de nos jours, quelle multitude d'ivraie cette doctrine, n'a-t-elle
pas produite, et combien elle a étouffé, aveuglé et empêché le
froment d'obtenir une connaissance convenable du caractère et du plan de
Dieu ? Aujourd'hui, nous voyons quelle erreur commirent les différentes
sectes en ne suivant pas le conseil du Seigneur de laisser croître
ensemble le froment et l'ivraie, les saints et ceux qui prétendaient l'être,
sans essayer de faire une séparation. Dans toutes les sectes, des cœurs
honnêtes admettront que leur confrérie renferme beaucoup d'ivraie, de
chrétiens de nom qui ne sont pas des saints et qu'en dehors de leur secte
il y a beaucoup de saints. C'est ainsi qu'aujourd'hui, aucune secte ne
peut prétendre ou ne prétend que tous ses membres sont du froment et
qu'elle ne renferme point d'ivraie. Aucune organisation terrestre (à
l'exception des Mormons et des Christadelphiens) n'oserait encore moins prétendre
qu'elle renferme tout le froment. Dès lors, pourquoi donc toutes ces
organisations, toutes ces barrières théologiques ? Aucune excuse
n'existe de les établir. Elles n'arrivent pas à séparer le bon grain
d'avec l'ivraie, et rien ne peut accomplir complètement et entièrement
cette séparation des cœurs, si ce n'est par le moyen que le Seigneur a
choisi pour être employé au temps de la moisson. Ceci nous montre qu'il
est nécessaire de savoir quand le temps est proche, et quand doit
commencer le moment propre à l’œuvre de séparation de la moisson. Jésus,
fidèle à sa promesse, ne nous a pas laissés dans les ténèbres, mais
il nous donne la connaissance propre au temps actuel, à tous ceux, du
moins, dont le cœur est prêt à la recevoir : Vous, frères, vous
n'êtes pas dans les ténèbres [
ni endormis] pour que ce jour vous surprenne comme un voleur ». —
1 Thess. 5 : 4.
La
vérité du temps convenable actuel est la faucille de cette moisson ;
elle est analogue à celle qui fut employée dans la moisson judaïque.
Les moissonneurs, les anges(*)(*)
[ Le mot « ange » signifie messager.] ou messagers, sont
aujourd'hui les disciples du Seigneur au temps de la moisson judaïque,
les moissonneurs étaient une classe exactement identique. Tout au long de
l'Age de l'Évangile, il fut dit à d'autres de ne pas essayer de séparer
le froment d'avec l'ivraie ; maintenant, ceux qui sont prêts, obéissants
et dignes, reçoivent du Seigneur la connaissance de Son plan et de Son
arrangement d'une manière si claire qu'ils reconnaissent sa voix qui dit
au temps de la moisson : « Lancez la faucille » de la vérité présente
et « assemblez-moi mes saints qui ont fait alliance avec moi par [un]
sacrifice ». « Ils seront
à moi, mon trésor particulier, dit l'Éternel des armées, au jour que
je ferai ( Ps. 50 : 5 ; Mal. 3 : 17 ).
Non
seulement ce temps de la moisson est pour le rassemblement des saints par
la vérité (dans l'unité avec leur Seigneur et avec leurs frères, évitant
toute communion avec les chrétiens de nom, l'ivraie ), mais c'est aussi
le temps de nettoyer le champ en brûlant l'ivraie, la balle, les
mauvaises herbes, etc., en prévision des nouvelles semailles. Dans un
sens, le « froment » est rassemblé du milieu de l'ivraie — parce que
l'ivraie est beaucoup plus nombreuse — comme quand le Seigneur, dit : «
Sortez du milieu d'elle, mon peuple Cependant, dans un autre sens, la séparation
est fort bien représentée par l'ivraie éliminée du froment. En réalité,
c'est le froment qui a droit à toute la place dans le champ ; ce dernier
est un champ de froment et non un champ d'ivraie (le monde ou l'humanité
est le sol hors duquel sortent et croissent le froment et l'ivraie), de
sorte que l'ivraie n'est pas à sa place dans ce champ et doit en être
enlevée. Le Seigneur mit en culture et ensemença le champ avec du
froment, et le froment représente les Fils du Royaume ( Matth. 13 : 38 ).
Or le champ ou le monde doit leur être donné et leur appartient déjà
par la promesse ; c'est pour
cela que, selon la parabole, c'est l'ivraie qui est rassemblée, sortie du
champ pour être brûlée, abandonnant au froment Ie. champ et tout ce
qu'il renferme. L'ivraie retourne dans le sol (le monde), d'où elle était
sortie, et les prémices du froment sont rassemblées dans le grenier,
afin que la terre soit préparée pour une autre récolte.
Le
froment ne devait pas être bottelé : au début les grains avaient été
plantés, séparés et indépendants les uns des autres pour être associés
seulement comme une seule espèce dans des conditions semblables. Mais la
parabole nous dit que l'un des résultats de la moisson consistera à
rassembler l'ivraie, à la lier en bottes, avant de la jeter dans le feu
ou « temps de détresse ». Cette
oeuvre se poursuit tout
autour de nous ; de toutes parts, nous voyons surgir des syndicats
ouvriers, des trusts capitalistes, des associations pour la défense
des intérêts de toute sorte.
Le
monde civilisé est le « champ » de
la parabole. Pendant la Réformation, ce champ fut le théâtre de
disputes religieuses, en tous pays rassemblant pêle-mêle le froment et l'ivraie dans de grandes associations ou
confessions religieuses qui poussèrent les uns dans une direction
doctrinale, les autres dans une autre. Ceci assembla pêle-mêle froment
et ivraie et fit disparaître en grande partie la personnalité des
individus. Les tempêtes doctrinales sont passées depuis longtemps, mais
les divisions subsistèrent par la force de l'habitude, et çà et là
seulement, une tête de froment a essayé de s'élever elle-même vers la
droiture malgré le poids de la masse.
Mais
au temps de la moisson, le froment s'affranchit graduellement du fardeau
et des entraves de l'ivraie. La faucille de la vérité prépare cette
classe à la liberté par laquelle tous avaient été affranchis par
Christ au début, alors que cette même faucille produit un effet opposé
sur l'ivraie. L'esprit de cette dernière pousse ceux qui la forment à
rechercher la grandeur et l'ostentation sectaires plutôt que l'obéissance
et la fidélité individuelles à Dieu. En conséquence, les vérités présentes
dont elles découvrent de suite la tendance à condamner tout sectarisme
et à éprouver chaque individu, sont énergiquement rejetées et
combattues par elles. Et, bien que disposés à s’unir les unes aux
autres, toutes Ies sectes font bloc contre les tendances désagrégeantes
de la vérité présente, à telle enseigne qu'elles mettent leur
emprise lentement, avec précaution, mais avec force autour de toute pensée
et étude individuelle sur des sujets religieux, par crainte que leurs
organisations ne tombent en ruine et que tout le froment s'échappa ne
laissant plus que l'ivraie.
Chaque
membre de la classe de l'ivraie est plus ou moins conscient que, s'il
subissait un examen personnel, il n'obtiendrait aucune part dans l'héritage
du Royaume promis aux vrais disciples de l'Agneau. Ceux qui constituent
l'ivraie préféreraient voir les sectes jugées comme autant de
groupements et en comparaison de l'une avec l'autre, espérant ainsi
pouvoir se faufiler dans la gloire du Royaume d'après les mérites du
froment avec lequel ils sont associés. Cependant, ceci ne saurait avoir
lieu, car l'épreuve qui déterminera si nous sommes dignes des honneurs
du Royaume sera individuelle : c'est une épreuve de fidélité
individuelle envers Dieu et envers sa vérité et non pas une épreuve de
sectes pour savoir laquelle est la vraie. A la lumière plus intense
d'aujourd'hui qui dissipe les brumes du fanatisme et de la superstition,
chaque secte semble discerner que les autres sectes ont autant (et aussi
peu) de droits qu'elle-même de
se proclamer la seule véritable Église Ayant dû admettre ceci, elles
ont cherché à persuader chacun qu'il était essentiel pour être sauvé
de se joindre à l'une d'elles, peu importe laquelle. C'est ainsi qu'elles
combinent la notion de responsabilité individuelle avec l'esclavage
sectaire.
Voici
un exemple d'un de ces liens populaires récemment serré par le
sectarisme autour de ses adeptes. Nous voulons parler des Leçons de l'École
du Dimanche Internationale, lesquelles laissent l'impression d'une
coopération non sectaire à l'étude de la Bible parmi tous les chrétiens.
Elles paraissent ainsi comme étant un grand pas en avant sur les
anciennes méthodes d'enseignement des catéchismes des sectes. Ces leçons
uniformes ont l'apparence d'abandonner le sectarisme et de réunir tous
les chrétiens pour étudier la Bible à sa propre lumière ce qui est,
comme tous le reconnaissent la seule véritable manière d'étudier la
Bible, mais que toutes les sectes refusent de faire d'une manière
effective ; car, notons-le ces Leçons de l'École du Dimanche
Internationale ont un caractère non sectaire, seulement en apparence ;
c'est en apparence seulement qu'elles ont l'air de donner toute liberté
à l'étude de la Bible. En réalité, chaque dénomination commente à sa
manière les passages bibliques contenus dans les leçons. Le comité qui
choisit ces leçons ayant pour but l'union et l'harmonie apparentes et extérieures
des sectes, ne choisit que les passages bibliques où il n'y a guère de
divergences d'opinions. Les passages et doctrines sur lesquels elles sont
en désaccord, les seuls ayant le plus besoin d'être discutés afin que
les erreurs et les vérités de chaque secte puissent être manifestées
et qu'une véritable union puisse se faire sur la base « d'un seul
Seigneur, d'une seule foi et d'un seul baptême »,
tout cela est ignoré dans les leçons, mais toujours fermement
soutenu comme avant, par chaque secte.
L'effet de ces Leçons et d'autres méthodes similaires d'union est
de rendre le Protestantisme plus imposant en apparence, et de dire aux
gens, en fait sinon en paroles : il faut que vous fassiez partie d'une de
ces sectes, à défaut de quoi vous ne pourrez pas être un enfant de Dieu.
Dans la réalité, il ne s'agit pas d'une union en une seule église, mais
d'une combinaison d'organisations séparées et distinctes dont chacune
est aussi préoccupée de garder sa propre organisation comme secte ou
gerbe, mais chacune désireuse de s'allier avec les autres pour présenter
aux yeux du monde une apparence plus grande et plus imposante. Cela
ressemble à l'empilage des gerbes dans une meule. Chaque gerbe conserve
son propre lien ou organisation ; l'enchaînement devient encore plus étroit
lorsque la gerbe est fixée, solidement réunie aux autres, pour former
une grosse et imposante meule.
Le
système des Leçons Internationales, ainsi que les méthodes modernes de
« diriger » les Écoles du Dimanche, contribuent grandement au développement
de l'esprit de secte en empêchant toute croissance dans la connaissance
de la vérité d'une manière différente. Une leçon, présentée en
liaison avec les « exercices » de
l'école, est si générale qu'il reste trop peu de temps pour examiner
les questions réservées imprimées avec des réponses toutes préparées
; et aucun moment n'est laissé pour l'étudiant de la Bible affamé de vérité
ou le moniteur zélé occasionnel pour soulever d'autres questions, de
plus grande importance et renfermant de la nourriture pour l'esprit et la
discussion fructueuse. Autrefois, des classes d'études de la Bible
avaient lieu pour approfondir certaines questions, elles n'étaient entravées
que par les liens de leurs propres préjugés et superstitions ; les
chercheurs studieux et sincères pouvaient toujours faire quelques progrès
dans la vérité. Mais à présent, alors que la lumière augmente de
toutes parts, éclairant tous les sujets, dissipant les brumes de la
superstition et des préjugés, ce sont précisément les Leçons
Internationales elles-mêmes qui l'empêchent de briller sur l'étudiant
de la Bible tout en prétendant l'aider. Son temps réservé à l'étude
biblique est habilement dirigé
de manière qu'il ne puisse obtenir de nouvelles idées, mais qu'il soit
si continuellement occupé à utiliser « le lait de la Parole »
(copieusement dilué dans les traditions des hommes) qu'il en perde
tout appétit pour la « nourriture solide »
de la vérité plus avancée (Héb. 5 : 14). Dans ces classes, tout
le temps et l'occasion de goûter, d'apprendre à apprécier la nourriture
substantielle sont sacrifiés par l'obéissance à ces paroles : « Il
faut nous en tenir à notre leçon, car l'heure va bientôt sonner ».
Pour comprendre la valeur des doctrines de Dieu, si nécessaires
à notre croissance dans la grâce, dans la connaissance et dans
l'amour de Dieu, combien il est nécessaire,
selon le prophète et
l'apôtre, de laisser de côté les premiers rudiments et de progresser
vers la perfection après avoir été « sevrés du lait, ôtés de la
mamelle » — Héb. 6 : 1 ; Es. 28 : 9.
Récemment,
il est vrai, on a amélioré les méthodes des Écoles du Dimanche, mais
elles laissent encore beaucoup à désirer. Il y a dans ces milieux
quelques enfants de Dieu et des plus dignes, qui s'efforcent de servir Jésus
et sont plus ou moins perplexes devant le déploiement du nombre et de
l'apparence de « l’œuvre pour le Seigneur ».
Nous concédons que quelque bien est accompli, mais il a ses
compensations. Les personnes sincères sont détournées de leurs propres
devoirs, empêchées de progresser, parce qu'elles font ce que Dieu avait
chargé les parents de faire ; la négligence
de ces devoirs fait du tort aux parents comme aux
enfants. Quant aux personnes moins développées, elles trouvent
que les courtes réunions et les « exercices »
sont plus agréables que l'étude de la BIble.
Elles en viennent à trouver qu'elles ont accompli un devoir elles
se dédommagent d'ailleurs du sacrifice, de quelques moments en s'occupant
de bavardages mondains et du changement qu'ils procurent. Quant aux
enfants, ils aiment mieux aussi, les «
exercices », les
cantiques et mieux encore, les livres de contes, les pique-nique, les fêtes
et Ies parties de plaisir.
Les enfants, comme les mamans, éprouvent aussi une grande compensation à
la peine qu'ils ont prise de s'habiller en ayant ainsi l'occasion de
pouvoir étaler aux yeux de chacun leurs beaux habits. La responsabilité
des parents dans l'éducation religieuse
de leurs enfants à la maison est très généralement abandonnée en
faveur de l'instruction fausse et mécanique de l’École du Dimanche. On
a donné avec raison à l'École du Dimanche le nom de garderie d'enfants
de. l'église, et les petits ainsi élevés dans l'éducation et les
conseils de l'esprit du monde sont les jeunes pousses pour l 'abondante récolte
d'ivraie qui infeste complètement la grande Babylone.
Partout,
ici et là, où existe une réunion d'études bibliques pour adultes, si
celui qui enseigne est assez sincère et indépendant pour s'écarter des
leçons prescrites et s'occuper de sujets plus importants, propres à
faire luire la vérité qu'elle soit ou non favorable à la confession de
la secte, il est certain que son pasteur ou son supérieur immédiat, le
considérera comme un moniteur indigne de confiance. Il est vrai que ceux
qui enseignent ainsi sont dangereux pour l'élément sectaire et bientôt
on leur retire le droit d'enseigner. Il est certain que, s'il y avait
beaucoup de personnes enseignant en toute indépendance et proclamant les
vérités qu'elles ont reconnues, elles ne tarderaient pas à couper les
liens des gerbes sectaires et à disperser ces dernières. C'est pourquoi
elles deviennent bientôt indésirables. On préfère en choisir d'autres
capables de tenir en bride les pensées et les tendances des assemblées
qu'ils dirigent. On les prive de la « nourriture solide », on les
maintient à l'état de petits enfants non sevrés, trop faibles pour
marcher seuls, obligés de se lier aux systèmes qu'ils ont appris à
aimer, et croyant qu'ils seraient perdus s'ils n'étaient pas rattachés
à eux. La véritable place de celui qui enseigne fidèlement, la place du
véritable étudiant de la Bible est en dehors de tous les liens humains,
là où l'on est libre d'examiner la bonne Parole de Dieu et de se nourrir
de tout ce qu'elle contient, là où l'on est libre aussi de suivre
l'Agneau partout où il va. Jean 8 : 36 ; Gal. 5 : 1.
Alors qu'on doit prendre en apparence la liberté individuelle en considération,
comme jamais auparavant, nous voyons que jamais, à aucun moment, les
liens n'ont été plus fortement serrés dans le but de lier ensemble le
froment et l'ivraie dans les nombreuses gerbes. Jamais auparavant on
n'avait mieux réussi qu'aujourd'hui à entraver et limiter les libertés
individuelles. Chaque heure
de loisir d'un sectaire zélé est consacrée à l'une des nombreuses réunions
ou des nombreux projets de sorte qu'il ne reste aucun moment pour penser
et pour étudier la Bible en toute liberté. Le but principal de ces réunions,
distractions etc., est de développer et de fortifier l'esprit sectaire ;
le résultat final est d'amener l'asservissement dont nous avons parlé et
qui empêche le véritable développement des enfants consacrés de Dieu,
le froment. Ces liens deviennent de plus en plus forts, comme le prophète
l'avait annoncé ( Es. 28 : 22 ). Les gerbes sont formées par un peu de
froment et beaucoup d'ivraie et chaque jour, il devient plus difficile
d'en sortir.
Du fait que nous avons vu la petite quantité de froment vraiment consacré
par opposition à la grande masse des « baptisés de profession »
(suivant la description de la classe de l'ivraie qu'en avait donnée
avec force un évêque Méthodiste) il est évident que l'embrasement de
l'ivraie sera un événement d'importance. Beaucoup de personnes supposent
que l'ivraie sera brûlée dans une fournaise ardente où il y aura des
pleurs et des grincements de dents ( Matth. 13 : 42 ). C'est une erreur complète de croire qu'il s'agit d'un
feu littéral, ou d'une détresse qui se prolongera au-delà de la vie présente.
La parabole tout entière s'accomplit pendant l'âge présent. Non
seulement ce feu est un symbole tout comme le froment et l'ivraie, mais il
symbolise la destruction de l'ivraie, pendant le grand temps de détresse
qui termine l'âge actuel et de laquelle, la classe du froment a la
promesse d'être épargnée ( Mal. 3 : 17 ; Luc 21 : 36 ). La fournaise
ardente symbolise le « grand temps de la détresse » qui, à la fin de
cette moisson, vient sur la classe indigne de l'ivraie de la Chrétienté.
La
destruction de l'ivraie ne signifie pas non plus qu'il y aura une
destruction individuelle présente ou future de ceux qui composent cette
classe. Ce sera plutôt la
destruction des fausses prétentions de cette classe. Ces gens prétendent
être chrétiens alors qu'ils sont toujours des enfants de ce monde. Quand
ils seront brûlés ou détruits comme l'ivraie, ils seront reconnus sous
leur vrai caractère, comme des gens du monde et ils n'imiteront plus désormais
les chrétiens comme membres nominaux de l'Église de Christ.
Notre
Seigneur explique que lui-même a semé la bonne semence du Royaume, la vérité,
de laquelle sort toute la classe du vrai froment après avoir été
engendrée par l'esprit de vérité. Par la suite, pendant la nuit, les âges
de ténèbres, Satan sema l'ivraie. L'ivraie fut certainement semée de la
même manière que l'a été le froment. Ceux qui la forment sont les
fruits de l'erreur. Nous avons déjà vu comment l'adversaire, Satan, et
ses serviteurs aveuglés souillèrent grandement le « sanctuaire » et «
l'armée » et comment les précieux
vases (doctrines) furent profanés et faussement utilisés par la Papauté,
et ceci n'est qu'une autre démonstration de la même chose. Les fausses
doctrines engendrèrent de fausses ambitions et aspirations dans le champ
de blé de Dieu ; de ce fait beaucoup entrèrent au service de Satan
pour semer des erreurs de doctrine et
de pratique qui ont fait surgir l'ivraie en abondance.
Le
champ paraît être splendide et florissant à beaucoup car ils dénombrent
les centaines de millions de prétendus chrétiens qui le composent. En réalité,
il y a bien peu de froment, et pour ce blé qui a été étouffé et
grandement entravé dans son développement par l'ivraie, il eût été préférable
que l'ivraie animée de l'esprit du monde ne fût pas entrée dans l'Église,
mais fût restée à sa place dans le monde en laissant les consacrés du
« Petit Troupeau » comme seuls représentants de l’esprit et de la
doctrine de Christ dans le champ. Alors il se serait bientôt manifesté
une différence marquée entre l'Église et le monde et la croissance de
l'Église, en apparence moins rapide, aurait été plus saine. Le grand
succès apparent que manifestent le nombre, la richesse et la position
sociale, desquels se glorifient un si grand nombre, cause en réalité un
grand préjudice à l'Église et n'est en aucun sens une bénédiction ni
pour elle, ni pour le monde.
En
examinant ce sujet, nous trouvons que beaucoup d'éléments de cette
ivraie ne sont pas entièrement responsables de leur fausse situation
d'imitation du froment. Beaucoup d'entre eux ne savent pas que l'ivraie
n'est pas la véritable Église ; car ils considèrent
le Petit Troupeau des consacrés comme des extrémistes et des
fanatiques. Si l'on compare la grande masse de l'ivraie avec notre
Seigneur et les apôtres et tout le froment, certainement ces derniers
paraissent être des extrémistes, des fanatiques, si la majorité,
l'ivraie a raison.
On
a si souvent et si parfaitement affirmé à ceux qui constituent l'ivraie
qu'ils sont des chrétiens que tous sont des chrétiens sauf les Juifs,
les incrédules, et les païens
— qu'il serait difficile d'attendre d'eux qu'ils sachent que le
contraire est la vérité. Les fausses doctrines leur ont enseigné qu'il
n'y a que deux classes, et que tous ceux qui échappent au tourment éternel
doivent être des cohéritiers avec Christ. Dans tous les services funèbres,
sauf dans le cas d'individus notoirement débauchés ou malfaisants, on
certifie aux amis et parents du défunt que ce dernier est entré dans la
jouissance de la paix, de la joie et de la gloire célestes. Pour prouver
la chose, on se sert de citations bibliques lesquels, d'après le contexte,
ne s'appliquent qu'aux véritables consacrés, aux saints.
Naturellement
enclins à se blâmer, niant consciemment être des saints et ne prétendant
pas aux riches promesses des Écritures faites à ces derniers, ils sont
persuadés de les revendiquer par leurs compagnons ivraie, à la fois dans
les chaires et sur les bancs. Ils ont conscience — et sont même
certains — de n'avoir rien fait qui puisse les envoyer au tourment éternel
leur foi dans les fausses doctrines de la
« chrétienté » les conduit à espérer et à prétendre
qu'eux-mêmes et tous les gens moraux sont des membres de l’Église
auxquels appartiennent toutes les riches promesses. Ainsi sont-ils de
l'ivraie par le fait des fausses doctrines et non seulement leur situation
spirituelle est fausse mais ils rabaissent le véritable idéal noble et
élevé de la sainteté. Illusionnés par cette erreur, ils éprouvent un
certain sentiment de sécurité et de satisfaction ; car en comparant leur
conduite et leur vie avec celles de la grande majorité des membres de l'Église
nominale, de leurs amis défunts dont on a dit tant de bien
lors de leurs funérailles, ils sont persuadés qu'ils sont dans la
bonne moyenne, peut-être même supérieure à celle de plus d'un prétendu
chrétien. Cependant tous ont conscience de n'avoir jamais fait une
véritable consécration de leur cœur, leur vie, leur temps, leurs
moyens, leurs talents, leurs ambitions à Dieu et à son service.
Mais
comme la classe de la « balle » de la nation juive fut consumée au
terme de la moisson judaïque
( Luc 3 : 17 ), il en sera de même de cette classe de l'« ivraie » à
la fin de la moisson actuelle. Comme la balle perdit toute prétention à
la faveur divine comme Royaume de Dieu triomphant avant que cette moisson
se fût terminée dans le grand feu des disputes religieuses et politiques
qui consuma ce système, ainsi en sera-t-il de la classe de l'ivraie de la
prétendue « Chrétienté ». Ils
seront consumés ; ils cesseront d'être de l'ivraie ; ils cesseront de se
tromper sur eux-mêmes les autres ; ils cesseront de s'approprier les
très grandes et très précieuses promesses qui n'appartiennent qu'aux
saints vainqueurs. Lorsque leurs divers royaumes dits chrétiens et leurs
diverses organisations religieuses, déchirés par les discordes produites
par la lumière croissante de la vérité, seront consumés par le feu déjà
allumé, « le feu de la jalousie de Dieu » ( le temps de détresse qui termine l'âge actuel - Soph. 3 :
8, ils cesseront de revendiquer pour leurs systèmes mondains, le nom de
« chrétienté ».
