LA
NOUVELLE CRÉATION
ÉTUDE
IV
LA
NOUVELLE-CRÉATION PRÉDESTINÉE
* *
*
Exposé
général de l'élection. — La pensée exacte. — Aucun dommage pour
les non-élus. — Distinction entre les « élus » et les « élus
mêmes. » — « Il y a un péché qui mène à la mort. » —
« Une chose terrible de tomber entre les mains du Dieu
vivant. » — La Grande Multitude [ou Foule — Trad.]. — Leurs robes
blanchies dans le sang de l'Agneau. —
La vigne élue et ses sarments. — Diverses élections dans le passé.
— Aucune d'elles n'était éternelle. — Jacob et Ésaü :
types. — « J'ai aimé Jacob et j'ai haï Ésaü. » — Pharaon.
— « C'est pour cela même que je t'ai suscité » [Rom. 9 : 17]. —
Dieu ne contraint jamais la volonté. — Le pharaon ne fut pas une
exception à cette règle — « Dieu endurcit le cœur du Pharaon. » —
La nation d'Israël élue. — « Quel est donc l'avantage du Juif ? Grand
de toute manière. » — La « Nouvelle-Création » élue. — Ce que
signifie la « grâce ». —
L'exemple de « la Garde du Roi ». — Prédestinés à « être
conformes à l'image de son Fils ». — « Appelés selon son dessein. »
— Qualifications et caractéristiques des appelés. — « Si Dieu est
pour nous. » — Paraphrase de l'argumentation de l'Apôtre. — Affermir
notre vocation et notre élection. — La course. — « Je cours droit au
but. » — « Sachant, frères aimés de Dieu, votre élection » (D.).
* *
*
La doctrine de l'élection, telle qu'on la comprend généralement, est très
rebutante, pleine de partialité et d'injustice, mais c'est là le résultat
d'une mauvaise compréhension de la Parole divine sur ce sujet. L'élection
enseignée dans les Écritures et que nous allons nous efforcer d'exposer,
doit être reconnue par tous comme l'une des plus importantes doctrines de
la Bible : elle est non seulement fondée sur la grâce mais aussi sur la
justice, l'équité, et elle est totalement dépourvue de partialité. En
bref, d'après la conception erronée de l'élection, Dieu ayant condamné
toute la race humaine à la torture éternelle, aurait choisi pour la
sauver un « petit troupeau » seulement, en permettant à l'immense reste
des humains de descendre dans les horreurs inexprimables auxquelles la
prescience divine les aurait prédestinés avant leur création. La
confession de Westminster qui expose avec le plus de compétence cette
fausse conception toujours existante, déclare de façon précise que ce
« petit troupeau d'élus » ne doit pas être considéré comme étant
sauvé en raison d'un mérite ou d'une dignité quelconques, mais tout
simplement et seulement par la volonté de Dieu.
La pensée exacte touchant l'élection, celle que toute la Bible soutient,
comme nous allons le montrer, est tout le contraire de ce qui précède.
C'est la mort (et non la vie éternelle dans la torture) qui fut le
châtiment infligé à notre race et elle en frappe chacun de ses membres
à cause de la désobéissance d'un seul. C'est la grâce de Dieu manifestée
dans la rédemption par Jésus qui racheta le monde entier par son
sacrifice lequel fut la « propitiation [satisfaction] pour nos péchés [ceux
de l'Église] et non pas seulement pour les nôtres, mais aussi pour
[les péchés du] le monde entier » (1 Jean 2
: 2). Dieu décida que son Fils unique engendré devait avoir le privilège
de racheter la race au prix de sa propre vie, et qu'en récompense il
serait hautement élevé à la nature divine (*) [vol. V,
chapitre V.] et, finalement, « bénirait toutes les familles de la
terre » en les réveillant du sommeil de la mort, en les amenant à la
connaissance de la vérité, et en aidant les bien disposés et les obéissants
à obtenir la pleine perfection de la vie humaine et toutes les bénédictions
et les conditions supérieures à celles de l'Eden.
Dieu décida également d'avoir un certain nombre de « saints » sous son
Unique-engendré comme ses cohéritiers dans la gloire, l'honneur et
l'immortalité de la Nouvelle-Création et dans l’œuvre de bénédiction
de l'humanité par le rétablissement. Le présent Age de l'Évangile
n'a pas été destiné à bénir et à rétablir ainsi le monde,
mais simplement à appeler hors du monde un petit troupeau qui
constituerait les « élus mêmes » de Dieu après avoir soutenu
victorieusement des difficultés et des épreuves de foi, d'amour et d'obéissance
et de cette manière avoir « affermi leur vocation
et leur élection (2 Pi. 1 : 10 — Seg). Pourtant, l'appel et l'élection
de ce « petit troupeau » ayant lieu de cette manière ne causent
aucune difficulté, aucun dommage aux non-élus, lesquels ne sont en aucun
sens condamnés davantage parce qu'ils ne sont pas appelés — parce
qu'ils sont mis de côté. Il en est exactement de même pour la grande
majorité des gens de ce pays : ils ne sont ni lésés ni condamnés
lorsqu'une élection a eu lieu pour nommer des fonctionnaires du
gouvernement et qu'ils n'ont pas été parmi les élus. De même que le
but des élections terrestres est de désigner des personnes compétentes
capables de travailler au bien des gens en général grâce à des lois et
à une administration sages, ainsi la bénédiction préparée par Dieu ne
cause aucun dommage aux non-élus, mais est destinée à les favoriser :
les élus constitueront les juges royaux, les rois et les prêtres de
l'Age millénaire et sous
leur administration toutes les familles de la terre seront bénies.