Après
avoir parlé de la destruction de l'ivraie par le feu, la parabole
poursuit : « Alors les justes [le froment] luiront comme le soleil dans
le Royaume de leur Père ». [Quel
meilleur témoignage que celui-ci pourrions-nous avoir, que la véritable
Église n'a pas encore été établie en puissance comme Royaume de Dieu,
et qu'elle ne sera pas élevée ainsi à la gloire avant l'achèvement de
la moisson ? ] Alors se lèvera le soleil de justice (dont Christ-Jésus
sera toujours le glorieux point central), portant la santé dans ses
rayons, pour bénir, rétablir, purifier et nettoyer du péché et de
l'erreur toute l'humanité, les pêcheurs incorrigibles étant détruits
dans la seconde mort.
Rappelons-nous
que dans la moisson judaïque-type, les véritables Israélites
ainsi que les Israélites de nom formaient ensemble la maison juive ou
charnelle d'Israël. Seuls, les véritables Israélites furent choisis
et rassemblés dans le grenier de la dispensation
évangélique ; seuls, ils eurent l'honneur de recevoir les vérités
appartenant à l'Age de l'Évangile. Tous les autres membres de cette
nation (la « balle ») ne furent pas littéralement et physiquement détruits
(bien qu'il y eût beaucoup de tués lors de leur détresse), mais ils
furent dépouillés de toutes les faveurs du Royaume auxquelles ils
avaient cru avoir droit antérieurement, et dont ils s'étaient même vantés.
Nous pouvons dès lors délimiter l'événement parallèle et
correspondant de la moisson actuelle et comprendre ce que sera le
traitement de « l'ivraie » dans le temps brûlant actuel.
Dans
la « moisson » actuelle, le
Seigneur nous a non seulement
montré les événements qui doivent survenir et comment nous devions y
participer en nous séparant du monde et en employant comme des «
moissonneurs » la faucille de la vérité pour aider les autres à
arriver à la liberté en Christ et à se séparer aussi des faux systèmes
et des liens humains, mais afin de nous rendre doublement sûrs que nous
sommes du bon côté et que le temps de séparation est arrivé, il nous a
fourni des preuves sur l'année où commença l’œuvre de la moisson,
sur sa durée et sur le moment de sa fin. Ces preuves, déjà examinées,
montrent que la fin de 1874 marqua le commencement, comme la fin de 1914
marquera la clôture de ces 40 ans de moisson, tandis que toutes les
particularités relatives à l'ordre et au travail de cette moisson furent
décrites dans celle de l'Age judaïque, son type. Nous allons examiner
maintenant quelques détails remarquables relatifs au temps de cette
moisson-type, et prendrons note des leçons qu'ils enseignent,
actuellement applicables, et que notre Seigneur prépara évidemment dans
ce dessein afin que nous ne puissions être ni dans le doute ni dans
l'incertitude, mais que nous puissions connaître son plan et être
capables d'agir en conséquence, avec force, comme co-ouvriers
avec lui dans l'exécution de sa volonté révélée.
Tous les détails de
temps se rattachant à la moisson judaïque (bien qu'ils aient parfois
trait indirectement aux fidèles) concernaient directement la grande masse des Israélites de
nom ; ils marquaient la durée du temps d'épreuve des Juifs, leur rejet,
leur renversement et leur
destruction en tant que système ou nation-église.
Ainsi, en l'an 29 de notre ère, le Seigneur vint comme Époux et
moissonneur, non seulement vers les véritables Israélites, mais aussi
vers toute la masse de la nation ( Jean 1 : 11 ). A ce moment-là, les
progrès réalisés dans l’œuvre de la moisson montrèrent qu'il y
avait peu de grains de froment mûrs pour le grenier (la dispensation
évangélique) et que la grande masse n'avait que l'apparence
du froment, c'était en réalité de la « balle » seulement, ne
contenant en elle aucun des véritables principes du froment. Lorsque, en
l'an 33, soit trois ans et demi plus tard, notre Seigneur assuma la charge
de Roi et permit au peuple (chose qu'il avait défendue auparavant, Jean 6
: 15) de l'installer sur un âne et de l'acclamer comme roi, cet événement
servit à marquer, dans la moisson actuelle-antitype, un événement
beaucoup plus important que celui du type. Comme nous l'avons vu, le
parallèle de celui-ci montre que 1874 est le temps de la seconde présence
de notre Seigneur comme Époux et Moissonneur, et qu'avril
1878 est celui où il commença à exercer en fait Sa charge de Roi
des rois et Seigneur des seigneurs, cette fois comme Roi spirituel, présent
dans toute sa puissance, quoique invisible aux hommes.
Les
actes accomplis par notre Seigneur, pendant les quelques heures où Il
agit typiquement comme Roi d'Israël, ont une profonde signification pour
nous, préfigurant incontestablement les événements correspondants
actuels. Lorsque Jésus entra comme Roi à Jérusalem, monté sur le petit
d'une ânesse, le peuple le vit chasser du temple avec un fouet, les
changeurs d'argent. Cet acte pour nous est le type d'un événement
correspondant actuel qui s'accomplit sur une échelle beaucoup plus grande,
bien que le Roi, le fouet de cordes et la proclamation de son autorité
royale soient manifestés maintenant d'une manière très différente, et
aux yeux de la foi seulement. Mais le type judaïque sert à attirer notre
attention sur cet accomplissement, qu'autrement nous n'aurions pas été
capables d'apprécier. La première oeuvre du roi-type fut de rejeter
toute la nation-église d'Israël comme indigne de former son Royaume et
d'être considéré plus longtemps comme son héritage spécial. Tout cela
était contenu dans les paroles du Maître : «
Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux
qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants
comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes et vous ne l'avez
pas voulu ! Voici, votre maison vous est laissée déserte » ! — Matth.
23 : 37-39.
Ceci,
lorsqu'on l'applique à la moisson actuelle, enseigne que, de même qu'en
l'an 33 ap. J. C., après avoir été reconnu par Dieu comme son peuple
pendant 1845 ans, par des faveurs, des châtiments, etc., Israël type fut
rejeté par le Roi parce que trouvé indigne après avoir été mis à l'épreuve
et jugé pendant 3 ans 1/2, ainsi dans la moisson actuelle, après un
examen correspondant de 3 ans 1/2 , au
terme d'une période de 1845 années de faveur et de châtiment, la chrétienté
nominale serait rejetée par le Roi comme indigne de recevoir de Lui
d'autres faveurs ou d'être reconnue par Lui, d'une manière quelconque.
Comme
le rejet d'Israël nominal selon la chair n'impliqua pas le rejet
individuel des « véritables Israélites » en qui il n'y avait point de
fraude, mais plutôt une faveur plus grande encore pour ces derniers (qui
furent délivrés de leurs « conducteurs aveugles » et reçurent
des enseignements directs et parfaits par les nouveaux canaux
spirituels de Dieu — les apôtres), c’est ce à quoi nous devons nous
attendre de nos jours. Les faveurs spirituelles, accordées autrefois par
Dieu aux masses nominales appartiennent désormais aux seuls fidèles et
obéissants. Désormais, la lumière venant au temps marqué, « la
nourriture au temps convenable pour la maison de la foi »,
doit être attendue non plus des anciens canaux à un degré
quelconque, mais par des individus fidèles n'appartenant à aucun des
systèmes déchus et rejetés.
Pendant
son ministère et jusqu'au moment où, en
sa qualité de Roi, il rejeta le système judaïque, notre Seigneur
reconnut les scribes et les pharisiens comme les instructeurs légitimes
du peuple, malgré les sévères réprimandes qu'il adressa à ces
hypocrites qui trompaient le peuple. Nous en voyons la preuve dans les
paroles du Seigneur en Matth. 23 : 2 : « Les scribes et les pharisiens se
sont assis dans la chaire de Moïse. Toutes les choses donc qu'ils vous
diront, faites-les et observez-les ».
Nous voyons aussi que, pendant quelque temps, les hauts dirigeants
religieux de la chrétienté nominale, dans leurs synodes, leurs conférences,
leurs conciles, etc., se sont assis dans une certaine mesure, dans la
chaire de Christ, comme instructeurs du peuple comme jadis le Sanhédrin
juif occupait la chaire de Moïse. Mais de même qu'après l'an 33, le
Seigneur ne reconnut plus les scribes et les pharisiens comme ses
serviteurs à un titre quelconque et que les véritables Israélites ne
furent plus, dès lors, instruits et enseignés par eux, mais par Dieu
lui-même, qui se servit d'autres instruments plus dignes, plus humbles et
sans titres, qui furent choisis dans le peuple et
spécialement enseignés de Dieu, ainsi c'est une chose analogue
que nous devons attendre et que nous devons trouver aujourd'hui, dans la
moisson parallèle actuelle.
La prise en charge
de l'office royal par notre Seigneur, en l'an 33 et son premier acte
officiel, le rejet de l'Église nationale d'Israël selon la chair considérés
en rapport avec tous les parallèles frappants des deux âges, indiquent
très clairement qu'au point parallèle de temps de la moisson présente,
1878, la Babylone mystique, autrement nommée Chrétienté, l'antitype du
judaïsme, fut rejetée ; dès ce moment-là retentit le message : « Elle
est tombée, elle est tombée, Babylone la grande et elle est devenue la
demeure de démons, et le repaire de tout esprit immonde et le repaire de
tout oiseau immonde et exécrable ».
— Apoc. 18 : 2.
La
chute, les plaies, la destruction, etc., de la Babylone mystique telles
qu'elles avaient été annoncées, furent préfigurées par les grands
bouleversements et la destruction nationale du peuple d'Israël selon la
chair, événements qui finirent par la ruine complète de cette nation en
l'an 70 [69-73(*)]. (*)Voir Introduction du volume II, page III. - Trad.
La période de la chute correspond aussi, car depuis le moment où le
Seigneur proclama que sa demeure serait laissée déserte, en l'an 33
jusqu'en l'an 70 [69 (*)] il
s'écoula 36 ans 1/2 ainsi, depuis [avril] 1878 jusqu'à la fin en [octobre]
1914, il y a 36 ans ½. Et à la fin de [en octobre] 1914, ce que Dieu
appelle Babylone, que les hommes appellent chrétienté aura disparu, [commencera
à disparaître] comme la prophétie l'a déjà montré.
Le judaïsme était un type établi par Dieu du Royaume millénaire
de Christ qui dirigera, ordonnera et surveillera toutes choses ; en conséquence
le judaïsme était légitimement une union de l'Église et de l'État,
d'un gouvernement religieux et d'un gouvernement civil. Mais, comme
nous l'avons déjà montré, l'Église de l'Évangile ne devait rien avoir
de commun avec les gouvernements de ce monde, ni s'associer à eux jusqu'à
ce que son Seigneur, le Roi des rois, vienne prendre en main les rênes du
pouvoir, élève son Église comme épouse pour lui faire partager ce règne
de la justice. Le grand système appelé Chrétienté, négligeant, les
avertissements du Seigneur, se conforma à la sagesse, aux théories et
aux plans des hommes, comprit tous les gouvernements, toutes les
confessions prétendant être de Christ (mais n'étant qu'une misérable
contrefaçon du véritable Royaume de Christ), fut organisé avant le
temps, sans le Seigneur, et avec des éléments tout à fait impropres. La
chute de Babylone comme système impropre d'État- Église, et le
rassemblement du bon grain correspond donc admirablement bien à la chute
du judaïsme qui lui sert de type.
Primitivement, le terme Babylone signifiait portail de Dieu ; plus tard,
par dérision, sa signification changea et désigna un mélange ou une
confusion. Dans le livre de l'Apocalypse ce terme s'applique spécifiquement
à l'Église nominale, laquelle, de portail à la gloire, devint un
portail à l'erreur et à la confusion, à un pitoyable mélange
renfermant surtout de l'ivraie, des hypocrites, une masse confuse de gens
du monde dans laquelle sont ensevelis les joyaux du Seigneur, et cachés
leur véritable beauté et leur éclat. Dans la prophétie symbolique, le
terme Babylone désigne parfois seulement l'Église romaine, appelée «
Babylone la Grande, la Mère des Impudiques ».
Pendant des siècles, ce nom s'appliqua à l'Église romaine seule,
car elle était alors le seul système de confusion existant qui n'en tolérait
pas d'autres autour de lui. Dans la suite, d'autres systèmes ecclésiastiques
qui ne furent pas aussi grands que la « mère», ni aussi mauvais, ni
aussi radicalement faux surgirent de son sein à la suite de divers essais
de réformes imparfaites. Les erreurs, l'ivraie
et l'esprit du monde finirent également par y prédominer
largement, c'est pourquoi le nom de Babylone est employé comme un terme général
ou nom de famille pour désigner non seulement l'Église romaine mais les
sectes protestantes. La Papauté étant le système-mère, obligation nous
est faite de considérer les divers systèmes protestants qui sortirent
d'elle, comme ses filles — fait très généralement
admis par les protestants, et parfois avec orgueil.
Antérieurement
au temps de la moisson, nombre d'enfants de Dieu dans la Grande Babylone découvrirent que son caractère prédominant
était grossièrement antichrétien (notamment
les Vaudois, les Huguenots et les réformateurs du seizième siècle). Ils
attirèrent l'attention sur ce fait, puis ils se séparèrent du système-mère
en entraînant avec eux beaucoup d'autres
personnes qui étaient en grande partie de l'ivraie, ainsi que
l'avait prédit le prophète disant que « plusieurs se joindraient à eux
par des flatteries » ( Dan. 11 : 34 ). Il y eut les divisions provenant
des tempêtes politiques et doctrinales avant le temps de la moisson. Au
milieu de ces tempêtes, l'ivraie toujours prédominante, forma de
nouveaux systèmes babyloniens quoique d'un caractère moins critiquable.
Ainsi le froment, en essayant de temps à autre de s'affranchir de
l'incube de l'ivraie (et spécialement de se libérer des plus grossières
erreurs qui engendraient l'ivraie et la faisaient prospérer) fut béni
par ces efforts, mais il continua à subir l'influence de l'ivraie, à
rester mêlé, l'élément ivraie prédominant. Cependant, grâce à ce
froment, la faveur de Dieu se répandit même sur ces gerbes mélangées
ou systèmes babyloniens. Ce ne fut qu'au temps marqué par Dieu — au temps de la
moisson, en 1878 — qu'intervint une
séparation complète et finale de tous ces systèmes complètement rejetés
de toute faveur et condamnés à une destruction rapide, et que tous les
enfants de Dieu furent explicitement et impérativement invités à sortir
de ces systèmes. Au commencement même de l'Age de l'Evangile, le peuple
de Dieu fut mis en garde contre les séductions de l'Antichrist
; il lui fut recommandé de se séparer de ce système. Cependant,
dans le dessein d'éprouver ses enfants, de les mettre à l'essai, Dieu
permit qu'ils fussent plus ou moins trompés par lui et plus ou moins mélangés
avec lui. Chaque réveil à la constatation de principes, doctrines et
actes antichrétiens conduisait à des mesures de réforme, mit à l'épreuve
et établit la classe du froment, et aida ses membres à se purifier de
plus en plus des souillures de l'Antichrist. Mais ce dernier appel positif
d'épreuve, associé au rejet final de ces systèmes ne recevant
plus la faveur divine (comme ils la recevaient à cause du froment
qui se trouvait en eux), a pour objet de séparer définitivement
la classe du froment de tous les systèmes et principes antichrétiens.
Toutes les vérités que possédaient autrefois ces systèmes en sont
emportées rapidement, étant remplacées par des théories des hommes,
subversives de tout élément de la vérité divine ; la piété vivante
et l'amour des choses divines s'évanouissent rapidement aussi et font
place à l'amour des plaisirs et à l'esprit du monde.
En
même temps que la déclaration de la chute de Babylone, tous les enfants
de Dieu, qui sont encore en elle, reçoivent aussi l'ordre d'en sortir :
« J'entendis du ciel une autre voix qui disait : Sortez du milieu d'elle ,
mon peuple, afin que vous ne participiez pas à ses péchés, et que vous
ne receviez pas de ses plaies » (
Apoc. 18 : 4 ). Dans l'expression : « Elle est tombée, Babylone...
Sortez du milieu d'elle mon peuple », il
y a deux pensées distinctes dont il faut se rappeler. On voit tout
d'abord qu'à un moment donné Babylone n’était pas tombée, déchue de
la faveur divine, car, pendant
un certain temps, elle conserva une mesure de faveur, malgré son caractère
de mélange ; que, malgré mélange la grande proportion d'erreur qu'elle
renfermait malgré le peu d'esprit de Christ qu'elle possédait, elle n'était
pas encore totalement rejetée loin de la faveur divine, car la séparation
complète ne devait avoir lieu qu'au temps de la moisson. La proclamation
indique qu'à un moment donné Babylone serait soudainement et entièrement
rejetée quand toute faveur divine lui serait à jamais retirée, quand
les jugements suivraient leur cours accomplissant le rejet qui eut lieu,
comme nous l'avons vu, au temps marqué, en 1878. Elle montre également
qu'au moment du rejet de Babylone, cette dernière renfermerait beaucoup
d'enfants de Dieu encore associés avec elle, car c'est après le rejet de
Babylone, après qu'elle est tombée, déchue de la faveur que
ceux-ci sont appelés par ces mots : « Sortez du milieu
d'elle, mon peuple ».
Il y a lieu de discerner clairement le contraste existant entre les
nombreux mouvements de réforme graduelle des quatre derniers siècles et
la séparation finale d'aujourd'hui : ces mouvements furent des tentatives
de réformer Babylone, tandis que cette dernière montre que tout espoir
de réformer Babylone est perdu : « Babylone a été une coupe d'or dans
la main de l'Éternel, enivrant toute la terre. Les nations ont bu de son
vin, c'est pourquoi les nations sont devenues insensées [intoxiquées par
ses erreurs]. Subitement Babylone est tombée, et elle a été brisée :
« Hurlez sur elle, prenez du baume pour sa douleur ; peut-être qu'elle
guérira ! Nous avons traité Babylone mais elle n'est pas guérie ;
abandonnez-la, et
allons-nous-en, chacun dans
son pays [la vraie Église ou
le monde, suivant le cas, selon que chacun se prouve être du froment ou
de l'ivraie] car son jugement atteint aux cieux et s'est élevé jusqu'aux
nues » Jér. 51 : 7-9 ;
comparez avec Apoc. 17 : 4 ; 14 : 8 ; 18 : 2, 3, 5, 19.
Babylone
incurable est maintenant condamnée à la destruction : le système tout entier, système de systèmes, est rejeté,
et tous les enfants de Dieu qui ne peuvent accepter ses fausses doctrines
et pratiques sont maintenant invités à se séparer d'elle. Le prophète
indique pourquoi Babylone est rejetée et il montre que certains
manqueront de le comprendre. Il dit : (*) Jérémie 8 :
7.
«
Même la cigogne dans les cieux connaît sa saison et la tourterelle et
l'hirondelle, grue, prennent
garde au temps où elles doivent venir, mais mon peuple ne connaît pas le
jugement de l'Éternel. [On ne reconnaît pas qu'un temps de moisson, de séparation
complète et totale du froment d'avec l'ivraie doit venir. En ceci, les
hommes montrent moins de discernement que les oiseaux migrateurs]. Comment
dites vous : Nous sommes sages et la loi de l'Éternel est avec nous [quand
vous êtes incapables de discerner le temps de la moisson et le changement
de dispensations maintenant à échéance] ? Mais voici, la plume menteuse
des scribes [en] a fait une fausseté [parce que la Parole de l'Éternel
par ses prophètes et ses apôtres est rendue nulle, mise de côté négligemment,
et que les confessions de foi des « âges des ténèbres » sont les
lanternes sans lumière de ceux qui marchent dans les ténèbres]. Les
sages (?)
[savants] sont couverts de honte, ils ont peur [par suite de la
faillite de leurs plans humains favoris] et sont pris ; voici, ils ont méprisé
la Parole de l'Éternel, et quelle sagesse ont-ils [aujourd'hui] ?
[Comparer avec Esaïe 29 : 10]. C'est pourquoi je donnerai leurs femmes [leurs
églises] à d'autres, et leurs champs [de travail] à ceux qui les posséderont
; car depuis le petit jusqu'au grand [d'entre eux], ils sont tous adonnés
au gain déshonnête ; depuis le prophète [l'orateur] jusqu'au
sacrificateur [au ministre], tous usent de fausseté [Comparez Ésaïe 56
: 10-12 ; 28 : 14-20]. Et ils ont pansé la plaie de la fille de mon
peuple [Sion nominale, Babylone] légèrement, disant : Paix, Paix ! et il
n'y avait point de paix [quand son système tout entier est malade et a
besoin d'être nettoyé à fond avec le remède de la Parole de Dieu, la vérité].
Avaient-ils honte, parce qu'ils avaient commis l'abomination ? Ils n'ont
eu même aucune honte, et ils ne savent pas ce que c'est que d'être
confus ; c'est pourquoi ils [ceux qui enseignent] tomberont avec ceux qui
tombent ; au temps de leur visitation [ou inspection, au temps de la «
moisson »], ils trébucheront, dit l'Éternel Je les ôterai entièrement,
dit l'Éternel Il n'y aura plus de raisins à la vigne, ni de figues au
figuier et Ies feuilles se flétriront ; ce que je leur avais donné [
tous les privilèges et faveurs] leur échappera « — Jér. 8 :
7 -12, D. et 13 -S.
Le
verset suivant montre que beaucoup de ceux qui ont été rejetés se
rendront compte des bouleversements qui
s'approchent, cependant ils resteront aveuglés quant à leur cause réelle.
Ils diront : Assemblons-nous et
entrons dans les villes fortes [gouvernements], et là, nous garderons le
silence. Ils comprendront quelque peu que ni la raison ni l'Écriture ne
soutiennent leurs fausses doctrines, et que la méthode la plus sage est
de garder le silence, à l'ombre des vieilles superstitions et sous la
protection des prétendus gouvernements chrétiens. Ils sont représentés
ici comme disant très opportunément « L'Éternel nous a réduits au
silence et nous a fait boire de l'eau de fiel ».
Le seul rafraîchissement qu'ils puissent avoir est la coupe dans
laquelle ils ont fait le mélange (du poison de l'erreur amère, la «
doctrine des démons », avec
l'eau pure de la vie, la vérité de la Parole de Dieu). Ceux qui
appartiennent à Babylone, qui l'aiment et ne désirent pas obéir au
commandement : « Sortez du milieu d'elle »,
ne seront-ils pas obligés de boire la coupe qu'ils ont eux-mêmes
préparée ? Ne seront-ils pas obligés d'admettre la fausseté de leurs
doctrines ? Assurément, et ils en seront eux-mêmes profondément écœurés.
Le verset suivant parle de la ruine de leurs espérances qui étaient que
leurs doctrines amères (eau empoisonnée) auraient converti le monde et
amené le millénium. Ils disent : « On attend la paix, et il n'y a rien
de bon, — le temps de la guérison et voici l'épouvante ! »
— La maladie de la Sion nominale empirera rapidement dès le temps de sa
visitation et de son rejet, lorsque les « véritables Israélites »,
obéissant à l'appel divin, commenceront à sortir des systèmes nominaux.
Certains
se demandent pourquoi le Seigneur n'inaugure pas une réforme d'une plus
grande envergure que toutes celles du passé qui eurent des résultats
assez maigres et de peu de durée. Ils demandent : Pourquoi Dieu n'accorde
-t- il pas une bénédiction
à toutes les grandes sectes et ne les fusionne-t-il
pas en une seule, ou encore pourquoi ne purifie-t-il
pas l'une d'entre elles de toutes ses scories et n'attire-t-il
pas toutes les autres dans celle-là. Mais demandons-nous :
Pourquoi ne pas amalgamer tous les royaumes de la terre en un seul et le
purifier ?
Quant
à tous les enfants de Dieu, il doit leur suffire de savoir qu'un tel
programme n'est pas celui que Dieu a révélé comme étant Son Plan. Un
peu plus de réflexion nous montre combien une telle suggestion serait peu
sensée, peu conforme à la Parole de Dieu. Considérez le nombre des adhérents
de l'Église soi-disant chrétienne (400 millions) et demandez-vous :
Combien y a-t-il parmi eux de véritables consacrés, corps et âme au
Seigneur et au service de son Plan ? A votre constatation personnelle
vous arriverez à la conclusion qu'en séparant le froment d'avec l'ivraie
en enlevant celle-ci, il ne resterait dans la plupart des cas que bien peu
de fidèles, même dans les plus vastes cathédrales ou temples.
Dieu
ne veut pas purifier Ies systèmes nominaux parce qu'aucune purification
ne pourrait amener la masse des non-consacrés de la Chrétienté ainsi
que leurs organisations civiles et ecclésiastiques à être utilisés
dans l’œuvre du Seigneur qui va bientôt commencer sur la terre.
Pendant les dix-huit siècles écoulés, Dieu a choisi les véritables
consacrés, ceux qui étaient jugés dignes, et, tout ce qui reste à
faire maintenant est de
choisir, parmi les vivants, ceux de la même classe — et ils sont peu
nombreux — car seuls quelques-uns manquent pour compléter le nombre préordonné
des membres du corps de Christ.