On trouve dans les Écritures de très nombreuses références
aux « élus » et aux « élus mêmes » : cette dernière
expression implique que l'on peut comprendre que le terme « élus »
s'applique à tous ceux qui entrent dans une certaine condition de parenté
avec Dieu, dans laquelle ils ont l'espérance, ou la perspective de
l'immortalité, étant des membres de l'Église glorifiée ; toutefois, il
est également possible qu'ils tombent et qu'ainsi ils cessent de faire
partie de la classe élue. En d'autres termes, tous ceux de la classe
consacrée qui acceptent le haut-appel de Dieu à la Nouvelle-Création
sont comptés au nombre des élus lorsque leurs noms sont écrits
dans le livre de vie de l'Agneau et qu'une couronne leur est réservée,
mais comme l'infidélité peut conduire à l'effacement de ces noms et à
l'attribution de leurs couronnes à d'autres (Apoc.
3 : 5, 11), ainsi cesseraient-ils alors de faire partie de l'Église
élue. Au contraire, les « élus mêmes » seraient ceux qui,
finalement, obtiendront les bénédictions auxquelles Dieu a appelé les
fidèles dans le présent Age
de l'Évangile, ceux
qui « affermissent leur appel et leur élection » par leur fidélité
aux arrangements et aux conditions requises, jusqu'à la mort même.
Les Écritures attirent notre attention sur deux classes qui manquent
d'affermir leur appel et leur élection. L'une de ces classes — peu
nombreuse, cependant, nous avons quelque raison de le croire — non
seulement perdra les récompenses des élus, mais en outre perdra la vie
elle-même — dans la Seconde Mort. C'est à cette classe que fait
allusion l'Apôtre Jean
lorsque, discutant de la classe de l'Église,
il dit : « Il y a un péché qui ne mène pas à la mort... [et]
il y a un péché qui mène à la mort ; ce n'est pas pour ce péché-là
que je dis de prier » (1 Jean 5 :16 — Seg.). Il sera inutile de prier
ou d'espérer pour ceux qui commettent le péché qui conduit à la mort.
Ce péché est mentionné dans les Écritures comme étant un péché
contre le saint Esprit de Dieu ; il est commis non involontairement
ni par ignorance, mais comme étant le résultat d'une obstination à
faire ce qui, au moins au début, avait été clairement reconnu comme
mauvais ; si cette opiniâtreté persiste, elle finit par devenir une
monstrueuse aberration car l'Éternel
abandonne ces obstinés à l'erreur qu'ils ont préférée à la Vérité.
— 2 Thess. 2 : 10-12.
Les Apôtres Pierre et Jude parlent de cette classe en des termes à peu
près semblables (voir Jude 11 à 16 ; 2 Pi. 2 : 10-22).
Tous ceux-là, à un moment donné, furent parmi les élus dans l'Église
(aucun d'entre eux n'est du monde, lequel n'est pas à présent à
l'épreuve ou en jugement mais le sera bientôt sous le Royaume millénaire).
Au lieu de marcher selon l'Esprit sur les traces du Seigneur, dans la voie
du sacrifice, ils « marchent selon leurs propres convoitises [désirs] (tandis
que leur bouche prononce d'orgueilleux discours), et admirant les hommes
en vue de [leur propre] profit », ils cherchent à plaire aux hommes
parce qu'ils y voient leur propre intérêt ; ils sont loin de leur
alliance de consécration jusqu'à la mort (Jude 16). Pierre fait de cette
classe de personnes une description plus explicite encore. Il déclare
qu'elles « avaient échappé aux souillures du monde par la connaissance
du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, étant de nouveau enlacées, elles
sont vaincues par elles » comme « le chien est retourné à ce qu'il
avait vomi lui-même, et la truie lavée, à se vautrer au bourbier ». Il
les compare à Balaam abandonnant la voie de la droiture pour un gain
terrestre. Ses paroles impliquent qu'on trouvera cette classe
principalement parmi les docteurs de l'Église, et surtout à la fin de
l'Age actuel ; leur mauvaise conduite consistera en partie à « injurier
les dignités » — ceux que Dieu a honorés et « placés » dans le
corps. — 2 Pi. 2 : 1, 10.