Dieu
met donc de côté toutes les organisations humaines, et ne réforme même
pas les moins mauvaises pour y faire entrer les membres des autres systèmes.
La raison de ce mode d'action est indiquée par la ligne de conduite
observée par le Seigneur à l'égard des diverses sectes juives pendant
la moisson qui termina leur dispensation
; alors, comme aujourd'hui, toutes furent rejetées, et Ies « véritables
Israélites » furent appelés
à en sortir pour aller à la liberté et pour être instruits sur la
volonté et le Plan de Dieu par divers vases choisis par Dieu lui-même.
Illustrant ce sujet aux Juifs par deux paraboles, Jésus expliqua la
sagesse de sa manière de faire : (1) qu'un morceau d'étoffe neuf pour réparer
un très vieux vêtement ferait seulement ressortir davantage l'usure de
ce dernier et amènerait une déchirure plus grande ; (2) qu'en versant du
bon vin nouveau dans de vieilles outres qui n'ont plus ni force ni élasticité,
il en résulterait un dommage plutôt qu'un avantage, car non seulement
les vieilles outres ne tarderaient pas à se rompre, à être détruites,
mais il résulterait la perte du précieux vin nouveau.
Les nouvelles doctrines de notre Seigneur étaient le vin nouveau, tandis
que les sectes juives étaient les vieilles outres. Que serait-il arrivé
si notre Seigneur s'était associé à l'une de ces sectes et avait
commencé à la réformer ? Il est certain que les nouvelles vérités, si
elles avaient été acceptées, auraient démoli compIètement cette secte.
La force de son organisation reposant
en grande partie sur l'orgueil sectaire, cimenté par des erreurs,
des superstitions et des traditions humaines, se serait effondrée et les
nouvelles doctrines auraient été délaissées, considérablement entravées
par les vieilles erreurs et traditions de cette secte, et tenues par le
monde en général pour responsables des faits connus du passé de cette
secte.
Pour
les mêmes raisons, dans la moisson actuelle, en présentant la lumière
plus grande de la vérité, à l'aube de l’Age millénaire, le Seigneur
ne veut pas rapiécer aucun des vieux systèmes, ni mettre du vin nouveau
dans de vieilles outres. En premier lieu, aucun de ces systèmes n'est en
mesure d'être rapiécé ou de recevoir de nouvelles doctrines ; en second
lieu, si ces systèmes avaient reçu les nouvelles vérités, ces dernières
auraient commencé leur œuvre et auraient développé une force qui
aurait disloqué et brisé toutes les sectes, si parfaitement organisées
et enchaînées qu'elles fussent. Si l'on mettait à l'essai toutes
les sectes, les unes après les autres, le résultat serait le même
et en définitive le vin nouveau (doctrines) ne trouverait plus un récipient
ou secte qui pût le contenir et le conserver.
La
meilleure ligne de conduite qui convînt fut celle que suivit notre
Seigneur à sa première venue. Il fit un vêtement entièrement neuf avec
de la nouvelle étoffe et Il mit le vin nouveau dans de nouvelles outres,
c'est-à-dire qu'Il appela à Lui les véritables Israélites (non
sectaires) et Il leur confia la vérité du temps marqué. Ainsi en est-il
: ceux qui ont faim de vérité sont aussi appelés par Lui à sortir
d'Israël spirituel nominal et ils sont heureux d'accepter la vérité
selon les voies du Seigneur, heureux de collaborer de tout cœur avec Lui
dans l'exécution de son Plan, sans s'inquiéter de savoir lesquelles, ou
combien, des anciennes outres (sectes) sont laissées de côté et rejetées
comme étant indignes de contenir le vin nouveau. Réjouissez-vous, plutôt,
d'avoir été jugés dignes de recevoir le témoignage de ce vin nouveau
de la vérité présente, et dès qu'il est reconnu authentique, acceptez-le
et agissez joyeusement d'après lui.
A
la première venue, ceux qui attendirent de connaître l'opinion des
principaux des sectes d'alors et qui demandèrent : « Aucun d'entre les
chefs ou d'entre les pharisiens a-t-il cru en lui ? »,
ne reçurent pas la vérité parce qu'ils suivaient les hommes plutôt
que Dieu. Les membres les plus considérés des sectes d'alors n'acceptèrent
pas les enseignements de Christ, et aujourd'hui comme alors et depuis,
ceux de cette même classe sont les pires aveugles des conducteurs
d'aveugles. Au lieu d'accepter la vérité et d'en être bénis, ils «
tombent » au moment de leur épreuve. Le vieil habit et les vieilles
outres sont tellement hors d'état qu'ils sont complètement impropres à
tout usage futur.
Puisque
c'est le Seigneur qui appelle son peuple à sortir de Babylone, nous ne
pouvons douter que tous ceux qui en sont vraiment entendront son appel,
quels que soient les moyens employés pour le faire retentir. Cet appel
est pour eux une première épreuve non seulement
de leur obéissance, mais également de leur amour pour Babylone et
ses erreurs. S'ils approuvent ses doctrines, ses méthodes, etc., au point
de regretter de la quitter, ils montreront qu'ils sont indignes de la vérité
présente et ils mériteront d'avoir part à ses fléaux futurs. Mais les
termes de l'appel indiquent que les membres du vrai peuple de Dieu dans
Babylone ne doivent pas être considérés comme impliqués dans les péchés
d'esprit du monde de cette dernière, ainsi qu'à son ignorance de la vérité
jusqu'au moment où ils apprendront que Babylone est tombée, a été
rejetée. Dès ce moment, s'ils restent en elle, ils sont considérés
comme lui appartenant, dans le sens qu'ils approuvent ses méfaits et ses
fausses doctrines du passé et du présent. Ils seront considérés comme
participant à ses péchés et mériteront, de ce fait, d'avoir part à
son châtiment, aux fléaux qui viennent sur elle. — Voir Apoc. 18 : 4.
Combien
est forte l'expression : « Elle est devenue la demeure de démons, et le
repaire de tout esprit immonde, et le repaire de tout oiseau immonde et exécrable
». Comme cela est vrai que
les plus exécrables de la société recherche et arborent les dehors de
la profession et du cérémonial chrétiens dans certaines des différentes
divisions ou sectes de Babylone. Chaque principe et chaque doctrine impurs
sont plus ou moins représentés en elle. Elle est une « cage »
qui retient bien enfermés non seulement les douces et affectueuses
colombes du Seigneur, mais aussi un grand nombre d'oiseaux impurs et
odieux. Parmi tous ces transgresseurs et séducteurs d'hommes et de femmes
combien sont de prétendus membres de l'Église de Christ ! Combien
d'entre eux se servent même du titre de chrétien comme d'un manteau sous
lequel ils poursuivent de mauvaises intrigues ! Il est bien connu que la
majorité même des criminels les plus endurcis que l'on exécute meurent
dans la communion catholique romaine.
Babylone
a renfermé, à la fois, le meilleur et le pire, la fleur et la lie de la
population du monde civilisé. La fleur est le petit nombre des vraiment
consacrés tristement mélangé à la grande masse des prétendus chrétiens
et de la lie des souillés, des criminels. Mais pendant la moisson
actuelle, dans des conditions favorables, la classe, la fleur, sera séparée
du reste, afin d'être préparée pour sa glorification.
Pour
se rendre compte de la proportion des oiseaux impurs et odieux qui sont
dans et hors de Babylone, examinons le rapport officiel qui suit sur l'état
de la société dans une partie du champ de blé où l'orthodoxie »
s'est vantée, pendant des siècles, de posséder un froment d'une
qualité et d'une pureté supérieures et peu d'ivraie, et où « l'Église »
— ainsi appelée — a été associée au gouvernement pour élaborer
les lois et gouverner le peuple :
|
ÉTAT
DE LA SOCIÉTÉ EN ANGLETERRE
ET AU PAYS DE GALLES
Rapport présenté au Parlement en 1873
| CONFESSIONS
RELIGIEUSES
|
POPULATION
|
CRIMINELS EN PRISON
|
| Catholiques
romains
|
1.500.000
|
37.300
|
| Anglicans
|
6.933.935
|
96.600
|
Dissidents
(Protestants
autres
que les Épiscopaux
|
7.234.158
|
10.800
|
| Incrédules
|
7.000.000
|
350
|
| Juifs
|
57.000
|
0
|
| TOTAUX
|
22.725.093
|
145.050
|
| |
NOMBRE
DE CRIMINELS PAR
100.000 ÂMES |
PROPORTION
DES CRIMINELS
|
| Catholiques
romains
|
2.500
|
1 sur 40
|
| Anglicans
|
1.400
|
1 sur 72
|
| Dissidents
|
150
|
1 sur 666
|
| Incrédules
|
5
|
1 sur 20.000
|
| Juifs
|
0
|
|
|
La Parole indique la cause d'un pareil état de choses en déclarant :
« Babylone a abreuvé tous les peuples du vin [esprit, influence] de sa
prostitution » — de son
association avec le monde ( Apoc. 18 : 3 ). De faux enseignements sur le
caractère et la mission de l'Église et la prétention que le temps de
son élévation et de son règne en puissance était venu (spécialement
après ses prodigieux succès temporels et mondains au temps de Constantin quand elle prétendit
être le Royaume de Dieu établi pour régner en puissance et en gloire),
amenèrent dans Babylone beaucoup de personnes qui n’y seraient jamais
entrées si elle avait continué à suivre le chemin étroit du sacrifice.
L'orgueil et l'ambition amenèrent l'Église primitive à s'emparer de la
puissance mondaine. Pour arriver au pouvoir il était nécessaire d'avoir
le nombre et les influences du monde. Pour obtenir le nombre, lequel
n'aurait pas été attiré dans les conditions présentés par la vérité,
de fausses doctrines furent fabriquées qui, finalement, prirent
l'ascendance sur toutes les autres, et même les vérités retenues furent
défigurées et tordues. Le nombre augmenta, il atteignit même des
centaines de millions, et la véritable Église, le froment qui n'était
toujours qu'un « petit troupeau », fut cachée au milieu de ces millions
d'individus formant l'ivraie. Dans un tel milieu, comme, des brebis parmi
les loups dévorants, le véritable Royaume de Dieu en formation souffrit
la violence ; les violents le prirent de force. A l'image de leur Sauveur
dont ils suivaient les traces, les vrais disciples furent méprisés,
rejetés des hommes, hommes de douleur habitués à la souffrance.
Mais
aujourd'hui, aux premiers rayons du Matin millénaire, les erreurs
doctrinales de la sombre nuit du passé sont dévoilées, les véritables
joyaux de la vérité sont mis en lumière, c'est pourquoi une séparation
complète doit intervenir entre le froment et l'ivraie. Et comme de
fausses doctrines produisirent le développement anormal et impropre,
ainsi le développement de la vérité dans la lumière de la moisson
produira la séparation. Toute l'ivraie et quelques-uns du froment sont
cependant dans l'appréhension. Il leur semble que l’écroulement de
Babylone va amener le renversement de
l’œuvre de Dieu, la faillite de sa cause. Il n'en est rien ;
jamais l'ivraie ne fut du froment, et Dieu ne veut pas l'accepter comme
tel. Il permit simplement au froment et à l'ivraie de croître ensemble
jusqu'à la moisson. C'est de la « cage »
des oiseaux impurs de Babylone
que les enfants de Dieu sont appelés à sortir, afin de jouir à
la fois de la liberté et d'avoir part à la lumière et à l’œuvre de
la moisson, et de montrer qu'ils sont complètement affranchis des erreurs
de doctrine et de pratique et d’échapper ainsi à Babylone, à ses châtiments
— aux fléaux qui vont s'abattre sur tous ceux qui demeurent en elle.
Ces
fléaux, ou troubles, préfigurés par ceux qui s'abattirent sur la maison
juive rejetée, sont dépeints dans le livre de l'Apocalypse par des
symboles tellement sombres que beaucoup de chercheurs se sont fait des idées
très exagérées et désordonnées à ce sujet et, par suite, ne sont pas
préparés pour les réalités tout à fait imminentes actuellement. Ils
interprètent souvent à la lettre les symboles et, de ce fait, ne sont
pas à même de les voir s'accomplir comme ils le seront, par des
mouvements, controverses, soulèvements, réactions, révolutions, etc.,
religieux, sociaux et politiques.
Mais
un autre détail se présenté ici. Entre le rejet et la déchéance de
Babylone, en 1878, jusqu'au moment où les fléaux ou troubles descendront
sur ce système, il y a un bref intervalle pendant lequel les fidèles
enfants de Dieu sont tous informés à ce sujet et rassemblés hors de
Babylone. Ceci est clairement indiqué dans le même verset, car, avec le
message « Babylone est tombée », est lié l'appel : « Sortez du milieu
d'elle, mon peuple, afin que... vous n'ayez point de part à ses fléaux
[qui viennent] ». Il est
aussi parlé en symbole dans Apoc. 7 : 3 de ce même laps de temps et de
cette même oeuvre qui doit
s'accomplir pendant sa durée. Le messager de la colère reçoit l'ordre
suivant : « Ne nuisez point à la terre, ni à la mer, ni aux arbres,
jusqu'à ce que nous ayons SCELLE au front les esclaves de notre Dieu ». La marque du sceau sur le front indique que cette empreinte
ou ce sceau est une compréhension mentale de la vérité qui séparera et
distinguera les serviteurs de
Dieu d'avec les serviteurs et les adorateurs de Babylone. Ceci est
d'accord avec le témoignage de Daniel disant : « Aucun des méchants [infidèles
à leur alliance] ne comprendra, mais les sages [de ton peuple]
comprendront » ( Dan. 12 : 10 ). Ainsi, les classes d'individus doivent
être marquées et séparées avant que les fléaux s'abattent sur
Babylone, rejetée, déchue.
Cette
connaissance est à la fois un instrument de scellement et de séparation
comme cela est clairement impliqué
dans le verset précédemment considéré, car
il y est dit tout d'abord : « Babylone est tombée »,
et certains fléaux ou châtiments viennent sur elle avant qu'il soit attendu des enfants de Dieu qu'ils obéissent au
commandement : « Sortez du milieu d'elle », basé sur cette connaissance. Nous savons en effet que tous
doivent être bien « marqués au front »
— avoir été informés
intelligemment du Plan de Dieu — avant d'apprécier exactement ce
commandement et d'y obéir.
N'est-il
pas apparent que cette oeuvre même consistant à sceller les serviteurs
de Dieu progresse rapidement ? N'avons-nous
pas la marque du sceau sur nos fronts et cela également au propre
temps ? Ne sommes-nous pas
conduits pas à pas, par la propre main de Dieu — par sa Parole — à
une appréciation de la vérité et des choses en général, selon sa manière
de voir, changeant nos anciennes opinions et idées de provenances
diverses sur maints sujets ? N'est-il pas vrai que ce scellement ne
provient pas des enseignements des sectes ou confessions de Babylone qui
nous ont entravés, et ont retardé son plus rapide accomplissement ? N'en
voyons-nous pas la convenance et celle de la déclaration du Seigneur
qu'une séparation du froment et de l'ivraie, doit s'accomplir pendant la
moisson ? Ne voyons-nous pas que son plan est de révéler toutes ces
choses à ses fidèles, et alors de s'attendre à les voir démontrer leur
ardente sympathie pour ce plan en y obéissant promptement ? Qu'importe si,
pour obéir et sortir nous devons perdre la considération des hommes, un
salaire important, des appuis financiers dans nos affaires, notre paix
domestique et d'autres choses encore ? Que craindrions-nous donc ? Celui
qui nous dit : « Viens ! »
est le même qui dit à Pierre « Viens ! »
quand il marchait sur la mer. En obéissant à cet ordre, Pierre
aurait sombré si le bras du Seigneur ne l'avait retenu ; or, c'est ce même
bras qui maintenant soutient tous ceux qui, à son ordre, sortent de
Babylone. Ne regardons pas à la mer agitée des difficultés mais
regardons directement au Seigneur et ayons bon courage.
Le
commandement est, viens, et non pas, va parce qu'en sortant de notre
esclavage aux traditions, aux credo, aux systèmes et aux erreurs des
hommes, nous venons directement à notre Seigneur pour être enseignés et
nourris par Lui, pour être fortifiés et façonnés afin de faire toute
sa volonté, et pour rester debout et pour ne pas tomber avec Babylone.
La
Parole de Dieu montre que l'Église nominale, après être tombée et déchue
de la faveur et de son rôle de porte-parole ( Apoc. 3 : 16 ), tombera
graduellement dans une condition d'incrédulité ; en fait, la Bible
finira par être mise entièrement de côté bien que nominalement on la
conservera toujours ; et les spéculations
philosophiques de toute nature deviendront les véritables articles
de foi. Seuls les fidèles marqués du sceau échapperont à une telle
chute, car ils seront « estimés dignes d'échapper à toutes ces choses
qui doivent arriver, et de tenir » —
de ne pas tomber au temps de la présence du Seigneur ( Luc 21 : 36 ). Il
est certain que beaucoup de personnes sont déjà dans une triste
situation spirituelle ; elles ont conservé quelque forme d'un culte
superficiel, une certaine foi en un Créateur et en une vie future, mais
elles considèrent toutes ces choses principalement au travers de
philosophies et de théories humaines personnelles ou autres et ne voient
pas que. la Bible est l'instructeur infaillible des desseins de Dieu. Tout
en conservant la Bible, elles ne croient plus à ses récits, et spécialement
à celui d'Éden et de la chute. Ces gens s'attachent encore au nom de Jésus,
elles l'appellent le Christ et le Sauveur, mais elles le considèrent
simplement comme un homme exemplaire, excellent mais non infaillible, et
rejettent totalement son sacrifice pour notre rançon — sa croix.
Soutenant que la paternité de Dieu s'étend aux pécheurs, elles
repoussent à la fois la malédiction et le Rédempteur.
On
a, d'une manière générale, omis d'observer qu'au premier avènement, le
ministère de Jésus, durant trois ans et demi, jusqu'au rejet de la
nation judaïque (leur Église et leur nation étant une) fut une épreuve
ou un test de cet État ou système dans son ensemble plutôt que de ses
membres individuels. La classe ecclésiastique des sacrificateurs,
pharisiens et scribes, représentait l'ensemble de ce système. Eux-mêmes
prétendaient ainsi représenter le judaïsme ( Jean 7 : 48, 49 ), et le
peuple admettait la chose ; aussi comprenons-nous
toute la force de la question suivante : « Y a-t-il quelqu'un des
chefs ou des pharisiens qui ait cru en lui ? »
Notre Seigneur les reconnaissait ainsi. Il réprimanda rarement le
commun peuple de ne pas l'accepter, mais à maintes reprises, il en rejeta
la responsabilité sur les « conducteurs aveugles »
qui ne voulaient ni entrer dans le Royaume, ni permettre non plus
au peuple, qui, autrement, aurait accepté Jésus comme Messie et comme
Roi, de le faire.
Notre
Seigneur chercha constamment à éviter la publicité ; il ne voulait pas
que ses miracles et ses enseignements soulevassent le peuple, de peur
qu'il ne le prît de force et ne le fît roi ( Jean 6 : 15 ). Toutefois
c'est au clergé juif que Jésus présenta constamment les témoignages ou
preuves de son autorité et de sa qualité de Messie, jusqu'au moment où
leur mise à l'épreuve, comme nation-église
étant terminée, leur maison — ou système — fut rejetée, «
laissée déserte ». A
partir de ce moment-là, sous sa direction et sous les enseignements des
apôtres, tous les efforts se portèrent vers le peuple individuellement,
et le système église rejeté et ses chefs furent, comme tels, totalement
ignorés.
Comme preuve que, durant son ministère et jusqu'à ce que leur système fût
rejeté, les docteurs de la loi et les sacrificateurs le représentaient,
remarquons l'attitude du Seigneur vis-à-vis du lépreux purifié, telle
que la définit Matthieu 8 : 4. Jésus lui dit : « Prends grade de ne le
dire à personne mais va, montre-toi au sacrificateur et offre le don que
Moïse a ordonné, pour qu'il LEUR serve de témoignage. La preuve, ou témoignage,
devait être cachée un certain temps au peuple ; par contre, elle devait
être donnée de suite à leurs « chefs » qui représentaient l'Église
judaïque dans l'épreuve en cours.
Nous
devons noter spécialement le but et les résultats de l'épreuve de l'Église
juive en tant que système, à cause de leur répercussion comme types sur
l'épreuve actuelle de l'Église de l'Évangile, et de leur apparentement
avec tout le plan de Dieu. Conformément aux promesses de Dieu, les Juifs
prétendaient être le peuple prépare pour recevoir le Messie, peuple
qu'il organiserait, auquel il donnerait le pouvoir, le dirigerait et dont
il se servirait comme son « propre peuple » pour bénir toutes les
autres nations de la terre en les amenant toutes à une pleine
connaissance de Dieu et à ses possibilités de rentrer en harmonie avec
ses justes lois. Dieu savait d'avance qu'Israël selon la chair ne serait
pas digne de la haute position offerte dans cette grande oeuvre. Néanmoins,
Dieu leur accorda toutes les occasions et tous les avantages comme s'Il
avait ignoré les résultats. Dans l'intervalle, Il révéla sa prescience
dans des exposés prophétiques qu'ils ne pouvaient pas comprendre, de
peur que nous supposions qu'il avait échoué dans ses transactions avec
le peuple juif.
Aussi
longtemps qu'Israël, comme nation-église, prétendit être prêt et désireux
d'accomplir sa part dans le programme divin, il n'était que juste qu'il fût
mis à l'épreuve avant que l'étape subséquente du plan de Dieu prenne
effet. Lorsque la postérité charnelle d'Abraham eût échoué dans son
épreuve perdant le principal honneur qui lui avait été promis et
qu'elle recherchait, alors commença la partie suivante du plan de Dieu,
celle de l'élection ou sélection, pendant l'Age de l'Évangile, de
quelques individus dignes du grand honneur d'être la postérité promise
d'Abraham et cohéritiers avec le Messie dans le Royaume promis, dont l’œuvre
serait de régénérer et de bénir toutes les familles de la terre. —
Gal. 3 : 16, 27-29,14.
Les
« soixante-dix semaines (490 ans) de faveur divine promises au peuple
juif devaient s'accomplir ; c'est pourquoi, ni Gentils, ni même
Samaritains, ne pouvaient être
invités à devenir des disciples, ni à être associés en aucune façon
au Royaume que Christ et les apôtres prêchaient ( Act. 3 : 26 ). «
C'est à vous premièrement qu'il fallait annoncer la Parole de Dieu [ou
invitation d'avoir part au Royaume] »,
déclara Paul aux Juifs ( Act. 13 : 46 ). Le Maître avait déjà
dit lorsqu'Il envoya ses disciples : « Ne vous en allez pas sur le chemin
des nations et n'entrez dans aucune ville de Samaritains ; mais allez plutôt
vers les brebis perdues de la maison d'Israël ! » Et encore : « Je ne
suis envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël ».
— Matth. 10 : 5 ; 15 : 24.
Christ
mourut au milieu de la « soixante-dixième semaine » de sept ans qui
commença avec le début de son ministère et se termina le jour où
Pierre fut envoyé prêcher à Corneille, le premier Gentil converti.
Cette semaine avait été spécialement disposée dans l'arrangement de
Dieu pour l'épreuve d'Israël. Mais au lieu d'éprouver la nation dans
son ensemble (comme nation-église) pendant ces sept ans, l'épreuve fut
« abrégée en justice », autrement dit, non à leur désavantage,
mais à leur avantage. Il est certain, en effet, qu'aux yeux de Dieu et
des hommes, ce furent les pharisiens, les sacrificateurs et les scribes
qui, non seulement rejetèrent Jésus, mais finirent même par le haïr et
cherchèrent à le faire mourir ; c'est pourquoi, quand le temps fut venu
pour Jésus de se présenter publiquement comme Roi, s'avançant vers eux
sur le petit d'une ânesse, il ne fut pas accepté par les représentants
de la nation-église ; alors le Roi désavoua vite ce système, bien que
le commun peuple L'eût accepté avec joie, voulant Le reconnaître comme
Roi ( Marc 12 : 37 ). C'est donc à ce moment-là que le Seigneur abrégea
la première épreuve, devenue inutile, afin que le reste de la «
soixante-dixième semaine » fût consacré spécialement et exclusivement à l'épreuve
du peuple, des individus de ce système rejeté, avant que les ministres
de la nouvelle dispensation puissent
aller porter l'Évangile aux nations. Et il en fut ainsi, car après sa résurrection,
notre Seigneur avait déclaré à ses disciples que leurs efforts ne
seraient plus désormais limités aux Juifs seuls, mais seraient exercés
au bénéfice de « toutes les nations », ajoutant particulièrement
« en commençant par Jérusalem » (
Luc 24 : 47 ). Il savait bien que les conceptions juives de ses
disciples les empêcheraient d'aller vers d'autres que les Juifs, avant
qu'il eût ouvert la voie, au temps marqué, comme Il le fit à la fin de
leur faveur par l'envoi de Pierre vers Corneille. Depuis ce moment-là,
les Juifs et les païens ont eu à titre individuel, le privilège d'avoir
une part égale à la faveur de Dieu, étant devenus,
les uns et les autres, acceptables par Dieu en et par Christ ; car,
dans le présent appel, il n'y a pour Dieu « aucune différence »,
la différence défavorable au Juif étant son propre préjugé
contre l'acceptation, comme un don par Christ, des bénédictions qui lui
avaient été offertes autrefois à la condition d'obéir réellement à
l'esprit et à la lettre de la loi de Dieu, ce qu'aucun humain déchu ne
pouvait faire.
Cette
« soixante-dixième semaine », avec toutes les particularités de l'épreuve
d'Israël selon la chair, servit non seulement à éprouver ce système,
mais aussi et spécialement à nous donner une représentation typique
d'une épreuve analogue de l'Église nominale de l'Age de l'Évangile, ou
Israël selon l'esprit appelé la « chrétienté »
et « Babylone » pendant sept années correspondantes qui
commencèrent la moisson de l'Age de l'Évangile, période allant
d'octobre 1874 à octobre 1881. La « Chrétienté »
ou « Babylone » prétend connaître la faillite de son
prototype, Israël selon la chair. Elle prétend être la véritable
semence spirituelle d'Abraham,
être prête et désireuse de convertir le monde païen, de gouverner
selon la justice, d'enseigner toutes les nations et de les bénir, toutes
choses que le système judaïque prétendait
aussi faire. L'âge actuel est semblable à l'âge typique, également,
dans le fait que les conducteurs d'alors avaient en général, fini par
considérer les promesses de la venue d'un Messie comme des expressions
figurées ; seule la partie la plus commune du peuple attendait un Messie
personnel. Les gens instruits parmi eux ne croyaient pas à un Messie
individuel ; ils espéraient que leur nation-église triompherait des
autres, grâce à ses lois supérieures, et ils croyaient que, de cette
manière, pourrait s'accomplir tout ce que le commun peuple pensait devoir
être accompli par un Messie personnel. (Ce point de vue est encore celui
des Juifs « cultivés » d'aujourd'hui
; les éducateurs juifs, ou rabbins, interprètent les prophéties
messianiques en les appliquant à leur nation-église, et non à un
Sauveur individuel du monde. Ils croient même que les prophéties qui ont
trait aux souffrances de Christ s'appliquent en réalité à leurs propres
souffrances comme peuple). Mettant à exécution leur théorie, les Juifs
envoyèrent des missionnaires dans le monde pour le convertir à la loi de
Moïse ; c'est ainsi qu'ils croyaient arriver à « bénir toutes les
familles de la terre », sans
le secours d'un Messie personnel. Ils étaient allés si loin dans ce
domaine que notre, Seigneur leur en fit la remarque disant : Vous
parcourez la mer et la terre pour faire un
prosélyte ».
Aujourd'hui,
la théorie de la « chrétienté » nominale est analogue à celle des
Juifs. Lorsqu'on attire l'attention des gens du peuple sur le fait que
notre Seigneur a promis de revenir et que les apôtres et les prophètes
ont prédit que le Millénium ou Temps du Rétablissement de
toutes choses ( Act. 3 : 19-21 ), serait le résultat de la Seconde
venue du Seigneur, ils sont tout disposés à accepter la vérité et à
s'en réjouir, exactement comme le fit une classe similaire à la première
venue. Mais, aujourd'hui, comme il y a dix-huit siècles, les conducteurs
spirituels et les dirigeants du peuple ont des idées plus avancées (?).
Ils prétendent que les promesses de félicité millénaire, de paix sur
la terre et de bonne volonté parmi les hommes, peuvent être et seront réalisées
par leurs efforts, leurs missions, etc., sans la venue personnelle du
Seigneur Jésus ; et ainsi annulent-ils les promesses du second avènement
et du Royaume qui vient.
Les principaux prêtres et conducteurs spirituels d'aujourd'hui, le «
clergé » de la « chrétienté
» se trompent eux-mêmes et
trompent le peuple ; ils prétendent et, en apparence, croient que les
efforts de leurs missions sont sur le point de réussir et qu'ainsi, sans
le Seigneur, ils ne tarderont pas à apporter dans le monde toutes les bénédictions
millénaires dépeintes dans les Écritures.
Le
fondement de cette chimère repose en partie sur le fait que
l'augmentation de la connaissance et le « courir » çà et là sur la
terre qui accompagnent le « Jour de Sa préparation »
ont favorisé tout spécialement le commerce des nations civilisées
et accru la prospérité du monde. Babylone s'attribue froidement le mérite
de ces progrès, déclarant qu'ils proviennent de ses influences
christianisantes et vivifiantes. Babylone montre avec fierté la « nation
chrétienne de Grande-Bretagne et elle déclare que sa richesse et sa
prospérité sont dues à ses principes chrétiens. Mais quels sont les
faits ? Tous les progrès accomplis par cette nation ou par n'importe
quelle autre nation, l'ont été dans la mesure où elles se sont efforcées
de rejeter le joug de l'oppression de Babylone. Plus la Grande-Bretagne
s'est débarrassée des chaînes de l'asservissement papal et plus elle a
prospéré ; et dans la mesure où elle continua à soutenir et à être
influencée par elles, les doctrines papales de l'union de l'Egidius et de
l'État, de l'autorité oppressive divinement instituée du roi et du
clergé, et de se soumettre à la tyrannie de l'égoïsme et de la rapacité,
dans cette mesure, elle se dégrada.
La
soif de l'or, l'ambition de la puissance amenèrent par force l'ouverture
à regret des ports des pays païens au commerce des nations soi-disant
chrétiennes. L' Angleterre et l'Allemagne purent ainsi exporter leur rhum
et leur opium et les Américains leur whisky et leur tabac. L'amour de
Dieu et la bénédiction des nations païennes ne tenaient aucune place
dans ces efforts. Voici à cet égard un petit fait d'histoire courante
qui devrait réveiller la conscience des prétendues nations chrétiennes,
si toutefois elles en ont une. L'Émir mahométan de Nupé,
dans l'Afrique occidentale, a envoyé récemment le message qui
suit à l'évêque Crowther, de la mission du Niger :
«
Ce que j'ai à dire est court ; il s'agit du barasa [rhum]. Le rhum, le
rhum, le rhum ! Il a ruiné notre pays, il a beaucoup ruiné nos gens, il
les a rendus fous. Je vous en supplie, Malam Kip n'oubliez pas ce message,
car nous vous en prions, qu'il [Crowther]
demande aux grands prêtres [ le Comité de la Société des
Missions de l'Église anglicane ] de prier la reine d'Angleterre [qui est
le chef de l'Église anglicane] d'interdire l'introduction du barasa dans
ce pays.
«
Pour l'amour de Dieu, pour l'amour du prophète ! Au nom de Dieu et
du prophète qui est son messager, il doit nous aider dans une telle
situation, dans cette question du barasa ! Dites-lui que Dieu le bénisse
dans son oeuvre ! Voilà le message qui sort de
la bouche de Maliké, Emir de
Nupé. »
Commentant
ceci un journal baptiste remarque :
«
Cet humble monarque nègre manifeste dans sa lettre qu'il porte à ses
sujets un intérêt tel que n'en ont jamais porté des monarques et des
gouvernements chrétiens. En effet, aucun chef d'États européen et chrétien,
aucun président des États-Unis, n'ont jamais adressé un appel aussi émouvant
en faveur de leur peuple. Dans tous les discours d'ouverture des
Parlements, dans tous les messages présidentiels, on n'a jamais rien
trouvé de semblable. Nos dirigeants chrétiens devraient en être honteux
! Le lucre, la maudite soif de l'or, voilà la loi des exportateurs, et
ces derniers sont les favoris et les maîtres
des gouvernements. »
Nous
nous demandons alors : Pourquoi ces gouvernements se disent-ils chrétiens
? La gouvernement des États-Unis ne fait d'ailleurs pas exception à
cette règle bien que tant de gens persistent à le dénommer gouvernement
chrétien alors que, avec raison, il ne reconnaisse pas ce titre immérité,
malgré que des sectaires zélés l'engagent à le faire. On exporte
continuellement de Boston d'énormes cargaisons du rhum pour l'Afrique ;
le gouvernement ne s'y oppose nullement, il le permet entièrement ;
n'accorde-t-il pas d'ailleurs à des milliers de personnes des licences
pour fabriquer et vendre à ses propres citoyens eux-mêmes la terrible «
eau de feu » rendue doublement nuisible et séduisante par ce qu'on
appelle la rectification, c'est-à-dire par son mélange légal avec les
poisons les plus violents ? Ces choses et beaucoup d'autres sont approuvées
et autorisées par des hommes d'État
« chrétiens » et par des monarques de nations prétendues
chrétiennes dans le but d'obtenir des revenus, car c'est une des méthodes
les plus aisées pour faire contribuer le peuple aux dépenses nécessaires
du gouvernement. Une telle
manière d'agir est certainement une prostitution du degré le plus bas et
le plus vil. Tout homme qui réfléchit doit comprendre combien le terme
chrétien est déplacé lorsqu'on l'applique même au meilleur des
gouvernements actuels. Le fait d'avoir voulu appliquer le nom de chrétien
aux caractères des « royaumes de ce monde »
dirigés par le « prince de ce monde »,
par Satan, et imprégnés de « l'esprit du monde »,
a rendu perplexes tous les vrais cœurs chrétiens, par l'erreur de
supposer que les gouvernements actuels du monde sont à un titre
quelconque le Royaume de Christ.
Voici
ce que nous lisons dans la Contemporary Review, sous la signature du
chanoine Farrar :
«
La rapacité de la traite des esclaves d'autrefois a été suivie par la
rapacité plus avide et plus ruineuse du vendeur d’alcool. Nos pères
avaient délivré l'Afrique du joug du fouet nous, nous avons soumis les
races nègres un à joug de scorpions. Nous avons ouvert au commerce les
fleuves de l'Afrique uniquement pour y déverser des torrents d'alcool dévastateur
et aucun des fleuves de l'enfer n'est davantage teinté de sang ou maudit.
La conscience de la nation est-elle morte ? »
Non
! répondons-nous. La nation ne fut jamais chrétienne et, par conséquent
n'eut jamais une conscience chrétienne ou un esprit chrétien. Le plus
que l'on peut dire, c'est que la lumière des véritables enfants consacrés
de Dieu a éclairé, affiné le sentiment publie des nations dans
lesquelles ils « brillent comme des flambeaux »
et cela a conduit à une certaine mesure de réforme morale.
D'une
manière analogue, on a vu les mêmes gouvernements chrétiens (?) imposer
à la Chine et au Japon un hideux trafic analogue, malgré les
protestations de ces derniers. En 1840, la Grande-Bretagne entreprit une
guerre appelée « Guerre de l'opium », avec la Chine pour obliger le
gouvernement chinois qui souhaitait protéger son peuple de ce terrible fléau,
à recevoir cet article. Le résultat de la guerre fut favorable au parti
de Satan dans cette affaire. Les navires de guerre britanniques détruisirent
des milliers de vies et de maisons, et obligèrent les hommes d'État
de la Chine païenne à ouvrir leur empire à la mort lente de
l'opium — le poison toxique de la Chine. Le revenu net de cette drogue
pour le gouvernement britannique, déduction faite des gros frais de
recouvrement, totalisait, d'après les rapports officiels publiés en 1872
plus de 37.000.000 de dollars
(185.000.000 de francs d'alors) pour l'année précédente. Ces 37.000.000
de dollars annuels étaient la cause inspiratrice de cette guerre, le
contraire même de l'amour du bien-être présent ou futur des Chinois. La
clause du traité prévoyant la protection des missions chrétiennes n'était
qu'un morceau habilement jeté pour apaiser les consciences des gens amis
De la justice — pour faire paraître un grand crime comme une grâce
obligeamment accordée. Le traité signé à la fin de la guerre ouvrit
librement certains ports au commerce britannique ; des traités semblables
avec d'autres nations suivirent, et certains effets bénéfiques en découlèrent.
L'un de ceux-ci fut l'ouverture de la Chine aux influences de la
civilisation. Mais si quelques véritables chrétiens vinrent enseigner
aux Chinois certains principes de justice, il ne faut pas imputer ce fait
au crédit de la nation britannique qui n'avait qu'un objectif, le
commerce, et qui, par amour de l'or, et non pour le bien des Chinois ou
pour la gloire de Dieu, avait entrepris une guerre injuste et impie contre
un peuple moins habile dans l'art diabolique.
En
même temps que d'autres vices, la « chrétienté » a enseigné aux païens
les pires formes de l'idolâtrie de soi-même, l'idolâtrie de la richesse
et de la puissance pour lesquelles des hommes et des nations se prétendant
chrétiens n'hésitent pas à se dépouiller les uns les autres, à se
nuire, et même à s'entre-tuer. La chrétienté a aussi, dans toutes les
langues, appris aux païens le blasphème et le sacrilège, car chaque équipage
de navire de toutes les nations dites chrétiennes, blasphème le nom de
Christ. Cependant, si telle a été l'influence des prétendues nations
chrétiennes, de leur sein sont sortis de nobles missionnaires de la croix,
certains de vrais serviteurs de Dieu, et aussi d'autres moins nobles, en
petit nombre, il est vrai, serviteurs des hommes pour annoncer Christ aux
païens et leur montrer la véritable civilisation.
Ce
ne sont pas les véritables missionnaires mais plutôt les chefs
optimistes des sociétés missionnaires résidant en Europe qui n'ont
souvent qu'une faible idée de la véritable situation en pays étrangers,
qui ne s'en intéressent souvent que bien peu et dont les opinions sont
basées surtout sur le chiffre des grandes sommes collectées et dépensées
annuellement. Ils pensent que le monde païen est près d'être convertir
et que leurs efforts vont finir par amener les bénédictions millénaires
promises, sans la seconde venue du Seigneur. Les missionnaires qui sont
allés dans le champ même montrent souvent un grand découragement, sauf
ceux qui conservent opiniâtrement une espérance hors de toute proportion
avec les résultats acquis et avec le sobre sens. Ainsi, un de ces
derniers — Le Rév. J. C. R. Ewing,
D.D. qui avait travaillé
neuf ans comme missionnaire aux
Indes, reconnut au cours d'un discours à l'Association chrétienne de
Jeunes Gens de Pittsburg (Pie.) qu'actuellement
la civilisation et le travail missionnaire non seulement abattaient
les religions païennes mais
détruisaient aussi toute foi religieuse, transformant les païens en incrédules.
Mais ce missionnaire espérait fortement que la prochaine étape amènerait
les incrédules au christianisme. Cette espérance est certainement déraisonnable,
comme nous le voyons par la longue expérience acquise ici dans les pays
civilisés. Voici un extrait de son discours tiré de la presse ; (*)
(*)Cet extrait n'a pas été traduit dans les éditions françaises antérieures.
Trad.
«
L'Inde doit plus aux
influences directes et indirectes du christianisme qu'à toute autre
chose. Ce dernier a fait beaucoup pour détrôner la vieille idée de
dieux matériels, et pour édifier à la place l'idée d'un seul Dieu suprême,
telle que l'ont les peuples de l'Occident [Europe et Amérique]. [Cet
exposé serait plus exact en déclarant qu'ils reçoivent l'idée, commune
a l'athéisme, que la Nature est le seul Dieu suprême].
« Parmi les 263.000.000 de gens de ce pays, il y a 10.000.000 de jeunes
gens qui parlent la langue anglaise et sont instruits dans les idées qui
nous sont enseignées en Occident. Ceux de la caste la plus élevée sont
tout à fait experts dans la littérature, la religion et les sciences qui
sont la base de la culture des gens de ce pays. La vieille idée d'un Dieu
vengeur qu'il faut apaiser par de nombreux dons et beaucoup de prières, a
fait place à l'esprit moderne d'incrédulité. Les hommes instruits de
l'Orient ne croient plus dans les dieux de leurs pères. Ils les ont
abandonnés pour toujours, et les ont remplacés par les enseignements du
colonel Robert G.Ingersoll, de Paine, de Voltaire, de Bradlaugh et de tous
autres instructeurs athées et panthéistes. Cet
âge sceptique disparaîtra bientôt, et de même que l'Occident a donné
à l'Inde ses idées, il lui donnera sa religion du Dieu chrétien.
«
Les jeunes gens de l'Inde sont bien instruits, observateurs sagaces,
intelligents, bien informés dans toutes les affaires des autres nations,
et, aussi étrange que cela puisse paraître, bien au courant de notre
Bible. En vérité, ils la connaissent si bien que seul un homme
parfaitement versé dans ses enseignements et avec la théologie chrétienne
peut espérer répondre avec succès à toutes les objections qu'ils lui
opposent. L'idée populaire qu'un missionnaire est assis à l'ombre d'un
arbre et enseigne des sauvages nus, rassemblés autour de lui est passée
de mode. Dans l'Inde le missionnaire rencontre des gens intelligents et
instruits, et il doit être bien compétent pour les influencer. Outre
leur intelligence, ils sont beaux, aimables, courtois, distingués, et
traitent tous les étrangers avec la plus grande considération et le plus
grand respect. »
Les
faits constants que ce monsieur cite n'autorisent certainement pas ses espérances
déraisonnables. Il est certain que l'expérience a prouvé que les
arguments embrouillés des sectes dont les erreurs défigurent et vicient
toute vérité qu'elles possèdent ont rarement converti les sceptiques
honnêtes ou railleurs. Il n'y a
que des aveugles qui ne peuvent voir sûrement que si le milliard de païens
de la terre était converti à la condition des quatre cent millions (*)
d'âmes de la prétendue chrétienté, la question resterait
ouverte comme elle l'était à la fin de l'âge judaïque ( Matth. 23 : 15
), à savoir s'ils ne seraient pas deux fois plus propres à la
destruction qu'ils ne l'étaient dans leurs superstitions païennes
primitives. Aucune personne saine d'esprit ne pourrait sûrement prétendre
que la conversion du monde à la condition de la chrétienté répondrait
à la description faite de la paix et de la bonne volonté prédites par
les prophètes pour le Millénium et brièvement résumées dans la prière
« Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au
ciel ». Luc 11 : 2. (*) De
ces 400 millions, les catholiques romains et grecs en revendiquent 280,
tandis que lus protestants en revendiquent pour eux 120.
Il
ne faut donc pas être surpris que le Seigneur ait désavoué cette masse
de quatre cent millions d'individus, qui prétendent constituer l'Église
de Christ, qui disent être son Royaume ou la « chrétienté »,
laquelle est appelée par le Seigneur du nom plus approprié de
Babylone (mélange, confusion). Il n'est pas étonnant non plus qu'avec
leurs conceptions du Royaume de Christ, sur le mode de son établissement
et sur les effets qu'il aura sur le monde, ce dernier ne soit pas préparé
pour le véritable Royaume, soit mal disposé, peu désireux de recevoir
le nouveau Roi ; c'est pour des raisons analogues que les dirigeants de la
maison type ne furent pas préparés à la première venue. On ne peut non
plus douter que ces empereurs, ces rois et ces princes qui actuellement
emploient leur influence et leur pouvoir pour leur gloire personnelle et
qui équipent et maintiennent des millions d'hommes armés pour se protéger
et se permettre de continuer leurs extravagances impérialistes et
conserver leurs positions seigneuriales préféreraient voir massacrer des
millions d'individus, voir d'autres millions de femmes et d'enfants
devenir respectivement veuves et orphelins plutôt que de renoncer à
leurs avantages et à leurs privilèges actuels. Il n'est donc pas étonnant
que tout ce monde-là ne désire pas, n'attend pas le Royaume, tel qu'il
est promis dans les Écritures ; ils n'y croient pas ; comment peuvent-ils
admettre un Royaume dans lequel les grands, les orgueilleux, les puissants
seront abaissés et les humbles élevés jusqu'au niveau général
convenable assigné aux humains dans ce Royaume ? Il n'y a rien d'étonnant
que ceux qui ont une sympathie quelconque pour l'oppression sous toutes
ses formes, politique, capitaliste, patronale ou socialiste soient lents
à croire à un Royaume de justice, dans lequel toute injustice et tout
abus seront interdits, car ces gens espèrent conserver et obtenir encore
d'injustes avantages et privilèges sur leurs semblables. Pouvons-nous
donc être étonnés si tous ceux-là sont lents à croire au Royaume qui
est proche, à nos portes ?
Est-il
surprenant que les grands, les principaux prêtres et les conducteurs de
la « chrétienté », qui
tous dans leur secte ou quartier respectif cherchent à satisfaire leur
intérêt ( Esaïe 56 : 11 ), ne reconnaissent pas le présent Roi
spirituel et le rejettent comme le firent les instructeurs de la maison
d'Israël selon la chair. Le Seigneur rejeta alors Israël selon la chair,
lui enleva sa faveur, jeta dans un feu de détresse la plupart des «
branches naturelles » de l'olivier, ne conservant comme branches que les
seuls véritables Israélites. Ne voyons-nous pas dans la moisson de
l’age actuel, la même sagesse mettre à l'épreuve « les branches
sauvages » ( Rom. 11 : 21,
22 ), et retrancher de sa faveur et de la graisse de la racine [la
promesse abrahamique] la grande masse de branches nominales dont le caractère,
les aspirations et les dispositions sont étrangers à Dieu, sauvages même,
n'ayant rien de commun avec la
promesse et le Plan de Dieu représentés par la racine ?
Il
n'est pas étrange que, dans la moisson actuelle, se produise la séparation
entre les véritables et les prétendus chrétiens, comme cela eut lieu
dans la moisson judaïque lorsque les vrais Israélites furent séparés
des Israélites de nom seulement. C'est bien cela, et cela seulement que
nous pouvions raisonnablement voir s'accomplir, même s'il n'y avait eu
aucune révélation de Dieu pour nous dans Sa Parole exposant le fait du
rejet de la masse comme Babylone. — Comparer Rom. 11 : 20-22 et Apoc. 3
: 16 ; 18 : 4.
Le
rejet de Babylone ( la « chrétienté »),
en 1878, fut le rejet de la masse des prétendus chrétiens — de
« l'armée », selon l'expression de Daniel, qui les différencie
ainsi d'avec le sanctuaire ou classe du temple. La classe du sanctuaire ne
sera pas abandonnée, ni laissée déserte. Non, grâces soient rendues à
Dieu, le sanctuaire sera glorifié ; la gloire de l'Éternel est de
remplir son temple, lorsque sa dernière pierre vivante aura été polie,
acceptée et mise en place (1 Pi. 2 : 5, 6). Nous avons vu comment une
telle classe du sanctuaire a existé pendant tout l'âge, comment elle fut
souillée, ses vases précieux (doctrines) profanés, et comment elle fut
purifiée graduellement de l'erreur. C'est cette classe qui avait toujours
été la véritable Église même lorsque, dans une certaine mesure, les
systèmes nominaux étaient encore reconnus et utilisés quelque peu. Après
le rejet des systèmes nominaux, cependant, maintenant comme dans la
moisson judaïque, la véritable Église ou classe du sanctuaire est seule
reconnue et utilisée par Dieu pour être son porte-parole. Caïphe, un
souverain sacrificateur d'Israël selon la chair, fut employé par Dieu
pour enseigner aux Juifs une grande leçon qui était aussi une prophétie,
quelques jours seulement avant le rejet de ce système ( voir Jean 11 :
50, 51, 55 ; 18 : 14 ). Par contre les Écritures ne disent nullement
qu'après son rejet, Dieu se servit encore de cette nation-église, de ses
dirigeants et représentants, ni qu'Il les reconnut. Il en est de même à
l'égard de Babylone. Elle a été « vomie de la bouche» du Seigneur, et
ni la voix de l'Époux, ni celle de l'épouse ne seront plus jamais
entendues chez elle. — Apoc. 18 : 23.
C'est
en vain que certaines personnes essaient de plaider la bonne cause de leur
quartier (ou secte) de Babylone, et tout en admettant l'exactitude de la
description de Babylone dans ses grandes lignes, elles prétendent que
leur secte ou leur assemblée particulière fait exception au caractère général
de Babylone ; et que, par suite, il n'est pas possible que l'Éternel
puisse les inviter à en sortir formellement et publiquement, comme elles
y étaient entrées autrefois.
Que
ceux-là considèrent que nous sommes aujourd'hui au temps de la moisson,
ou de la séparation, et se souviennent que notre Seigneur nous dit
expressément de sortir de Babylone « afin que vous ne participiez point
à ses péchés ». Considérez,
encore, pourquoi Babylone est ainsi nommée : évidemment, à cause de ses
nombreuses erreurs de doctrine lesquelles, mélangées à quelques éléments
de vérité divine ont amené une grande confusion, et à cause du mélange
des adeptes attirés par ce mélange de vérités et d'erreurs. Du fait
qu'ils retiennent les erreurs au prix du sacrifice de la vérité, cette
dernière est rendue vaine et sans signification. Ce péché, consistant
à garder et à enseigner l'erreur en sacrifiant la vérité, est commun
à toutes les sectes de l'Église nominale ; elles en sont toutes
coupables sans exception. Où est la secte qui vous aidera à sonder
diligemment les Écritures pour croître par elles en grâce et en
connaissance de la vérité ? Où est la secte qui ne gênera pas votre
croissance, et par ses doctrines et par ses pratiques ? Où est la secte
dans laquelle vous pouvez obéir aux paroles du Maître et laisser briller
votre lumière ? Nous n'en connaissons point.
Si
certains enfants de Dieu qui sont dans ces systèmes religieux ne s'aperçoivent
pas des liens qui les emprisonnent, c'est parce qu'ils n'essaient pas de
faire usage de leur liberté, parce qu'ils sont endormis à leur poste du
devoir, au lieu d'être des intendants actifs et des sentinelles fidèles
(1 Thess. 5 : 5, 6). Qu'ils s' éveillent et essayent de se servir de la
liberté qu'ils croient posséder ; qu'ils montrent aux autres membres de
leur secte les points de leurs doctrines contraires au divin plan ; qu'ils
leur montrent comment Jésus-Christ, par la grâce de Dieu, goûta la mort
pour tous, comment ce fait et les bénédictions qui en découlent seront
donnés en témoignage à tout homme « au temps marqué »,
comment, aux « temps de rafraîchissement »,
les bénédictions du rétablissement seront déversées sur toute
la race humaine ; qu'ils montrent également le haut-appel de l'Église de
l'Évangile, les conditions rigides imposées pour faire partie de ce
corps, qu'ils montrent la mission spéciale de l'Age de l'Évangile qui
devait permettre à Dieu de se choisir un peuple particulier « qui portât
son nom » afin qu'au temps
marqué il soit glorifié et règne avec Christ. Ceux qui essaieront ainsi
de se servir de leur liberté pour prêcher cette bonne nouvelle de l'Évangile
dans les synagogues de notre époque, ou bien convertiront des assemblées
entières, ou bien soulèveront une tempête d'opposition. Ils vous
chasseront sûrement de leurs synagogues, vous élimineront de leur société
et diront faussement de vous toute sorte de mal à cause de Christ. Ce
faisant, beaucoup d'entre eux croiront rendre service à Dieu. Mais si
vous êtes fidèles, vous serez réconfortés au-delà de toute expression
par les précieuses promesses d'Ésaïe 66 : 5 et Luc 6 : 22 : « Écoutez
la Parole de l'Éternel, vous qui tremblez à sa Parole : vos frères qui.
vous haïssaient, qui vous rejetaient à cause de mon nom, disaient : Que
l'Éternel soit glorifié
[par nos actes en son honneur] ! Mais il apparaîtra à votre joie et eux
seront confus ». « Heureux
serez-vous quand les hommes vous haïront et quand ils vous chasseront et
qu'ils vous insulteront, rejetteront votre nom comme mauvais, à cause du
Fils de l'homme ! Réjouissez-vous
en ce jour-là et tressaillez de joie, car voici votre récompense est
grande dans le ciel ; car leurs pères ont fait de même aux prophètes ».
Mais, « malheur à vous, lorsque tous les hommes diront du bien de
vous, car leurs pères en ont fait de même aux faux prophètes ! »
Si
ceux qui se réunissent avec vous pour le culte sont des saints, si tous
sont du froment, s'il n'y a point d'ivraie parmi eux, vous avez là une
assemblée remarquable, qui acceptera avec joie les vérités de la
moisson. Si tel n'est pas le cas, vous devez vous attendre à ce que la vérité
présente sépare l'ivraie d'avec le froment, et de plus, vous avez le
devoir de présenter ces vérités mêmes qui accompliront la séparation.
Si
vous voulez devenir un des saints qui vaincront, vous devez être
maintenant un des « moissonneurs » qui lancent la faucille de la vérité.
Si vous êtes fidèles au Seigneur, si vous êtes dignes de posséder la vérité,
dignes d'avoir part à l'héritage avec lui dans la gloire, vous serez
heureux de travailler avec le Chef moissonneur dans la moisson présente
— même si, par nature, vous êtes enclins à vous laisser vivre à
votre aise dans le monde.
Si,
dans l'assemblée dont vous faites partie, il y a de l'ivraie, comme c'est
toujours le cas, la situation dépendra de la majorité. Si le froment est
plus nombreux, la vérité présentée
avec amour et sagesse plaira à tous ceux qui en font partie et l'ivraie
finira assez rapidement par s'en aller. Mais si la majorité de l'assemblée
est formée par l'ivraie — comme le sont généralement les neuf dixièmes
ou même davantage la présentation la plus soignée et la plus
bienveillante de la vérité de la moisson soulèvera néanmoins de
l'amertume et une forte opposition. Si vous persistez à annoncer la bonne
nouvelle à dévoiler les erreurs depuis longtemps établies, vous serez
bientôt « rejetés », mis
à la porte pour le bien de la cause sectaire, ou bien vos libertés
seront si entravées, que vous ne pourrez pas faire luire votre lumière
dans cette assemblée. Dans ce cas, votre devoir est clair et net : Donnez
pleinement votre témoignage d'amour, montrant la bonté et la sagesse du
Seigneur manifestées dans son grand plan des âges, puis retirez-vous
d'eux publiquement en exposant vos motifs avec sobre bon-sens et avec
humilité.
Les
diverses sectes de Babylone (de la chrétienté) sont asservies à des
degrés divers. Certains de ceux qui repousseraient avec indignation
l'esclavage absolu de la conscience et de la raison individuelles dans l'Église
romaine sont tout à fait disposés à se laisser enchaîner par les
confessions de foi et les dogmes de l'une ou l'autre des sectes
protestantes et désireuses d'amener d'autres personnes dans ces mêmes
liens. Il est vrai que leurs chaînes sont moins lourdes et moins longues
que celles de Rome et des âges des ténèbres ; c'est déjà un
progrès — une réformation en vérité — un pas de plus vers la
pleine liberté, vers la condition de l'Église du temps des apôtres.
Mais pourquoi porter encore des chaînes ? Pourquoi lier et limiter nos
consciences ? Pourquoi ne pas demeurer fermes dans la pleine liberté par
laquelle Christ nous affranchit ? Pourquoi ne pas rejeter tous les efforts
d'humains faillibles, qui veulent enchaîner notre conscience et empêcher
toute recherche ? — non seulement les efforts d'un passé lointain, des
âges des ténèbres, mais les efforts des divers réformateurs d'un passé
plus récent ? Pourquoi ne pas vouloir en revenir à ce qu'était l'Église
des apôtres ? — libre de croître en connaissance, aussi bien qu'en grâce
et en amour lorsque « le temps marqué »
du Seigneur révèle de plus en plus pleinement son plan gracieux ?
Chacun
sait certainement qu'en s'unissant à une de ces organisations humaines,
en acceptant sa Confession de
Foi il s'engage à croire ce qui est exprimé dans cette confession, rien
de plus, rien de moins. Si malgré l'esclavage ainsi accepté
volontairement, il voulait penser pour soi-même et recevoir la lumière
d'autres sources, et plus développée que la lumière dont jouit la secte
à laquelle il s'est joint, ou bien il doit se prouver malhonnête à l'égard
de celle-ci et envers son alliance avec elle de ne rien croire de
contraire à sa Confession, ou bien il doit en toute honnêteté
abandonner et rejeter la Confession qu'il a dépassée et sortir d'une
telle secte. Pour faire cela, la grâce est nécessaire et les efforts
sont coûteux, entraînant souvent la rupture de relations agréables, et
le chercheur honnête de la vérité se voit sottement accusé d'être un
« traître » à sa secte,
un « renégat », un « mal
affermi », etc. Lorsque
quelqu'un se joint à une secte, son esprit est censé s'abandonner entièrement
à elle et il ne lui appartient plus. La secte se charge de décider pour
lui ce qui est vérité et ce qui est erreur et s'il veut être un membre
fidèle, sincère et zélé, il doit accepter les décisions de sa secte,
dans le futur comme dans le passé, sur toute question religieuse ; il
doit ignorer ses opinions personnelles, éviter de faire des recherches
personnelles, car il ne doit pas croître en connaissance, de peur que sa
secte ne perde un membre de plus. Cet esclavage de la conscience, à une
secte à une confession est souvent admirablement dépeint lorsque
quelqu'un déclare qu'il « appartient »
à telle secte.
Loin
d'être considérés comme des fers et des entraves, ce qu'ils sont en réalité, ces liens sont estimés et portés
comme des marques de respect et des signes de caractère. La tromperie a
été si forte que beaucoup d'enfants de Dieu seraient honteux d’être
connus comme dépourvus de quelques-unes de ces chaînes légères ou
pesantes, longues ou courtes en ce qui concerne la liberté personnelle
accordée. Ils ont honte d'avouer qu'ils ne sont esclaves dans aucune
secte ou confession, mais qu'ils « appartiennent »
à Christ seulement.
C'est
pourquoi nous voyons parfois un enfant de Dieu honnête et chercheur de vérité
qui progresse graduellement, passant d'une secte à l'autre, comme un
enfant passe de classe en classe dans une école. S'il est dans l'Église
romaine, lorsque ses yeux commencent
à s'ouvrir il en sort, pour tomber probablement dans quelque
branche des systèmes méthodiste ou presbytérien. Si sa soif de la vérité
n'est pas complètement apaisée, si ses sens spirituels ne sont pas
engourdis par l'esprit du monde, vous pouvez le trouver quelques années
plus tard dans quelqu'une des branches baptistes ; et s'il continue encore
à croître en grâce et en connaissance, et aime la vérité, s'il
apprend à apprécier la liberté par laquelle Christ nous a affranchis,
il se peut que vous le trouviez bientôt en dehors de toute organisation
humaine, associé simplement au Seigneur et à ses saints, lié seulement
par les liens tendres mais solides de l'amour et de la vérité, comme l'Église
primitive. — 1 Cor. 6 : 15, 17 ; Eph. 4 : 15, 16.
Le
sentiment de malaise et d'insécurité, S'il n'est pas lié par les chaînes
d'une secte quelconque, est général. Il provient, à l'origine, de la
fausse idée romaine, promulguée par la papauté, qu'il est nécessaire,
vital même, d'être membre d'une organisation terrestre si l'on veut
plaire au Seigneur et obtenir la vie éternelle. Ces diverses
organisations terrestres et humaines, si différentes des simples
associations sans entraves, du temps des apôtres, sont considérées
involontairement et presque inconsciemment par les chrétiens comme autant
de compagnies d'assurance pour le ciel ; l'on croît qu'il faut régulièrement
payer, consacrer à l'une de ces compagnies, quelque argent, un peu de
temps et de respect, etc., pour obtenir le repos du ciel et la paix après
la mort. Avec des idées aussi fausses et aussi ancrées dans le cœur, la
plupart des gens qui sortent d'une secte n'ont rien de plus pressé que de
s'enchaîner à une autre secte, comme si, à l'expiration d'une police
d'assurance, il fallait se dépêcher de la renouveler auprès d'une autre
compagnie respectable.
Il
n'appartient cependant à aucune organisation terrestre de garantir un
passeport pour la gloire céleste. Même le sectaire le plus bigot (en
dehors du catholique romain) ne prétend pas que le fait d'appartenir à
sa secte procurera la gloire céleste. Tous sont forcés d'admettre que la
véritable Église est celle dont les membres ont leur nom inscrit dans
les cieux et non sur la terre. Les systèmes religieux trompent le monde
en prétendant qu'il est nécessaire de venir à Christ par eux, qu'il est
nécessaire de devenir membre de quelque corps ou organisation sectaire
pour devenir membre du « corps de Christ »,
la véritable Église. Au contraire, si le Seigneur n'a jamais
refusé d'accepter aucun disciple qui vint à Lui en passant par une secte,
il n'a jamais renvoyé à vide un véritable chercheur de la vérité, et
il nous dit que nous n'avons pas besoin de telles entraves, que nous
aurions pu venir à Lui directement et beaucoup plus aisément. Il dit :
« Venez à moi ». « Prenez
mon joug sur vous, et apprenez de moi » ; « mon joug est doux et mon
fardeau léger, et vous trouverez du repos pour vos âmes ».
Nous aurions dû avoir écouté ses avertissements plus tôt, nous
aurions évité les lourds fardeaux de ces sectes, leurs impasses du désespoir,
leurs châteaux du doute, leurs foires de vanité, leurs lions de l'esprit
du monde, etc.
Beaucoup
de personnes, ayant toujours vécu dans les différentes sectes, sans
s'informer sur ces systèmes, ne sont cependant pas entièrement asservies,
elles sont restées libres de cœur et, inconsciemment, elles ont franchi
les limites et les liens des confessions auxquelles elles déclarent
appartenir et qu'elles appuient de leurs moyens et de leur influence. Un
petit nombre de ces personnes
ont reconnu les avantages de la pleine liberté ou les entraves de
l'asservissement sectaire. La pleine séparation n'avait jamais été
ordonnée aux fidèles avant le temps de la moisson actuelle. Maintenant
on entend retentir les paroles du Seigneur : « Sortez du milieu d'eux,
purifiez-vous (de toute fausse doctrine, de toute oeuvre mauvaise) vous
qui portez les vases (les vérités, doctrines) de l'Éternel. — Es. 52 :
11(*)(*) Devant le fait que certains ne comprennent pas, et que d'autres dénaturent
volontairement la position de ceux qui tiennent pour le Seigneur et pour
la vérité, nous avons préparé des «
Lettres de Démission », qu'il suffit de dater, de signer et
d'envoyer. Nous fournissons lettres, enveloppes et tracts à
joindre, gratuitement une pour chaque membre de l'assemblée.
Demandez-nous en un exemplaire, ou autant qui peuvent être employés.
Déjà
la cognée est mise à la racine du système chrétien nominal —
Babylone, la « chrétienté » — comme
elle le fut pour le système judaïque nominal au premier avènement. Ce
grand système, que les « oiseaux du ciel » habitent et souillent
profondément, est devenu en fait le repaire de tout oiseau impur et
odieux ( Luc 13 : 18, 19 ; Apoc. 18 : 2 ) ; il va être abattu et ne
trompera plus le monde. A sa place, il y aura le véritable olivier, dont
les racines sont les promesses de Dieu, dont les branches sont les vrais
et fidèles consacrés de l'Age de l'Évangile dont les noms sont « écrits
dans les cieux » ; chacun verra qu'ils sont les seuls véritables cohéritiers
et la femme de l'Agneau. Apoc. 17 : 14.
L'ÉPREUVE
ET LE CRIBLAGE
DE LA CLASSE DU SANCTUAIRE
Sortit
de Babylone est un pas et un long, vers la victoire complète, mais ce
n'est en aucun sens le dernier et gardons-nous de nous reposer sur nos
lauriers après chaque pas en avant dans cette voie.
|
« Au gain tu ne dois croire,
Au repos te livrer,
Tant que ton front, de la victoire,
N'ait porté le laurier.
« Toute une foule de témoins
Vigilamment te garde :
Le chemin fait importe moins,
Mais, devant toi, regarde ! »
|
La sortie de Babylone a été généralement
précédée par d'autres étapes d'obéissance, qui avaient à leur tour
exercé et fortifié le caractère en vue des batailles et des victoires
subséquentes. D'autres possibilités, d'autres épreuves suivent encore
pour que nous ayons la possibilité d'en triompher. Paul dit à cet égard
: « Christ nous a placés dans la liberté en nous affranchissant
; tenez-vous donc fermes et ne soyez pas de nouveau retenus sous un
joug de servitude » ( Gal. 5 :
1 ). Toute personne qui comprend ce qu'est la liberté des enfants de Dieu
et l'affranchissement complet des liens de Babylone, doit s'attendre à ce
que le grand adversaire essaie de le mettre dans d'autres chaînes ou de
le faire trébucher. Le Seigneur permet ces dures épreuves afin que la
classe qu'Il choisit maintenant puisse être manifestée et préparée
pour son service dans le Royaume de gloire.
Dans la moisson judaïque, il y a un bel exemple de cette épreuve et de
ce criblage préfigurant ce que nous pouvons attendre au temps actuel. Au
premier avènement, notre Seigneur et ses disciples représentaient le
temple ou le sanctuaire duquel il dit : « Vous n'êtes pas tous purs ».
Lorsque Israël nominal eût été rejeté, en l'an 33, alors une
dure épreuve vint frapper ceux qui représentaient le temple de Dieu,
afin de séparer les purs d'avec les impurs. Pierre fut criblé et fut sur
le point de succomber ( Luc 22 : 31 ; Matth. 26 : 74, 75 ; Jean 21 : 15-17
), mais comme il était « pur », honnête
de cœur, il put finalement triompher. Judas également fut éprouvé,
montra qu'il était impur, disposé à vendre la vérité pour un avantage
terrestre, qu'il était prêt à renier son Maître pour de l'argent,
alors même qu'il l'embrassait pour faire croire qu'il l'aimait.
Il
y a précisément ici dans cette moisson, un sanctuaire purifié auquel
sont étroitement associés quelques éléments impurs. Depuis le rejet de
Babylone en 1878 et l'appel qui fut adressé aux fidèles encore en elle
pour en sortir, une oeuvre d'épreuve et de criblage s'est poursuivie
parmi ceux qui sont sortis d'elle. Sans aucun doute, Pierre et Judas étaient
des types des classes correspondantes dans la moisson actuelle, parmi ceux
qui sont sortis de Babylone et ont été purifiés de beaucoup de ses
souillures doctrinales — une classe de ceux qui restent fidèles au
Seigneur et à la vérité, et une autre classe dont les membres se
prouvent infidèles et ne cherchent plus à connaître le Seigneur, mais
s'engagent dans de mauvaises et fausses doctrines, souvent pires que
celles d'où ils sont sortis autrefois.
Cette
épreuve et ce criblage de ceux qui forment le temple dans la moisson
actuelle, depuis 1878, furent
préfigurés par l’œuvre-type de purification accomplie par notre
Seigneur dans le temple-type d'Israël, après être entré comme Roi à Jérusalem
et après avoir annoncé le jugement contre l'Église
juive nominale. Après avoir déclaré à Israël que sa maison lui
serait laissée déserte, Jésus se rendit au temple, qui était un type
du temple véritable ou sanctuaire, il prit un fouet de cordes, chassa les
changeurs d'argent et renversa les tables de ceux qui vendaient des
colombes.
Le
fouet de cordes employé dans cet acte-type représentait les diverses vérités
qui, dans la moisson actuelle, corrigent, éprouvent ceux qui forment la
classe du temple afin de séparer les éléments impurs. Les vérités,
qui maintenant se manifestent, révèlent avec clarté la parfaite volonté
de Dieu, l'importance d'une pleine consécration à son service ainsi que
les difficultés du chemin qu'il faut parcourir pour suivre les traces du
Maître ; ceux qui se sont associés aux véritables consacrés avec des
mobiles impurs sont continuellement flagellés par la vérité, jusqu'à
ce qu'ils soient forcés de se séparer de la classe du sanctuaire.
Bien
que plusieurs des paraboles de notre Seigneur montrent la séparation générale
de la classe du « sanctuaire » de « l'armée » ou la grande masse de
la prétendue chrétienté, il y en a deux qui vont plus loin et montrent
une nouvelle séparation, l'épreuve et le criblage ultérieurs de ceux
qui forment le sanctuaire, la séparation des vainqueurs qui hériteront
le Royaume ( Apoc. 3 : 21 ), d'avec d'autres des consacrés honnêtes qui,
vaincus par l'esprit du monde, ont négligé de sacrifier les présents
avantages et honneurs des hommes en faveur des honneurs plus élevés de
Dieu.
La
parabole des Dix Vierges montre, il est vrai, la classe consacrée tout
entière ou des vierges, séparée d'avec Babylone, mais elle montre
surtout une épreuve et une séparation qui doivent intervenir aussi dans
cette classe : des vierges sages, remplies de foi, d'un amour ardent et de
l'esprit de prompte obéissance d'avec les vierges folles qui laissent
refroidir leur premier amour, leur esprit de zèle ardent et, par suite,
se réduire leur foi et leur promptitude à obéir. Les sages vivant en
pleine harmonie avec leur alliance d'entière consécration à Dieu, et
veillant avec vigilance en ce qui concerne le retour promis du Seigneur,
sont prêtes à apprécier le joyeux message de la moisson à reconnaître
les indications prophétiques de la présence du Maître, et à supporter
toutes les épreuves que le Seigneur juge bon de leur imposer pour prouver
le degré de leur loyauté et de leur fidélité. Ces vierges sages qui
veillent, entendent le Maître frapper à la porte à travers les paroles
des prophètes annonçant sa présence ; elles acceptent avec joie les
pertes et les croix actuelles et les supportent humblement à cause de la
vérité, les considérant comme des indices précurseurs d'une paix,
d'une joie, de la gloire et de la bénédiction à venir plus durables.
Lorsque
le frappement de la prophétie fut entendu annonçant la présence du
Seigneur en automne 1874, il commença presque immédiatement à être
reconnu et rapidement le cri fut poussé : « Voici l'Époux ! allez à sa
rencontre ». Ce cri retentit
toujours et retentira jusqu'à ce que toute la classe des vierges consacrées
aient entendu et jusqu'à ce que leur foi et leur loyauté aient été éprouvées
par lui. Les sages, avec leur lampe ( la Parole de Dieu ) préparée et
allumée, et de l'huile ( le saint esprit ) dans leur vase ( leur cœur ),
reconnaîtront toutes la présence de notre Seigneur. Disposant leurs affaires et leur conduite en accord avec leur
foi, elles iront à la rencontre de l'Époux bien-aimé et elles prendront
place avec lui au festin des noces.
La coutume du mariage chez les Juifs constituait une belle
illustration des fiançailles et du mariage de l'Église
avec Christ, son Seigneur. Les fiançailles étaient un contrat
formel réciproque avec de solennels serments de fidélité de part et
d'autre. La femme demeurait chez son père jusqu'au moment où elle était
conduite à la demeure de son époux, soit environ une année après les
fiançailles ou mariage. La consommation de l'union consistait dans la réception
de la femme par l'époux dans la demeure préparée pour elle par ce
dernier ; on la célébrait par une grande fête qui durait plusieurs
jours qu'on appelait la Fête Nuptiale. A une heure déterminée, l'époux
allait chercher son épouse, qui l'attendait, prête à le recevoir, à le
suivre dans leur future demeure et à participer à la fête qu'il avait
préparée, suivie de ses compagnes qui étaient d'autres vierges portant
des lampes et tous les apprêts nécessaires.
Dans la parabole, il n'est pas parlé de l'épouse, mais il est dit que l'Époux
vient pour les « vierges sages » et que celles-ci l'accompagnent et
entrent avec Lui dans la salle des réjouissances préparées. Combien
cette figure est appropriée et nécessaire ; en
effet, l’épouse de Christ est composée de nombreux membres ou
personnes fort bien représentées par les vierges sages. Les vierges
folles qui recevront la lumière et l'expérience plus tard, mais ne
pourront obtenir l'élévation glorieuse des « sages »,
la classe de l'épouse fidèle, formeront la classe mentionnée
dans le Ps. 45 : 14,15 (D.), comme les vierges ses compagnes qui la
suivent et qui, au temps marqué, seront favorisées, mais moins hautement
par le Roi.
L'attitude
des vierges sages prêtes, veillant et attendant la venue de l'Époux,
représente à propos la seule attitude convenable de la fiancée du
Seigneur, l'Église vraiment
consacrée. Une épouse qui négligerait ses préparatifs pour l'événement
le plus important de sa vie, montrerait qu'elle n'est pas digne de cet
honneur ; il en est de même pour l'Église : « Quiconque a cette [si
grande] espérance en, lui se purifie
», S'efforce d'être
dans une attitude de cœur et de vie agréable à l'Époux, et attend et désire
ardemment l'union et la fête bénies promises par celui qui a dit: « Je
vais vous préparer une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi
».
Dans
cette parabole, deux choses sont évidentes tout d'abord que cet aspect spécial
de la vérité ( la connaissance de la présence de l'Époux ) n'est pas
destiné au monde en général, ni à l'Église nominale en général,
mais seulement aux vierges ou classe consacrée ; ensuite, il est évident
que ce message de la présence de l'Époux causera la séparation qui éprouvera
chaque membre de la classe des vierges et manifestera les sages, les fidèles
et les dignes d'avec les vierges folles, infidèles.
Oh
! que de trésors de grâce sont renfermés dans ce glorieux message: «
Voici l'Époux !» Jusqu'ici, c'est un grand secret connu seulement des
saints, car le monde ne peut pas le recevoir. C'est une folie pour lui et
il en sera ainsi jusqu'au moment où toutes les vierges auront entendu
l'appel et où les sages parmi elles seront toutes entrées dans la salle
des noces jusqu'à ce que « la porte soit fermée » et que « le feu dévorant
» du grand temps de détresse qui s'ensuivra fasse voir (reconnaître) à
chacun que le Seigneur est présent et son règne commencé.
Avec
quelle grâce royale le message de Jéhovah vient à ses humbles
serviteurs et servantes : « Écoute, fille ! et vois et incline ton
oreille, et oublie ton peuple et la maison [la parenté, les espérances,
les ambitions, les projets humains] de ton père [d'Adam]. Et le Roi [le
Seigneur Jésus] désirera ta beauté ; car il est ton Seigneur, adore-le
» ( Ps. 45 : 10,11-D. ). Quels sont donc ceux qui recevront une telle
faveur ? Ce sont « les appelés, et élus, et fidèles ».
« La fille du Roi [la fille de Jéhovah car tel est le titre possédé
par l'épouse de Christ] est toute gloire à l'intérieur ».
Sa beauté est celle de la sainteté. Extérieurement, aux yeux du
monde, elle n'est pas glorieuse et comme son Seigneur dans son
humiliation, elle est méprisée et rejetée des hommes. Mais il n'en sera
pas toujours ainsi, et comme son Seigneur, l'ayant suivi dans
I'humiliation, elle aura aussi part à sa gloire. Comme nouvelle créature,
elle sera au propre temps revêtue de sa nature divine. « Son vêtement
[quand elle sera glorifiée] est de broderies d'or » — l'or étant le
symbole de la nature divine. « Elle sera amenée au Roi en vêtements de
brocart » — dans la simple robe blanche de la propre collection du
Seigneur, la robe de sa justice, sur laquelle elle aura brodé avec
beaucoup de soin les magnifiques ornements des grâces chrétiennes.
Grande sera la joie dans les cieux et sur la terre lorsque l'entrée dans
le palais du Roi lui sera richement accordée ( 2 Pi. 1 : 5-8, 11 ).
Plusieurs diront : « Réjouissons-nous et tressaillons de joie et donnons
lui gloire ; car les noces de l'Agneau sont venues et sa femme s'est préparée
» ( Apoc. 19 : 7 ). « Et, avec une offrande, la fille de Tyr [les
puissants de la terre], les plus riches du peuple rechercheront ta
faveur... Je rappellerai ton nom dans toutes les générations : c'est
pourquoi les peuples te célébreront à toujours et à perpétuité. —
Ps. 45 : 12-17 - D.).
Combien
se prouveront véritablement « sages» les consacrés qui, laissant de côté
les attraits du monde, les espérances et les valeurs terrestres,
attendant le Bien-aimé et le désirant de tout leur cœur, seront prêts
et jugés dignes de la grandiose élévation promise comme l'Épouse, la
femme de l'Agneau.
«
Oh ! puissions-nous, Épouse de l’Agneau
Avoir
une part de tes charmes. »
Puisque
prendre leur lampe et suivre l'Époux, signifie pour eux tout abandonner
pour suivre Christ au temps actuel de sa présence, cela équivaut à
quitter Babylone où, jusqu'alors, les vierges étaient principalement
demeurées ; car la vérité manifestée à la lumière de la moisson
indique clairement cette séparation du froment d'avec l'ivraie. Une préparation
soigneuse de la lampe révèle ce fait aux vierges sages qui possèdent le
saint esprit de consécration et d'obéissance. Celles qui possèdent
cette « huile »
auront aussi la lumière et, appréciant leur privilège, suivront
joyeusement et promptement «
l'Agneau partout où il va ».
Les
vierges folles, au contraire, manquant d'huile, n'obtiennent pas une
claire lumière au sujet de la présence de l'Époux et étant surchargées
par les soucis et les plans, etc., de la vie présente, n'approfondissent
pas pleinement ce sujet, et, en conséquence, s'arrêtent, hésitent à
quitter Babylone, et sont, dans une certaine mesure, indifférentes, ne
croyant guère à la présence de l'Époux. Si d'autres les pressent d'accélérer
le pas, elles partent avec regret ; telle la femme de Lot, elles sont
constamment disposées à regarder en arrière. C'est à celles-là que le
Seigneur dit : « Souvenez-vous de la femme de Lot »
( Luc 17 : 32 ). II leur dit encore : « Quiconque met la main
à la charrue, et regarde en arrière, n'est pas propre au Royaume de Dieu
».
Dans la parabole, rien n'indique que les vierges folles se rendent compte
de leur « folie » (*),(*) [ Dans le sens moins fort de « sottise ».
– Trad. ] jusqu'au
moment où il n'est plus possible d'entrer au festin. Alors elles
comprennent toute leur sottise d'avoir pu croire que le Seigneur voulait
les reconnaître comme des membres de son épouse, des cohéritiers, alors
qu'elles étaient tout au plus des disciples tièdes et indifférents.
Beaucoup de gens, aujourd'hui, « hautement estimés des hommes » et
connus pour leurs « miracles », seront au nombre des désappointés.
ET LA PORTE FUT FERMÉE
La
proclamation de la présence de l'Époux, le départ pour aller à sa
rencontre, l'entrée avec lui dans la salle des noces, se poursuivent
toujours et se poursuivront jusqu'à ce que toutes les vierges sages
soient « marquées du sceau sur leurs fronts » par une connaissance
suffisante de la vérité de la moisson pour les séparer de Babylone, et
pour les rendre capables d'entrer avec l'Époux au festin préparé. A ce
moment là, lorsque toutes les vierges auront été éprouvées par cette
vérité présente, la porte de l'opportunité sera fermée, et personne désormais
ne pourra entrer au festin, car dit le Maître, je suis celui « qui ouvre
et nul ne fermera, qui ferme et nul n'ouvrira » ( Apoc. 3 : 7 ). Et
lorsque les vierges folles viendront frapper à la porte après sa
fermeture, cherchant à entrer, elles diront : « Seigneur, Seigneur,
ouvre-nous ». Il leur répondra
: « Je vous le dis en vérité, je ne vous connais pas. »
De ceux qui ont honte du Maître et de sa Parole maintenant, et
sont en somme indifférents à leur égard, il aura aussi honte d'eux
lorsqu'il paraîtra en gloire et en puissance, avec tous ses saints et fidèles
messagers, les vierges sages élevées et glorifiées avec lui.
La
porte fermée, comme on le voit, ne concerne en rien les gens du monde.
C'est la porte du banquet des noces ; elle ne fut jamais ouverte qu'à des
consacrés, à la classe des vierges. Aucune autre classe ne fut jamais
invitée à y entrer et la porte se ferme lorsque les vérités de la
moisson ont criblé et séparé tous les bouillants et les sincères qui
ont observé leur contrat d'alliance des froids, des tièdes, de ceux qui
sont surchargés de soucis et qui négligent de remplir les obligations de
leur contrat. Grâce à Dieu, cette porte n'est pas celle de la miséricorde
divine, ni même la porte de toute faveur, mais c'est la porte d'accès à
la plus haute et unique faveur du cohéritage
avec Christ comme son Épouse. Mais lorsque cette porte se ferme
pour ne plus jamais s'ouvrir à leur frappement devant les vierges folles,
bien qu'elles restent ainsi au dehors, exposées à la grande tribulation
du « mauvais jour », où il
y aura des pleurs, des lamentations et des grincements de dents, elle les
laisse toujours dans les bras de l'amour et de la miséricorde de Dieu et
même dans sa faveur et à son soin spécial car les grandes tribulations
par lesquelles elles passeront sont destinées à purifier et à nettoyer
ces vierges alors repentantes et par là, à les rendre propres comme
vases d'honneur pour l'usage du Maître, mais pas du principal honneur
auquel elles avaient été appelées à l'origine mais duquel elles se
montrèrent indignes. Participant à un certain degré à l'esprit de
Babylone, lui accordant une certaine mesure, si petite soit-elle, de leur
influence, Dieu les reconnaît comme ayant part à ses péchés et, de ce
fait, comme indignes d'échapper aux plaies qui viennent sur elle. Ces
plaies sont nécessaires non seulement pour la destruction de Babylone,
mais aussi pour la purification et la séparation du « froment »
imparfaitement mûr jusqu'ici restant en elle, les vierges folles,
intoxiquées et accablées à un certain degré par le vin de Babylone.
L'entrée
avec le Seigneur dans la salle des noces fut magnifiquement illustrée par
le joyeux cortège nuptial qui escortait l'épouse juive jusqu'à la
demeure de son époux, au son de la musique, les lampes allumées au
milieu des démonstrations de joie. C'est ainsi que l'épouse entrait dans
la joie de son Seigneur et au festin qu'il avait préparé pour elle.
C'est ainsi que les vierges sages y entrent maintenant. Leur joie commence
lorsqu'elles apprennent pour la première fois la présence de l'Époux. Dès
lors elles abandonnent avec joie toute autre chose pour jouir de sa
compagnie et du festin préparé. Par la foi elles jouissent déjà du
festin qui vient où l'Époux présent leur fait savoir ce que sont les très
grandes et très précieuses choses qu'Il a en réserve pour son Épouse
élue et leur révèle la grande oeuvre
consistant à bénir et à rétablir le monde à laquelle l'Épouse
aura le privilège de participer. Certainement, alors que nous pénétrons
dans la salle de réception et que nous voyons ce que sera le festin des
faveurs du Royaume, nous entrons déjà dans les joies de notre Seigneur.
Déjà, nous avons un avant-goût des bonnes choses à venir. Déjà, nous
nous délectons par la pensée, des riches trésors de sa grâce. Par la
foi, nous sommes déjà assis à la table du Maître, et lui-même, selon
sa promesse ( Luc 12 : 37 ) est venu et nous sert.
Ce
festin par la foi dans les vérités précieuses découvertes dans cette
moisson commença en 1875 [1874], à la fin des 1335 jours ( Dan. 12 : 12
), au début de la moisson. Il est la félicité prédite par le prophète
disant : « Bienheureux celui qui attend et parvient à mille trois cent
trente-cinq jours ! »
L'ÉPREUVE DE LA ROBE DE NOCE
Une
autre des paraboles de notre Seigneur ( Matth. 22 : 1-14 ) montre une épreuve
plus poussée encore de la classe du sanctuaire, une épreuve et une séparation
même parmi ceux qui ont entendu et reconnu le message de la moisson. Les
« vierges sages », d'une
des paraboles, qui entrent aux noces avec l'Époux et les « invités »
de cette parabole sont la même classe de consacrés qui, jusque là,
sont restés fidèles et obéissants. En fait, cette classe est représentée
sous de nombreuses figures différentes dont chacune a sa propre force
particulière d'illustration. Ils sont représentés comme des vierges
sages, comme des serviteurs attendant le retour des noces de leur Maître,
comme des convives à une noce, et comme une épouse. Ils sont le Corps de
Christ, l'épouse future de Christ, les soldats de Christ sous la
direction de leur Chef, des sarments en Christ, le cep, des rameaux
d'olivier en Christ, des pierres vivantes du temple dont Christ est la
principale pierre angulaire, des élèves dont Christ est le Maître, des
brebis dont Il est le Berger, etc. En examinant ces figures, nous devons
nous souvenir que toutes sont des illustrations distinctes entièrement
indépendantes les unes des autres, et nous devons chercher à découvrir
dans chacune l'enseignement qui y est contenu. Si nous essayons de mélanger
ces figures, de nous demander comment une pierre dans le Temple peut être
un sarment de cep, comment des brebis peuvent être des soldats, ou
comment des convives d'une noce peuvent être les serviteurs, ou l'épouse,
nous n'arriverons jamais à les comprendre. En réalité, nous ne sommes
pas appelés à être des convives au banquet des noces de l'Agneau, ni
des serviteurs attendant son retour des noces, mais nous sommes appelés
à être l'épouse, quoique, à certains égards, nous dussions être
comme des serviteurs et comme ces convives — comme de fidèles
serviteurs par notre vigilance, par notre zèle attentif, et comme des
convives à d'autres égards.
Cette
parabole sert à montrer ce qui ne pourrait pas être bien illustré sous
la figure de l'épouse qui représente l'Église élue dans son ensemble
comme la cohéritière de Christ. Cette parabole montre à la fois le
caractère de la préparation requise ainsi que l'inspection personnelle
des convives, inspection par laquelle quelques-uns sont éliminés et
d'autres acceptés. Ceux qui sont ainsi inspectés sont représentés
comme étant déjà dans la salle des invités. Ils sont le froment
rassemblé ou séparé de l'ivraie, les vierges sages séparées d'avec
les folles. Ils ont entendu et accepté les vérités de la moisson, et
par la foi ils se réjouissent à l'avance de la gloire et de la bénédiction
qui feront suite à leur union complète avec le Seigneur. Jusqu'à ce
moment-là, ils ont tous bien couru, mais jusqu'à ce qu'ils aient atteint
la fin de cette course : « Que celui qui croit être debout, prenne garde
de tomber ».
Dans
cette parabole, la condition imposée pour être accepté, pour être
reconnu prêt est symbolisée par la robe de noces. Dans les noces juives,
l'hôte, selon la coutume, fournissait à tous les convives l'habit de cérémonie
— des robes blanches de lin. Le convive qui aurait mis de côté la robe
de noces offerte par l'hôte et se serait présenté dans ses propres vêtements,
aurait commis une grave inconvenance, faisant preuve d'orgueil et de
manque de respect à l'égard de son hôte.
Comme
symbole, la robe ou habit de noces illustre clairement la justification de
Christ à laquelle notre hôte, Jéhovah Lui-même ( Rom. 8 : 30-34 ), a
pourvu ; elle est imputée à tous ceux qui croient en Lui ; sans elle,
nul ne peut être accepté aux noces de l'Agneau, et sans elle aucun
convive ne sera admis. L'invitation et la robe de noces sont toutes deux nécessaires
et la parabole montre que, seuls ceux qui sont ainsi attirés sont admis même
dans l'antichambre de la préparation spéciale, dans la lumière de la vérité
où l'épouse se prépare définitivement ( Apoc. 19 : 7 ). La robe et
l'invitation, reçues et acceptées, ces convives passent le court laps de
temps ( le temps de la moisson ) qui précède le festin du mariage, à
ajuster leurs robes et à se donner mutuellement les dernières retouches.
Pendant qu'ils sont ainsi au travail, ils se délectent déjà, par la
foi, de la perspective qu'ils ont devant eux. L'Époux,
la grande oeuvre future,
leur héritage glorieux et leur travail de préparation actuel, sont les
thèmes constants de leurs pensées et de leur conversation.
Dans
cette antichambre (ce temps et cette condition de faveur), brillamment
illuminée par l'exposition claire de la vérité divine maintenant du
temps marqué, à la fois les facilités et les suggestions en vue de la
pose finale de la parure et de la mise au point complète pour le festin
de noces sont accordées. Néanmoins malgré ces conditions spécialement
favorables, la parabole indique que quelques-uns, sous la figure d' un
homme » feront affront à leur hôte, le Roi, en méprisant et en
enlevant leur robe de noces.
L'enseignement
clair de cette parabole est alors que l'épreuve générale et finale de
ces « vierges sages » qui, jusqu'alors, avaient été prêtes et dignes
de leur appel, qui avaient donc eu accès à une grande partie de la lumière
de la moisson, sera une épreuve de l'appréciation qu'elles ont du fait
souvent rappelé dans les Écritures, à savoir qu'elles sont acceptées
au festin non dans leur propre mérite, uniquement, mais, en premier lieu
parce que leur nudité et leurs nombreuses imperfections sont couvertes
par le mérite de celui qui donna sa vie pour leur rançon, et dont la
justice imputée, telle une robe, leur permet seule d'être présentables
et acceptables devant le Roi. Toutes doivent porter la robe. Chacun peut
broder la sienne avec bonnes oeuvres.
N'est-il
pas remarquable et significatif que cette épreuve soit l'épreuve générale,
la plus importante et la dernière ? Notre Père Céleste veut évidemment
que personne ne fasse partie de la phalange épouse de Son Fils si,
auparavant il ne se rend parfaitement compte de sa propre nullité, et
s'il ne discerne pas clairement que le grand Époux est son Rédempteur,
comme aussi son Seigneur et son Instructeur.
Il
semble étrange, aussi, que quiconque a bien couru jusqu'ici dans la lice,
puisse tomber lorsqu'il est à la veille de voir ses espérances se réaliser
; pourtant, quand on est averti qu'une telle possibilité existe, il
appartient à tous les consacrés de veiller et de prier, de peur de
tomber dans la tentation ; car dans ces derniers jours, il y aura les
temps périlleux prédits par l'Apôtre (1 Tim. 4 : 1 ; 2 Tim. 3 : 1 ; 4 :
3-5). Néanmoins le danger ne sera pas tel que la grâce divine soit
incapable de soutenir tous ceux qui s'appuient avec confiance sur le Bras
Tout-Puissant. En effet, ceux qui suivent humblement la voie étroite du
sacrifice ne furent jamais mieux soutenus qu'en ces derniers temps, ou
mieux équipés avec toute l'armure de Dieu. Cependant, aussi étrange que
cela puisse paraître, les abondantes faveurs divines, la révélation
claire des plans gracieux de Dieu ( en vue d'employer l'Église à bénir
toutes les familles de la terre pendant, le Millénium ), au lieu de les
conduire à l'humilité et à une plus grande appréciation du merveilleux
prix de rançon par lequel la libération de la condamnation est accomplie
et notre appel à la nature divine et au cohéritage
avec Christ assuré, paraissent avoir un effet opposé sur
certains. Ceux-ci perdent de vue leur indignité personnelle aussi bien
que la perfection sans tache du Seigneur ; au lieu de comprendre qu'ils
sont tout au plus des serviteurs inutiles »,
ils semblent voir dans leurs petits renoncements personnels pour la
cause de la vérité, quelque chose de — remarquable l'équivalent de ce
que fit notre Seigneur Jésus — et trouvent qu'autant que lui ils sont
devenus indispensables à l'exécution du grand plan des âges révélé
par les Écritures. Ceux-là sont coupables de ne pas « tenir ferme la tête
» ( Col. 2 : 19 D. note - trad.) et sa grande oeuvre de rédemption dans
un respect convenable. Ils sont condamnés parce qu'ils ont « tenu pour
profane le sang de l'alliance par lequel ils ont été sanctifiés »
( et acceptés ) ( Héb. 10 : 29 ). Ils méprisent l'esprit même
de la faveur divine lorsqu'ils rejettent le « chemin » — le seul
chemin — et le seul nom donné sous le ciel et parmi les hommes, par
lequel nous devons être sauvés de la condamnation adamique et pleinement
réconciliés avec Dieu.
Ces
gens sont représentés dans la parabole par celui qui fut lié, empêché
de faire un pas de plus vers le banquet des noces, ou même vers plus
d'appréciation de sa valeur et de ses bénédictions et joies. Ils seront
en fin de compte, entièrement rejetés de la lumière et tomberont dans
les « ténèbres du dehors » du monde et participeront à l'inquiétude
et aux désagréments du grand temps de détresse. C'est pourquoi les vérités
mêmes qui se développent maintenant en vue de notre bien et de notre développement
deviennent pour eux une occasion de chute du fait qu'ils ne les exercent
pas droitement. De même qu'Israël si longtemps spécialement favorisé
par Dieu devint orgueilleux, commença par se croire réellement digne de
ces faveurs, et indispensable au plan divin, de sorte que Dieu lui retira
toute faveur, il en sera de même de ceux qui, aujourd'hui, après avoir
bien couru un certain moment, ne restent plus humbles, commencent à se
croire dignes de se présenter devant Dieu dans leur propre justice et prétendent
avoir le droit de participer aux noces sans la robe de noces de la justice
imputée de Christ.
Si
particulièrement triste qu'il soit, ce trait prophétique montré dans la
parabole que nous examinons maintenant, nous le voyons s'accomplir
actuellement et être avec beaucoup d'autres une nouvelle preuve du fait
que nous sommes dans la « moisson ». Certains de ceux qui jouissaient des présentes faveurs
spirituelles ont ainsi dédaigné et mis de côté la robe de noces; ils
parlent toujours de Christ comme le Seigneur, mais ils méprisent et
renient l'importance et l'efficacité de l'acte même par lequel il devint
leur Seigneur, et par lequel ils furent jugés dignes de recevoir une
invitation au mariage ( Rom. 14 : 9 ; 5 : 2 ). Ils prétendent impudemment
n'avoir pas besoin de Rédempteur ; puis, par des sophismes subtils et des
textes bibliques tordus, ils se persuadent et persuadent d'autres qu'ils
peuvent entrer dans la bergerie par une autre porte que par celle de la
rançon, se revêtent de leur propre justice que les Écritures appellent
un « vêtement souillé » ; et certains prétendent qu'ils n'ont besoin
ni d'Avocat ni de rançon.,
mais qu'ils ont été immuablement élus par Dieu à la gloire céleste.
L'enlèvement
de la robe de noces par le rejet de la valeur du sacrifice — rançon payée
par Christ, fit son apparition pour la première fois au cours de l'été
1878 parmi ceux qui étaient dans la lumière de la vérité présente.
Depuis ce moment-là, tous ceux qui sont entrés dans la lumière de la
chambre des convives, la lumière de la moisson, ont été mis à l'épreuve
sur ce point-là. En présence même de l'Époux, l'erreur a pris pied et
quelques-uns rejettent les robes de noces indispensables. Quel émoi parmi
les convives ! quelle division ! quel criblage ! Ceux qui rejettent la
robe désirent que d'autres fassent de même ; ils contestent quand les
fidèles font des remontrances et la division continue dans la chambre même
des convives et, sans doute, se poursuivra jusqu'à la dernière heure
avant le mariage.
Pendant
ce temps, le Roi-Epoux invisible, mais présent, marque du sceau les fidèles
méritants qui prendront part à son festin ; et il permet cette épreuve
finale que, dans la parabole, il avait prédite. Le Roi s’informe auprès
de chacun de ceux qui ont abandonné la robe, disant :
« Mon ami [camarade], comment es-tu entré ici en habit de noces ? »
C’est là un rappel bienveillant mais énergique à savoir que le port
de la robe était la condition même de son admission aux faveurs reçues,
et qu’il avait été fourni gratuitement. Nous mettons au défi ceux
qui, aujourd'hui, nient la valeur de la mort de Christ comme leur rançon,
de dire qu'ils sont arrivés à la lumière actuelle — la connaissance
de la présence du Seigneur et les autres choses profondes de Dieu, vues
si clairement aujourd'hui — sans avoir été revêtus de la robe au
moment de leur entrée dans la vérité. Personne n'a jamais pu entrer
sans la robe : les autres ne peuvent pas voir les choses profondes de Dieu
( 1 Cor. 2 : 7-14 ). Aujourd'hui, comme dans la parabole, si l'on pose la
question à ceux qui ne portent plus la robe, ils restent « la bouche
fermée ». Ils ne peuvent
nier que c'était pendant qu'ils portaient la robe qu'ils furent admis, et
ils n'aiment pas avouer cela.
« Alors le Roi dit aux serviteurs : Liez-le pieds et mains,
emportez-le et jetez-le dans les ténèbres du dehors ». Les « ténèbres
du dehors » sont celles qui enveloppent les sages de ce monde, les ténèbres
du raisonnement humain qui n'est pas guidé par la Parole de Dieu, et qui
n'est pas réglé par son Plan révélé de la rançon et du rétablissement.
Les chaînes ou entraves dont ils sont liés font de ceux-là un exemple
pour les consacrés, et cela aide tous ceux qui sont vraiment fidèles à
voir plus clairement la nécessité et la valeur de la robe aux yeux du
Roi. Les serviteurs chargés de lier le serviteur sans robe sont ceux qui
possèdent la vérité sur le sujet, et qui peuvent lier l' influence de
telles gens au moyen des témoignages des Écritures sur la valeur et la nécessité
du précieux sang et de la robe de justice qu'il a achetée pour nous. En
luttant contre ces arguments des Écritures, ceux qui ont ôté la robe
sont poussés hors de la lumière et jetés dans « les ténèbres du
dehors » par leurs propres arguments et par leurs tentatives de se
justifier eux-mêmes. Pour eux, comme pour le monde, la croix de Christ
est désormais une pierre d'achoppement et une folie ; mais pour les fidèles,
pour les consacrés, par contre la croix est toujours « la puissance de
Dieu et la sagesse de Dieu ».
Ne
perdons cependant pas de vue que ceux de la parabole qui sont « liés »
et « jetés dans les ténèbres du dehors »,
doivent d'abord avoir été dans la lumière de la vérité de la
moisson, et qu'ainsi, leur responsabilité et leur châtiment sont plus
grands que la responsabilité et le châtiment de personnes n'ayant jamais
possédé une telle faveur. Dans l'église nominale, des milliers suivent
les enseignements de leurs principaux conducteurs spirituels et mettent de
côté toute foi dans l'efficacité du précieux sang de Christ, qui est
le prix de la rançon du pécheur ; ces personnes-là
ne sont pas entièrement responsables de la chose, parce qu'elles
n'ont pas été suffisamment éclairées
sur ces questions-là. »
Des
milliers de prétendus chrétiens n'ont jamais cru en Christ comme étant
leur rançon ou comme celui qui se substitua à eux pour payer leur dette
à la justice divine qui les condamnait à mort ; ces gens-là n'ont
jamais porté la robe de sa justice imputée, aussi n'est-il pas question
d'eux dans la parabole. Dans cette dernière en effet, il est parlé
uniquement de personnes qui avaient auparavant clairement apprécié la
valeur de la rançon et qui, de ce fait, avaient obtenu la grâce d'entrer
dans la lumière spéciale du temps de la moisson — temps de la présence
du Roi, juste avant le festin des noces. Avec quel soin ceux qui ont été
une fois éclairés, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les
puissances de l'âge à venir, devraient-ils se garder de la moindre
suggestion à s'engager dans une voie qui
est celle de la déloyauté, de l'injustice et de la destruction.
— Héb. 10 : 26-31 ; 6 : 4-8.
Dans l'étude de ces paraboles, nous ne devons pas commettre
l'erreur de supposer que toutes les vierges sages sont déjà entrées
pour le mariage — qu'elles ont pénétré dans la chambre des convives où
s'achèvent les derniers préparatifs spéciaux ; n'allons pas croire, non
plus, que la porte est fermée avant que l'inspection générale dont
parle la parabole ait commencé. La porte de l'opportunité reste encore
ouverte à tous les consacrés, revêtus par la foi de la robe de noces de
la justice de Christ, car le message « voici l'Époux ! » retentit
toujours ; les vierges sages sortent encore à la rencontre de l'Époux et
entrent avec Lui pour le mariage ; quant aux vierges folles, elles ne sont
pas encore de retour avec de l'huile dans leurs vases. Mais, depuis le
moment où le « Roi entra » ( depuis 1878, date parallèle correspondant
à celle où notre Seigneur prit possession de ses fonctions de Roi des
Juifs — Matth. 21 : 1-13 ), l'inspection des convives et leur mise à l'épreuve
relativement à la manière dont ils apprécient leur robe de noce, se
sont poursuivies sans interruption. De nouvelles vierges sages apprennent
encore que l'Époux est présent et se rendent joyeusement à la fête.
Par contre, quelques-unes de celles qui étaient déjà entrées dans la
salle, ont montré qu'elles étaient indignes de rester dans cette chambre
des convives et ont été liées pieds et poings. On s'aperçoit, en
effet, que leur connaissance et leur compréhension de la vérité présente
— de la présence du Seigneur, de son oeuvre présente et future —
commencent par devenir toujours plus vagues ; ces personnes sont de plus
en plus entraînées dans de faux raisonnements reposant sur des bases
fausses, elles retombent graduellement ou rapidement, selon leur tempérament,
dans la manière de voir et les conceptions du monde ; ce sont bien là
les « ténèbres du dehors » du monde lorsqu'on les compare à la lumière
intérieure, maintenant accessible aux saints décemment vêtus de la robe
de noces. Il est certain que toutes les vierges qui entrent doivent être
mises à l'épreuve sur ce point fondamental. Ils sont heureux et sans
crainte pendant cette épreuve, ceux qui peuvent dire du fond du cœur :
|
«
Mon espoir a son édifice
Sur Jésus, son sang, sa justice
Je ne me fie en rien de plus
Qu'au sûr et seul nom de Jésus.
« Je tiens sur Christ le Roc puissant,
Autre sol est sable mouvant. »
Et ceux là peuvent
chanter avec allégresse
« Le Prince de ma paix est présent,
Sur moi son visage rayonne ;
Bien-aimé, dit-il attendrissant,
Ma douce paix, je te la donne
La croix couvre ma misère,
Le passé est sous le sang ;
En Jésus, ma foi est entière
Et j'obéis au Dieu vivant. »
|
LA FIN DU HAUT-APPEL
N'EST PAS LA FERMETURE DE LA PORTE
Les Écritures n'indiquent pas la date exacte à laquelle la porte du
festin des noces sera fermée ; elles montrent cependant avec clarté
que la fermeture n'aura pas lieu avant que toutes les « vierges » aient eu une occasion d'entrer, et après que toutes les
vierges « sages » ou prêtes
seront entrées.
Une
« Porte » ouverte symbolise une occasion d'avoir accès à certaines
conditions, à certains privilèges ; une porte fermée représente la
fin, le terme de ces privilèges ou opportunités. Le privilège,
l'invitation ou l'opportunité de l'Age de l'Évangile accordant, sous
certaines conditions, aux croyants en Christ, l'entrée dans un héritage
commun avec lui dans le Royaume céleste et à la nature divine constitue
la « porte » par laquelle
nous « avons accès à cette grâce [faveur], dans laquelle nous
demeurons fermes », à
savoir, l'espérance d'avoir part à la gloire de Dieu ( Rom. 5 : 2 ).
Cette porte, qui est restée ouverte pendant l'Age tout entier, doit se
fermer à un moment donné, et la parabole des vierges marque cette
fermeture ; — la fin de toutes ces faveurs et opportunités, Cette
parabole des vierges dépeint simplement les événements qui se déroulent
à la fin de l'Age actuel parmi les membres de la véritable Église
vivant à ce moment là. La « porte » dans cette parabole représente
certains privilèges spéciaux, l'accomplissement final et le but de
toutes les faveurs de l'Age de l'Évangile, seront ouverts aux « vierges
sages » au temps de la moisson ; la fermeture de la porte, lorsque tous
les membres de cette classe auront eux-mêmes profité de ces privilèges,
représente la cessation de toute la faveur et de tous les privilèges de
l'Age de l'Évangile, car le festin représente
en totalité les avantages et privilèges de l'Évangile, étant
une figure de la grande consommation à laquelle toutes les autres faveurs
aboutissent — les gloires promises du Royaume.
Considérez
cette « porte » d'occasion
et de privilège qui doit bientôt se fermer. Notre Seigneur l'appela une
porte, et déclara que, pendant l'Age de l'Évangile, il serait difficile
de la trouver et d'y entrer; il nous recommanda de faire tous nos efforts
pour y entrer, si nous voulons avoir part à l'immortalité et aux
honneurs du Royaume auxquels elle mène, car nulle autre porte n'y
conduit. « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite. Car, beaucoup,
je vous le dis chercheront à entrer, et ne le pourront pas quand le Maître
de la maison se sera levé et aura fermé la porte »
( Luc 13 : 24, 25 ). Comme nous l'avons déjà vu, (*)(*) [ Vol. 1.
p. 244.] la voie étroite est celle du sacrifice de soi-même au service
et du plan et de l’œuvre de Dieu. Ce chemin est rendu étroit par les
circonstances du temps actuel, par l'opposition de l'esprit du monde
contre la vérité et la justice, de sorte que tous ceux qui veulent
suivre les traces de notre Conducteur et Précurseur trouveront le chemin
étroit ou difficile et doivent souffrir la persécution. Suivre les
traces de notre Seigneur dans cette voie étroite implique non seulement
une conformité passive à sa disposition ou esprit, mais aussi déployer
un zèle actif et énergique pour proclamer sa vérité en toute
circonstance. Tous ceux qui suivent ce chemin étroit, qui sont fidèles
comme le fut Jésus, jusqu'à la mort, participent à ses souffrances et,
au temps marqué, ils auront part à sa gloire lors du festin des noces,
dans la gloire qui sera révélée à son apparition et à son Royaume.
– Phil. 3 : 10 ; 1 Pi. 4 : 13.
Lorsque nous contemplons son
achèvement glorieux, l'occasion de marcher dans le chemin étroit du
sacrifice de soi-même pour la cause de la vérité est la plus grande
faveur qui fût jamais offerte à une créature quelconque. Le privilège
de souffrir avec Christ et pour sa cause après l'avoir d'abord reconnu
comme notre Rédempteur, est donc la porte et la seule porte d'accès par
laquelle la gloire future réservée à l'épouse et cohéritière
Christ peut être
atteinte.
La
fermeture de cette porte pourrait être indiquée de trois manières :
tout d'abord par une déclaration définie de la Bible indiquant la
date exacte ; secondement par un changement complet du sentiment public à
l'égard de la vérité, changement qui ferait cesser toute opposition à
la vérité et supprimerait toute souffrance avec Christ pour la cause de
la vérité ( Rom. 8 : 17 ) ou troisièmement, par un état de choses
survenant dans le monde et empêchant toute occasion d'un tel travail, ne
permettant plus à des candidats d'entrer dans l’œuvre de développer
et de prouver leur amour et leur fidélité par leur activité et leur
endurance.
Bien
que nous soyons informés avec précision que la porte se fermera à un
certain moment au cours de cette période de la moisson ou fin de l'Age,
la Bible n'en fixe pas la date exacte ; et bien qu'après le grand temps
de détresse, il y aura un grand changement du sentiment public à l'égard
de la vérité et de la justice, cependant, nulle part il n'est indiqué
qu'un tel état de choses sera réalisé avant l'achèvement complet de la
moisson. Nous avons cependant tout lieu de croire que la porte sera fermée
par le temps de grande détresse, car, selon, les Écritures, avant que le
jour millénaire soit véritablement levé, il y aura une sombre nuit où
personne ne petit travailler : « Le matin
vient et la nuit aussi » . —
Es. 21 : 12. Voir aussi Vol. 2, chap.
8.
Le
chemin étroit qui nous est ouvert est le privilège et l'occasion de
travailler avec notre Seigneur maintenant, pendant que la mise en pratique
de son esprit de douceur, de zèle et de fidélité envers Dieu et la vérité
nous coûtera nos avantages terrestres, pendant que la défense de sa
cause et des vérités qu'il enseigna, nous rendront, pour dire le moins,
impopulaires, pendant que nous serons blâmés, censurés, calomniés et
persécutés sous une forme ou sous une autre, parce que nous nous serons
efforcés d'honorer son nom, de bénir nos semblables par la vérité, le
faire luire notre lumière. Si la porte étroite ouverte indique le privilège
de tout sacrifier fidèlement jusqu'à la mort, il s'ensuit que la
fermeture de toute opportunité semblable
d'une telle communion dans le service et la souffrance doit être aussi la
fermeture de la porte, la fermeture du chemin étroit qui conduit à la
gloire et au cohéritage futurs, notre règne avec Christ étant
conditionné par notre fidélité à son service qui, aujourd'hui,
signifie souffrir avec Lui. — Rom. 8 : 17 ; 6 : 8.
Souffrir
avec Christ, nous l'avons vu, n'a rien de commun avec les souffrances
ordinaires qui sont le partage de tous les humains déchus ; il s'agit
seulement des souffrances qui résultent, plus ou moins directement, du
fait de suivre l'exemple de Christ, en proclamant des vérités
impopulaires et en démasquant des erreurs populaires. Telles furent les
causes des souffrances de Christ, et telles seront les causes des persécutions,
des souffrances et des pertes qu'éprouveront
tous ceux qui suivent ses traces. Ils auront part à ses
souffrances maintenant et, à la fin, ils seront jugés dignes d'avoir
part à la récompense d'une telle fidélité au principe. Pendant tout
l'Age de l'Évangile, c'est avec une telle fidélité qu'ils ont semé et
arrosé la bonne semence des doctrines de Christ par un travail de
sacrifice et ont fait preuve d'endurance sous l'opprobre. De nos jours, à
la fin de l'âge, ils doivent faire preuve d'une fidélité et d'une
endurance analogues dans l’œuvre de
la moisson qui suit son cours, à savoir, donner leur vie, soit selon les
exigences d'une manière graduelle jusqu'à l'épuisement complet au
service du Maître, une mort journalière, soit d'une manière plus
rapide, une mort soudaine en martyrs.
Le
mérite pour l'Église vierge de devenir l'épouse, la femme de l'Agneau,
consiste non simplement dams l'innocence quoiqu'elle sera sainte et «
sans tache, ni ride, ni rien de semblable» (Eph. 5 : 27) ,
rendue « plus blanche que la neige» dans la source débordante de
l'amour qui rachète, le mérite de son Rédempteur. Ceci est nécessaire
à tom ceux qui seront jugés dignes d'obtenir la vie éternelle, sur
quelque plan que ce soit. Cependant, pour être l'épouse de l'Agneau, l'Église
doit être non seulement une vierge par sa pureté, elle doit être non
seulement débarrassée de toute alliance et intimité coupables avec le
monde, mais elle doit être plus, -beaucoup plus que tout cela : elle doit
ressembler de si près à son Seigneur, et suivre ses traces et ses
enseignements si complètement qu'elle acceptera à cause de cela de
souffrir, de subir le martyre comme le fit Jésus en défendant les mêmes
principe de vérité et de justice. Elle doit prouver qu'elle est animée
d'un amour dévorant (« consuming »)
pour l'Epoux, faire preuve d'un dévouement infatigable au service
de son nom et de ses principes, jusqu'à être méprisée, rejetée par le
monde comme il le fut pour avoir obéi à ses doctrines.
Pour former un tel caractère et le rendre manifeste, il faut qu'elle soit
mise à l'essai et éprouvée. Sa confiance, son endurance, sa fidélité
au Seigneur, dans l'ignominie comme dans la bonne réputation, doivent être
établies et manifestées. Ceux-là seulement qui auront atteint un tel développement,
subi de telles épreuves et auront été trouvés fidèles, seront pour
toujours possédés et reconnus comme l'épouse et la cohéritière du
Seigneur, l'héritier de toutes choses. Il est écrit en effet: « Heureux
l'homme qui supporte patiemment la tentation ; car après avoir été
[ainsi] éprouvé, il recevra la couronne de vie que le Seigneur a promise
à ceux qui l'aiment » - à un tel degré. Ainsi, si nous avons une juste
compréhension-de ces choses, nous devrions accepter avec joie toute mise
à l'épreuve de notre fidélité, la considérant comme une nouvelle
occasion de montrer à l'Époux la profondeur et la force de notre amour,
et aussi une autre preuve que nous sommes dignes de son amour, de sa
confiance et de la glorieuse élévation qu'il nous a promise. Ceux qui
auront part avec le Seigneur à la gloire à venir doivent non seulement
être appelés et acceptés, mais également fidèles jusqu'à la mort.
— Apoc. 17 : 14.
Ainsi, la porte de l’opportunité de s'engager, avec Christ notre
Seigneur dans l’œuvre de l'Age de l'Évangile, sera fermée quand
viendra la nuit « où personne ne peut plus travailler ». Alors, tous
ceux dont le caractère n'aura pas été suffisamment développé par un
service fidèle, qui n'auront pas fait la preuve de leur affection, de
leur dévouement, de leur amour et de leur zèle envers le Seigneur et sa
vérité ne pourront plus le faire (Matth. 10 : 37 ; Marc 8 : 38). Selon
l'indication, de la parabole, ils montreront qu'ils sont des « vierges
folles », car ils ont laissé
échapper la grande et glorieuse occasion de souffrir avec lui et pour la
cause de celui avec lequel ils auraient été heureux de régner. A ce
moment-là, le nombre complet, prédestiné par Dieu, de ceux qui doivent
constituer et compléter l'Église aura
été atteint, tous ceux qui seront compris dans ce nombre auront été
appelés, choisis et auront démontré, dans les épreuves, qu'ils sont
fidèles et « semblables à l'image de son Fils » ( Rom. 8 : 29 ). La
moisson sera alors achevée, la saison de l'été de faveur sera terminée,
et il ne restera plus qu'à brûler l'ivraie, à nettoyer le champ (le
monde, l'humanité) et à le préparer complètement pour les semailles
millénaires beaucoup plus grandes.
La
fermeture par cette nuit, arrêtera évidemment tout travail de diffusion
de la vérité ; le public, en général, ne la comprenant pas, l'accusera
probablement d'être la cause principale de l'anarchie et de la confusion
qui règneront alors, au lieu
de la voir sous son jour véritable, comme un signe précurseur de la pensée
et de la révélation divines concernant les prochains troubles du monde
et leurs vraies causes. Nous ne pensons pas non plus que la venue de la
nuit et la fermeture de la porte seront soudaines, mais plutôt que l’œuvre
de la moisson se terminera par le fait d'empêchements et d'obstacles
graduels.
Le temps présent est consacré à la marque du sceau sur le front
des serviteurs de Dieu avant les bourrasques de la tempête ( Apoc. 7 : 2,
3 ). Chaque vierge sage devrait apprécier le privilège de ce
temps présent qui lui permet à la fois d'être marquée du sceau
intellectuel de la vérité présente et de s'engager dans l’œuvre de
la moisson qui consiste à sceller d'autres personnes appartenant à la
classe du froment, à les réunir dans le grenier de la sécurité, avant
que la nuit soit arrivée et que la porte de toute occasion de travail
soit fermée.
Que
l'opportunité favorable actuelle soit très courte, cela est manifeste du
fait qu'il ne reste qu’une période de vint-quatre ans (*)(*) [Écrit en
1890. - Trad.] pour que la
moisson soit achevée ; lorsqu'elle sera complètement terminée, le règne
du mal aura pris fin et le glorieux jour millénaire sera inauguré. Après
cette période, nous verrons descendre la sombre nuit et la plus grande détresse
du monde aura lieu. Les ténèbres épaisses qui doivent précéder le
jour glorieux s'approchent : « Le matin vient et la nuit aussi » ; ce
sera « un temps de détresse telle, qu'il n'y en a point eu depuis qu'il
existe une nation ».
Observons
que lorsque la nuit viendra, lorsque les moissonneurs devront cesser leur
travail, cela prouvera que l’œuvre
finale de l'Age de l'Évangile est achevée, que les membres de l'Épouse
de Christ au nombre élu ont tous été « scellés » et « rassemblés
» dans une condition de séparation d'avec le monde, dans la condition du
grenier ( Matt. 13 : 30 ).
Dieu ne permettra pas à quoi que ce soit d'entraver son oeuvre avant
qu'elle soit finie. A ce moment-là, tous les vrais et fidèles serviteurs
de Dieu auront été scellés sur leur front, l’œuvre de l'Age de l'Évangile
étant terminée, personne ne pourra plus désormais entrer dans cette
oeuvre ou récolter sa riche
récompense prédite dans les « très grandes et très précieuses
promesses » comme devant être la récompense des fidèles qui entrent
pendant que la « porte» est ouverte. 2 Pier.
1 : 4.
Mais
il ne faudrait pas conclure de ceci que tous les élus entreront en
possession de leur récompense dès qu'ils auront fait preuve de leur fidélité.
Il est possible que plusieurs d'entre eux soient appelés à vivre jusqu'à
une heure avancée dans la nuit sombre de la détresse, bien que nous
pensions plutôt le contraire. « Ici est la patience des saints ; [ici],
ceux qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus ».
Ayant revêtu toute l'armure de Dieu, ayant résisté hardiment à
l'erreur en présentant et en défendant courageusement la vérité
pendant le mauvais jour, lorsque de gigantesques erreurs s'étalent
effrontément partout, l'exhortation adressée aux saints est de « tenir
ferme après avoir tout surmonté », étant recouverts de l'armure complète,
munis de l'épée de l'esprit toujours prête à la défense, en veillant,
en persévérant et en priant pour tous les saints. Tous auront besoin de
patience, afin qu'après avoir
accompli la volonté de Dieu, ils obtiennent ce qui est promis. — Apoc.
14 :12 ; Eph. 6 : 13 ; Héb. 10 : 36.
Il
doit être clairement compris que la fin du haut-appel invitant au
cohéritage avec notre
Seigneur Jésus dans le Royaume de Dieu n'est pas la fermeture de la porte
de la parabole des vierges. L'« appel
» général à cette faveur prit fin il est vrai, en 1881, néanmoins, la
« porte » est encore ouverte. L'appel est l'invitation générale adressée
par Dieu à tous les justifiés croyant au Rédempteur ; ils sont invités
à suivre Jésus dans ses pas de sacrifice de soi-même jusqu'à la mort
et à montrer ainsi qu'ils sont dignes de régner avec Lui dans la gloire.
Cette faveur commença à un moment bien déterminé : les disciples qui
étaient dans l'attente y furent admis le jour de la Pentecôte en l'an 33
de notre ère. Cette faveur prenait fin, comme nous l'avons déjà vu à
un moment déterminé, en octobre 1881 (*).(*)Voir Vol. Il, Chapitre VII.
D'autre
part, dans la parabole de Matth. 25, la fermeture de la « porte »
indique la fin de toute opportunité, même pour les « appelés », d'obtenir encore le prix du haut-appel. C'est la fin de toute
occasion de prouver sa dignité au prix par la fidélité dans le service,
car, dans la « nuit » où personne ne peut travailler ( Jean 9 : 4 ), toute occasion de service cessera. On voit
par là que la porte, ou l'occasion d'affermir notre vocation et notre élection,
ne se ferme pas nécessairement quand
l'appel, ou invitation générale pour entrer adressé à tous les
croyants, cesse d'être proclamé. Pendant que la porte reste ouverte,
elle indique que tout croyant désireux d'entrer et de remplir les
conditions peut entrer bien que l'« appel » général, ou invitation ne
soit plus adressé. C'est un fait positif que la porte ou l'occasion de
travailler, de se sacrifier n'est pas encore fermée, n'est pas passée,
bien que l'appel général ait cessé en 1881.
L'Age
de l'Évangile fut le temps de l'appel, tout d'abord pour appeler
des pécheurs à la repentance et à la foi en Christ le Rédempteur et,
secondement, pour appeler ces justifiés au privilège considérable du
cohéritage avec Christ dans son Royaume, à la condition de suivre
maintenant sa voie du sacrifice de soi-même jusqu'à la mort, car telle
est la condition à remplir pour avoir part à l’œuvre et aux honneurs
du Royaume dans l'âge millénaire. Le Seigneur nous ayant indiqué que la
fin de l'âge serait un temps de moisson, ce fait nous indique clairement
un changement radical — des semailles à la moisson, de l'appel à l'épreuve
des appelés et à l'achèvement de l' oeuvre commencée par l'appel.
Pour
illustrer le changement caractéristique de l’œuvre à la fin de l'Age
de l'Évangile, notre Seigneur se servit de la parabole du filet ( Matt.
13 : 47-50 ) : « Le Royaume des cieux est semblable à une seine jetée
dans la mer et rassemblant des poissons de toute sorte ; et quand elle fut
pleine, ils [les pêcheurs] la tirèrent sur le rivage et s'asseyant, ils
mirent ensemble les bons dans des vaisseaux et jetèrent dehors les
mauvais. Il en sera de même à la consommation du siècle ( âge ) [de la
moisson, Matth. 13 : 39] :
les anges [les messagers, les serviteurs de Dieu] sortiront et sépareront
les méchants du milieu des Justes et les jetteront dans la fournaise de
feu [le grand temps de détresse] ; là seront les pleurs et les
grincements de dents ».
Dans
cette parabole, le filet jeté dans la mer ( le monde ) représente l'Église
chrétienne nominale comme le royaume de Dieu nominal en
perspective ; le filet recueillit des poissons
( des hommes — Matt. 4:
19 ) de toutes espèces ( de véritables chrétiens, des chrétiens à
demi-trompés et dupés et une multitude d'hypocrites ).
Lorsque le filet est rempli (
à la plénitude du temps de Dieu ), il est amené sur le rivage. On voit
alors que « toutes les espèces » de
poissons réunies dans l'Église nominale ne sont pas propres au Royaume,
quelles que soient d'ailleurs leurs aptitudes ; à d'autres égards ;
on voit aussi qu'à la fin de l'âge — au temps de la moisson —
l'appel ou l'invitation à avoir part au Royaume cesserait, selon
l'arrangement de Dieu, ce qui est représenté par le filet tiré sur le
rivage. Les pêcheurs commenceraient alors un travail tout différent, ils
feraient une oeuvre de séparation, réunissant les poissons de l'espèce
désirée, puis rejetant les autres, ceux qui sont indignes de la faveur
à laquelle ils avaient été appelés, car il y a « beaucoup d'appelés,
mais peu d'élus ». —
Matt. 22 : 14.
L’œuvre
séparatrice de cette parabole est la même que celle de la parabole du
froment et de l’ivraie ; elle nous enseigne qu'il y aura un arrêt
complet dans les semailles l'appel qu'il y aura un changement dans le
travail, la moisson ayant succédé aux semailles. Les serviteurs du
Seigneur qui, sous sa direction, changeront ainsi de travail sont, dans
les deux paraboles, appelés des anges, c'est-à-dire des messagers spéciaux
de Dieu. Ce sont ses disciples fidèles qui, marchant humblement près de
leur Seigneur, s'efforçant avec sincérité de connaître son plan et de
collaborer à son oeuvre, ne sont pas laissés dans les ténèbres au
sujet des temps et des saisons de Dieu ( Matt. 13 : 11 ; 1 Thess. 5 : 4 ;
Jér. 8 : 7-12 ). Naturellement, cette moisson — ce rassemblement — ne
concerne que ceux qui vivent au temps de la moisson et non ceux qui
moururent auparavant. Chacun de ces derniers, au terme de sa course, fut
noté, mis à part, en attendant sa position convenable dans
le petit troupeau glorifié, le Royaume proprement dit, ou en
dehors. — 2 Tim. 4 : 8.
Le
filet n'était pas destiné à recueillir tous les poissons de la mer.
Notre Seigneur, le grand Pêcheur en Chef, voulait attraper un certain
nombre de poissons d'une espèce particulière, sans s'inquiéter de
toutes les autres variétés qui entreraient dans le filet avec eux.
Lorsque le nombre des poissons de l'espèce particulière désirée fut au
complet et entré dans le filet, ce dernier fut tiré au rivage afin de
trier et de séparer les poissons. Nous devons comprendre que la mission
donnée au commencement de l'âge de jeter le filet dam la mer ( Matt. 28
: 19 ; 24 : 14 ) est terminée au moment où l'ordre est ainsi donné de
l'amener sur le rivage. Tous ceux qui veulent travailler encore avec le
Seigneur doivent maintenant obéir à ses directives et ne plus s'occuper
de la pêche en général, mais, par contre, prendre part à l’œuvre
actuelle de sélection et de rassemblement. Comme la vérité d'alors fut
l'agent de l'appel, de nos jours, ainsi c'est la vérité, la « vérité
présente », la vérité de
la moisson qui est l'agent du Seigneur pour éprouver et séparer.
Aussi,
lorsque les serviteurs du Seigneur entendent sa voix par sa Parole, déclarant
qu'il est temps d'arrêter les semailles et de commencer la moisson, d'arrêter
la pêche et de commencer le triage des poissons, de cesser l'appel et de
prêcher le message de la moisson, dont le temps est arrivé, à ceux déjà
appelés, c'est avec joie et promptitude qu'ils suivront cet ordre s'ils
sont fidèles. Dès lors, ceux que le Maître a instruits touchant son
plan des âges, ne sont pas dans les ténèbres quant aux temps et aux
saisons dans lesquels nous vivons aujourd'hui ; ils ne devraient donc plus
désormais chercher à semer la bonne semence du Royaume dans le champ,
dans le monde, mais devraient « donner la nourriture au temps convenable
» à la famille de la foi » répandant
parmi ceux qui prétendent être des enfants du Seigneur, la bonne
nouvelle du Royaume tout proche, et de la grande joie et des bénédictions
qu'il va bientôt apporter à tout le peuple.
Il est étrange de dire que c'est ce message des mesures d'amour
prises par Dieu, dans la rançon, pour le rétablissement de toutes choses
par et au moyen du Christ Jésus et de son corps glorifié, l'Église, le
Royaume de Dieu (ce message qui devrait réjouir, rafraîchir et unir tous
les tendres cœurs chrétiens) qui doit développer et rassembler dans
l'union de cœur ceux de la classe fidèle seulement pour les éprouver et
les séparer de la masse nominale.
La
moisson sera bientôt terminée; alors celui qui sème et celui qui
moissonne se réjouiront ensemble. Aujourd'hui, les moissonneurs doivent
se hâter dans leur travail dont l'achèvement doit leur tenir tant à cœur,
qu'ils prieront le Seigneur de la moisson, le Moissonneur en Chef
d'envoyer plus d'ouvriers dans sa moisson. Bientôt, le laboureur de la
nouvelle dispensation (la grande détresse annoncée qui préparera le
monde pour les semailles millénaires atteindra le moissonneur de la
dispensation actuelle. —
Amos. 9 : 13. [Voir note IV].
LA SOIXANTE-DIXIÈME, SEMAINE D'ISRAEL EST UNE FIGURE DE LA FIN DE
LA FAVEUR DE L'AGE DE L'ÉVANGILE
On
se souviendra que la « soixante-dixième semaine »
d'Israël — les sept dernières années de leur temps de faveur
— fut très exactement marquée à son début, à son milieu et à sa
fin ; nous croyons qu'il en fut ainsi afin que nous eussions des dates précises
à la fin de l'Age de l'Évangile de faveur à l'égard d'Israël
spirituel. Nous avons vu que le commencement de cette semaine fut pour
Israël charnel la date du commencement de son épreuve pendant sa moisson
en l'an 29. Elle commença par le baptême de notre Seigneur, lorsqu'Il
fut reconnu comme le Messie au Jourdain ; le travail de la moisson
commença à ce moment-là, le parallèle étant la reconnaissance de la
présence du Seigneur en 1874, au commencement de la moisson actuelle.
Le
milieu de cette semaine d'alliance, l'an 33, fut la date à laquelle Israël
fut rejeté comme système ou nation-église ; ce point chronologique fut
marqué par la mort de notre Seigneur sur la croix, et par les paroles
qu'il prononça quelques jours avant sa mort:. « Votre maison vous est
laissée déserte ». L'événement correspondant actuel est le rejet, la
fin de la faveur et la chute des systèmes sectaires appelée la chrétienté
ou « Babylone »,
en 1878.
La
seconde moitié de la semaine d'alliance d'Israël charnel ( 3 ans 1/2, de
l'an 33 à l'an 36 ) ne fut pas une période de faveur nationale ou
sectaire, mais une période de faveur individuelle, accordant aux Israélites
( non plus comme auparavant par les canaux de l'Église nominale, mais
individuellement à qui, personnellement, désirait les recevoir ), toutes
les faveurs et les privilèges spéciaux de l'alliance abrahamique
jusqu'à la fin des soixante-dix semaines symboliques qui étaient
le terme de leur faveur marqué par le don de la faveur à Corneille et
aux nations (Gentils) en général. Ainsi, dans le parallèle
d'aujourd'hui, les 3 ans 1/2 depuis avril 1878 (date du rejet de la prétendue
chrétienté ou « Babylone »), conduisant
à octobre 1881, furent le terme de la faveur du haut-appel limité aux
croyants individuellement [dans Babylone]. Ainsi « l'appel » général
(la faveur de cet Age de l'Évangile). cessa en octobre 1881, exactement
comme cela avait eu lieu à la date correspondante, en octobre de l'an 36,
lorsque la faveur judaïque
prit fin.
La
faveur judaïque consistait dans l'offre (exclusive) du Royaume à Israël,
l'appel aux enfants charnels d'Abraham à profiter des privilèges et des
opportunités qui leur avaient été accordés sous l'alliance dé la loi.
Cet appel, faveur ou privilège cessa totalement et définitivement au
terme de leur semaine d'alliance, La faveur de l'Évangile consistait dans
l'offre du Royaume (faite exclusivement) aux croyants en Christ — le «
haut appel » de tous ceux qui étaient réconciliés avec Dieu sous
l'alliance de la grâce, qui pouvaient profiter de l'occasion ainsi
offerte (et devenir des membres de la « postérité » d' Abraham qui
doit bénir le monde) en s'associant avec Christ Jésus, leur Rédempteur,
dans son alliance par le sacrifice de soi-même, épreuve qui doit démontrer
s'ils sont dignes d'avoir part à l’œuvre et à la gloire à venir de
Christ. C'est cette faveur, cet « appel » ou invitation qui, nous
l'avons vu, cessa complètement et pour toujours en octobre 1881, point de
temps parallèle à la fin de l'appel ou faveur judaïque.
Il faut noter que la fin de la faveur ou appel judaïque fut suivie
par un autre appel général qui ne tenait plus compte des Juifs et de
leur faveur passée, mais qui comprit néanmoins dans la suite, ceux des
Juifs qui voulurent profiter de cet appel mondial en devenant des
croyants, en se rendant dignes de l'honneur du Royaume. La fin de leur
faveur passée était aussi réelle que s'ils n'avaient été invités à
quoi que ce soit après la fin de leur faveur ; tout aussi réelle que
s'ils avaient été invités après cela à une faveur inférieure ; mais
elle est moins remarquable du fait que l'appel général de l'Évangile,
qui ne les excluait pas, était le même appel élargi et approfondi,
rendu applicable à tous les croyants en Christ, de toutes les nations.
La fin de la faveur ou « appel »
, en 1881, est suivie ou plutôt
chevauchée par l'appel général de toute l'humanité
aux bénédictions et aux faveurs millénaires à des conditions de
foi et d’obéissance volontaires (non pas cependant un sacrifice jusqu'à
la mort). Cet appel est toutefois d'une nature inférieure, c'est une
faveur inférieure à celle qui venait de prendre fin, un appel à jouir
des bénédictions sous le Royaume, mais ce n'est plus un appel à faire
partie de la classe ointe du Royaume, Ce changement — cet arrêt, de la
faveur élevée et ce commencement d'une faveur inférieure sera peu
remarqué au temps présent, parce que le grand prix du Royaume et le co-héritage
avec Christ comme participants à la nature divine, ont été généralement
perdus de vue dans l'Église. La conception la plus haute des chrétiens relativement à la
récompense future, consiste généralement depuis des siècles, à croire
qu’à leur résurrection il leur sera donné des corps parfaits et qu'alors affranchis de la maladie, des douleurs et des
tristesses, ils jouiront de la faveur de Dieu et auront la vie éternelle.
Cette conception,. quoique bien éloignée des véritables privilèges
offerts par le « haut-appel » de l'Age de l'Évangile, est en réalité
une juste conception des privilèges bénis qui seront accordés à
I'humanité en général pendant l'âge millénaire, à tous ceux des
humains qui voudront obéir et rentrer en harmonie avec Dieu.
Il
est un fait certain, c'est que les seuls qui voient clairement les traits
élevés et importants de l'appel de l'Age de l'Évangile, les seuls qui
pourraient annoncer ou exposer cet appel, sont ceux-là mêmes qui voient
dans la Parole de Dieu que la limite du temps de cet appel fut atteinte en
octobre 1881. D'autres, qui citent les paroles de l'apôtre au sujet d'un
« haut-appel de Dieu en Christ », expliquent
en réalité l'appel inférieur, qui appartient à l'âge millénaire. Il
en résulte que l'appel général de
l'Évangile, le vrai, est terminé ; personne ne peut le prolonger, les
uns parce qu'ils ne le comprennent pas et ne peuvent l'exposer, les autres
parce qu'ils savent qu'il doit avoir une fin.
Mais, si l' « appel » général
est terminé, la « porte » n'est
pas encore fermée, car la fin de l'« appel »
et la fermeture de la « porte »
sont deux faits distincts et séparés. La « porte » reste
ouverte pour permettre à certains d'entrer dans la course pour le grand
prix du co-héritage dans le Royaume après que l' « appel » général
a cessé. Dieu avait fixé d'avance le nombre de ceux qui devaient former
l'Église le « corps de Christ ». Il n'y aura donc ni un membre de plus
ni un membre de moins ( ceci est enseigné dans les types décrits en Lev.
21 : 17-23 ). Dieu ne pouvait donc appeler ou inviter à cet honneur plus
de personnes que celles qui devaient compléter le nombre fixé d'avance.
En octobre 1881, sa Parole le montre, ce nombre était au complet. Depuis
cette date cependant, certains de ceux qui avaient répondu à l'appel général
et fait alliance avec Dieu, ont manqué d'observer leur contrat ; ils
n'ont pas couru de manière à obtenir le prix. La « porte » reste donc
ouverte après la fin de l'appel général, pour permettre à quelques-uns
d'entrer dans la course, de se sacrifier au service de la vérité, afin
de remplacer ceux qui, pendant l'inspection, peuvent rejeter la robe de
noce de la justice de Christ ; et aussi pour en remplacer d'autres qui,
après avoir fait l'alliance du sacrifice personnel dans le service,
aiment le présent monde et se laissent accaparer par ses préoccupations
ou ses plaisirs, et manquent d'observer les clauses de leur alliance.
On remarquera encore que la fin de l'appel, en 1881, ne supprima en
rien les privilèges des milliers de gens qui avaient déjà accepté
l'appel, et étaient devenus des serviteurs consacrés de Dieu : cette fin
d'appel ne mit à la porte aucun de ceux qui étaient déjà entrés ; elle n'implique pas davantage que
personne ne peut plus entrer : ce
fut simplement l'arrêt de l'invitation générale de Dieu.
Si,
depuis peu seulement, vous êtes arrivé à une connaissance très nette
des très grandes et très précieuses
promesses des choses que Dieu a en réserve pour ceux qui l'aiment,
cela ne prouve pas que vous n'avez pas été appelé et accepté comme un
coureur pour ce grand prix, longtemps avant que vous eussiez compris la
grandeur et la magnificence de ce prix. Il est certain que personne,
acceptant cet appel, ne comprend au début toute la rugosité et l'étroitesse
du chemin ni la grandeur du prix à obtenir au bout du chemin. La clarté
de notre compréhension des promesses est pour nous la puissance de Dieu
travaillant en nous, pour nous fortifier et nous rendre capables de
surmonter les épreuves et les obstacles présents. Les très grandes et
très précieuses promesses nous sont dévoilées graduellement au fur et
à mesure de notre fidélité et de nos progrès afin que, par la force et
par le courage qu'elles nous donnent, nous devenions capables de courir
pour obtenir le prix. — 2 Pier. 1
: 4.
La classe des personnes qui
obtiendront le prix est non seulement appelée et choisie (acceptée),
mais aussi fidèle. Bien que l'appel général ait cessé, il est évident
que l'épreuve de la fidélité des appelés n'est pas encore achevée.
Les fidèles sont scellés et séparés de ceux qui ne sont pas fidèles
à leur alliance de sacrifice de
soi-même. Les vierges sages sont séparées d'avec les folles dont la
folie consiste à supposer qu'elles peuvent courir pour les récompenses
d'honneur, de richesses du monde, etc., et en même temps courir fidèlement
pour obtenir le grand prix de gloire, d'honneur et d'immortalité —
conditions mêmes qui rendent Impossible une telle double course : «
L'homme dont le cœur est partagé est inconstant [instable] dans toutes
ses voies » ; « Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon ».
— Jacq. 1 : 8 ;
Matth. 6 : 24.
Lorsque
toutes les fidèles « vierges sages » auront achevé leur épreuve avec
succès, et seront entrées dans la joie du Seigneur, la « porte » de
I'opportunité de faire partie de cette clame sera fermée, et personne
ne pourra plus entrer. Lorsque toutes les sages seront entrées, le
nombre prédestiné sera au complet alors le Maître se lèvera et fermera
la porte ( Luc 13 : 24, 25 ; Matth. 25 : 10 ). Notre Seigneur lui-même
nous dit qu’à ce moment là beaucoup de gens commenceront à
voir les choses différemment — elles verront quels privilèges et
quelles occasions elles avaient autrefois
de sacrifier et qu'elles ont perdus.
Lorsqu'elles chercheront à entrer, le Maître leur dira : Je ne
vous reconnais pas comme mon Épouse ; elle est au complet et je n'en ai
qu'une seule. Cependant, grâces à Dieu, d'autres textes des Écritures
montrent que les vierges folles, bien que rejetées du haut-appel, leur
conduite durant l'épreuve les en ayant prouvées indignes, seront néanmoins
favorisées et seront reconnues dans une plus humble capacité dans la
famille du Seigneur.
C'est
pourquoi avant que la porte se ferme, avant
que le nombre déterminé des fidèles soit au complet,
que chacun s'efforce d'affermir son appel et son élection. A cette
fin laissons le Seigneur produire en nous
par ces précieuses promesses et ces paraboles explicatives le
vouloir et le faire selon son bon plaisir.
Quelques-uns
diront peut-être : « Je crains de ne pas être l'un de ces appelés
avant la fin de l'appel général, en 1881, car, à ce moment-là, non
seulement j'ignorais
totalement les choses profondes de Dieu
mais plus encore : j'étais absolument un étranger
pour Dieu, et même j'étais un de ses ennemis, ne désirant
nullement faire alliance avec Lui et entrer à son service. Depuis peu
seulement je connais Dieu, depuis
peu j'ai pris sur moi le joug de Christ pour
apprendre de lui ; et plus récemment encore, j'ai appris le privilège
de souffrir avec Christ, maintenant dans le renoncement à soi pour son
service, et j'ai appris aussi que seuls ceux-là seront faits cohéritiers
avec lui dans l’œuvre glorieuse du Millénium.
Et maintenant, après avoir contemplé ces gloires, admiré ces précieuses
choses, après m'être disposé à courir
cette course pour ce merveilleux prix, dois-je conclure que ces merveilles
ne sont pas pour moi parce qu'il
y en a déjà suffisamment d'autres déjà appelés pour compléter le
nombre fixé ? Je ne penserais certes pas à contrarier l'arrangement divin,
ou à demander qu'un autre nombre soit ajouté au-delà de la limite déterminée
par la sagesse divine, mais je ressentirais douloureusement mon infortune,
A
ceux-là nous répondons : Courez ! Votre cas n' est pas aussi désespéré
que vous le pensez. La « porte » n'est pas encore « fermée ». N'oubliez pas que si tous ceux qui avaient accepté l’appel
lorsqu'il se termina étaient restés fidèles à leur alliance, il n'y en
aurait pas un de trop, mais juste assez. Souvenez vous aussi que votre
observation, aussi bien que les Écritures,
indiquent que si beaucoup ont accepté l'appel, peu seront choisis
parce qu'il n'y a qu'un petit nombre seulement qui reste fidèle à
l'alliance pendant l'épreuve. Au fur et à mesure que des appelés
deviennent infidèles, leurs opportunités, leurs places de travail et
leurs couronnes de récompense sont transférées à, d'autres. L'une de
ces places de labeur et l'une de ces couronnes de récompense peuvent être
transférées à vous-même, et votre nom peut être inscrit dans le livre
de vie comme membre-candidat de l'Épouse de Christ en remplacement d'un
autre effacé comme Indigne. — Voir Apoc. 3 : 5 ; Héb. 12 : 23.
Ceux
qui peuvent saisir ces précieuses promesses et qui désirent travailler
dans la vigne, ont une forte preuve qu'ils ont été engendrés de
l'esprit (*)(*) [Voir Vol. 1, p. 270.]
; en effet, l'esprit (« mind
») humain, même justifié, ne peut saisir les choses profondes
que Dieu destine à ceux-là seuls qui se sont consacrés et ont été
acceptés (1 Cor. 2 : 6-16). Le Seigneur est trop plein d'amour, trop
juste pour laisser germer dans n'importe quel cœur des espérances irréalisables.
L'engendrement de l'esprit par la Parole de vérité est un fait qui
logiquement doit être suivi plus tard d'une naissance à la nature
spirituelle, à moins toutefois que la personne qui a été engendrée ne
devienne indigne, infidèle.. « N'abandonnez
donc pas votre confiance, qui doit avoir une si grande récompense
».
LA ONZIÈME HEURE
Matth. 20 : 1-16
Cette parabole paraît avoir été
donnée spécialement pour enseigner une leçon pour le temps actuel. Les
ouvriers sont les sérieux enfants consacrés de Dieu qui, pendant tout
l’Age de l'Évangile — le « jour »
de la parabole — emploient fidèlement leur temps et leur énergie
au service de Dieu et non au service de leur propre personne, au service
de Mammon. Seuls les fidèles sont donc représentés par les ouvriers
qui, tous, obtiennent la même récompense, les honneurs du Royaume figurés
dans la parabole par le « denier ».
Les
quatre appels ou invitations montrent qu'il y
avait bien un appel général et qu’il fallait
des ouvriers. Il y eut un appel le matin de bonne heure, puis un
second à neuf heures, un troisième à midi, et enfin un
quatrième à trois heures de l'après-midi. Quant à la
compréhension exacte, claire de ce que serait le salaire, c'est
seulement au début du jour qu'il devait en être parlé : le Maître de
la maison « convint » alors de leur donner un denier pour le service.
Ceci nous explique pourquoi l'Église
primitive comprit très bien la
promesse du Royaume, mais plus tard celle-ci fut
en général perdue de vue et confusément énoncée. Les membres
vivants de l'Église de Christ travaillant dans la vigne au cours de l'Age
de l'Évangile, représentent tous les ouvriers. La parabole montre, comme
trait particulier, une classe de serviteurs qui entrent au service du Seigneur quand le travail de la journée est
à peu près terminé, la
« onzième [ou dernière] heure ».
Ils sont représentés par quelques-uns désireux d'entrer au
service du Maître ; mais trop tard, l'appel général étant terminé.
Ils disent : « Personne ne nous a loués », nous sommes arrivés trop tard pour entrer au service pendant
l'appel.
Le Maître leur répond que la porte de l'opportunité de servir et de
souffrir à son service n'est pas encore « fermée »,
car cette fermeture n'aura lieu qu'à la venue de « la nuit où
personne ne peut travailler »,
mais il ne dit rien de ce que sera la récompense, bien que pendant
l'appel général, il ait dit aux autres
ouvriers : « Et je vous donnerai ce qui sera juste » (*) une
partie du salaire « convenu » au début. (*) Les plus anciens
manuscrits grecs, celui du Sinaï et celui du Vatican, omettent de Matth.
20 : 7 les mots : « et vous
recevrez ce qui sera juste ».
Ainsi,
au cours de l'Age de l'Évangile, notre Seigneur par l'organe de ses
porte-parole dans l'Église, a invité tous les croyants à entrer à son
service. La récompense complète — la nature divine et les gloires du
Royaume — fut nettement indiquée et parfaitement comprise au début ;
mais bien que répétée au cours de l'âge, elle n'a pas depuis lors été
clairement comprise à cause du grand abandon de la vérité. Mais à présent
nous sommes parvenus à la fin du jour de travail de l'Age de l'Évangile,
— à la « onzième heure ». Le
temps est passé pour appeler
des ouvriers pour ce jour-là cependant quelques-uns sont là sur la place
disant : Nous n'avons pas été appelés à ce travail, « personne
ne nous a loués »; personne
ne nous offre du travail, ni un salaire au cas où nous en trouverions ;
l'appel est terminé, l’œuvre du jour est presque achevée, il y a
suffisamment d'ouvriers sans nous. Mais, le Maître fait dire à ceux-là
par nous ses porte-parole : « Allez aussi à ma vigne »;
je ne vous promets rien, car l'appel
général est terminé, le temps est court. on ne peut bientôt plus
travailler, « la nuit vient où personne ne peut travailler » ; entrez
cependant, montrez votre amour et votre zèle, confiez-vous à ma générosité
en ce qui concerne votre salaire.
Et
c'est là tout ce que nous pouvons dire ; la seule espérance que nous
pouvons présenter, est que tout homme qui a travaillé pour notre Maître
recevra beaucoup plus qu'il ne pourrait demander ou espérer. Nous savons
aussi qu'un certain nombre de places dans l’œuvre deviendront vacantes,
parce que plusieurs ne resteront pas fidèles et que les couronnes ou récompenses
qui leur étaient destinées seront données à d'autres qui, par leur fidélité,
par le sacrifice d'eux-mêmes, se prouveront dignes de l’œuvre
et de la récompense.
Si
donc quelqu'un a appris récemment à connaître et à aimer notre
Seigneur, s'il désire le servir, lui et sa vérité, qu'il ne se décourage
pas du fait que le haut appel prit fin en 1881.
Si vous voyez la « porte » de l'opportunité, de l'occasion de
vous sacrifier, de servir le Seigneur, ouverte devant vous, entrez-y, mais
entrez rapidement, car bientôt une nuit de ténèbres et d'opposition
intense à la vérité descendra sur nous et vous empêchera d'entrer dans
le service. « Le matin vient et la nuit aussi ! »,
« La nuit vient, où personne ne peut travailler ».
Quand ces faits seront devenus
une réalité, vous pourrez savoir que la porte est fermée, que toutes
les vierges sages sont entrées, que toutes ont été éprouvées et que
toutes les places vacantes ont été pleinement remplies. Tous les «
serviteurs » spéciaux « de Dieu » ayant été « marqués du sceau sur
leur front » ( auront eu une
compréhension intellectuelle du plan de Dieu ) , les quatre vents seront déchaînés ( Apoc. 7 : 1-3 ),
amenant le formidable « tourbillon »
de détresse au milieu duquel les derniers membres de la classe
d'Elie seront « changés »
et élevée à la gloire du Royaume.
Quelle grande leçon il y a là pour ceux qui se sont engagés par leur
alliance avec le Seigneur, à le servir premièrement, par-dessus toutes
choses et qui négligent son oeuvre pour
consacrer leur temps, leurs pensées et leurs moyens aux joies passagères
et aux récompenses futiles que le monde offre. Le Seigneur adjure chacun
disant : « Sois fidèle jusqu'à la mort et je te donnerai la couronne de
vie ». « Celui
qui vaincra [qui triomphera de l'esprit du monde, qui est en lui]
sera revêtu de vêtements blancs ; je n'effacerai point son nom du livre
de vie, mais je confesserai son nom devant mon Père et devant les anges
». « Tiens ferme ce que tu
as, afin que personne ne prenne ta couronne ». Apoc. 2 : 10 ; 3 : 5,
11.