Dans l'épître aux Hébreux, nous avons deux descriptions de cette classe
qui tombe, qui cesse de faire partie des élus. Dans la première (6 :
4-9), l'Apôtre semble désigner
ceux qui, après avoir goûté le don céleste et les puissances du siècle
à venir, après avoir eu part au saint Esprit et avoir été acceptés
comme membres de la classe élue, retombent dans le péché — non pas à
cause de la faiblesse inévitable de la chair et des séductions de
l'Adversaire, mais en
abandonnant volontairement et en connaissance de cause la droiture. Ceux-là,
l'Apôtre nous en donne
l'assurance, ne pourront être renouvelés à la repentance. Ayant eu leur
part des bienfaits provenant du grand sacrifice de la rançon et ayant
choisi de mépriser la faveur de Dieu, ils ont ainsi usé et abusé de
leur part dans la réconciliation ; en conséquence, il ne reste plus rien
pour eux. D'autre part, comme c'est de propos délibéré qu'ils ont pris
cette position, les appels de la droiture (« righteousness
») n'auront plus désormais aucun effet sur eux.
Dans un autre chapitre (10 : 26, 27, 31), l'Apôtre
décrit apparemment une autre classe de gens qui, au lieu de
retomber dans une vie de péché et de mauvaise réputation, abandonnent
la foi qui les justifiait et qui est indispensable à leur maintien comme
justifiés dans leurs rapports avec Dieu. Dans les deux cas, on remarquera
que c'est le fait de pécher volontairement qui constitue la gravité du
mal : « si nous péchons volontairement après avoir reçu la
connaissance de la vérité [après avoir été favorisés par Dieu en
Christ, en sagesse, justification et sanctification] il ne reste plus de
sacrifice pour les péchés ». Le
sacrifice que Christ a fait en faveur de tous le fut pour le péché
originel, pour le péché adamique et les faiblesses héréditaires qu'il
a entraînées pour nous, enfants d'Adam. Notre Seigneur n'a donné aucun
prix de rançon pour un péché volontaire quelconque de notre part ; par
conséquent, si nous péchons volontairement, il ne reste rien du mérite
originel à appliquer à cause de nos transgressions volontaires. Nous
serions obligés de payer le châtiment de nos péchés volontaires. Si
les péchés étaient prémédités, pleinement volontaires, sans
qu'aucune mesure de faiblesse ou de tentation ne pût accorder des
circonstances atténuantes, et s'ils étaient commis après avoir eu une
claire connaissance de notre position et de notre alliance avec Dieu, ce
seraient des péchés qui mènent à la mort (la Seconde Mort) ; il n'y
aurait plus rien à espérer, mais seulement la terrible attente d'un
jugement, d'une sentence, une ardente indignation qui dévorera tous les
adversaires de Dieu, tous ceux qui, sciemment, se sont opposés à lui, à
sa droiture et à son plan lequel assurait cette droiture par la rédemption
qui est en Christ Jésus notre Seigneur.
Au verset 29, l'Apôtre semble
impliquer qu'il se rapporte ici à ceux qui, après avoir compris l’œuvre
de réconciliation de Christ en tant que Rédempteur, défient cette
oeuvre estimant profane (ou ordinaire) son sang précieux qui garantit la
Nouvelle Alliance et méprisant ainsi l'Esprit
de grâce, la grâce de Dieu qui pourvut à cette réconciliation
et à cette communion avec notre Rédempteur dans son sacrifice et sa récompense.
Ceux qui méprisèrent Moïse et la Loi dont il était le médiateur,
moururent sans miséricorde, bien que la sentence de mort qui les frappait
ne fût pas destinée à être éternelle. Cependant, ceux qui méprisent
le Moise-antitype, et qui,
ainsi, méprisent le privilège de la communion au sang de Christ, méprisent
du même coup Dieu qui fit cet arrangement en leur faveur, seront estimés
dignes d'un châtiment plus sévère que celui qui frappa les violateurs
de l'Alliance de la Loi. Il sera plus sévère dans le sens que ce sera
une peine de mort de laquelle il n'y aura aucune rédemption,
aucune résurrection, aucune restauration ; ce sera la Seconde Mort. Il
n'est pas étonnant que l'Apôtre nous
avertisse, à ce sujet, que nous prenions garde à la manière dont nous
nous comportons à l'égard des dispositions de la grâce divine ; il nous
assure que si nous ne sommes plus protégés par le soin protecteur de
notre Avocat que Dieu a désigné — Jésus — cela reviendrait à rien
de moins que de tomber entre les mains du Père, le grand Juge qui ne peut
admettre aucun péché, accepter aucune excuse, dont la provision
abondante mais unique à la miséricorde envers des pécheurs est la rédemption
par Christ Jésus notre Seigneur.
LA
GRANDE MULTITUDE (*) [Ou Foule — Trad.]
Comme nous l'avons déclaré, en dehors de ceux qui, tombant de la
position des élus, vont dans la Seconde Mort, il existe encore une autre
classe portée à notre attention : ses membres n'affermissent pas leur
appel et leur élection, mais ils n'iront pas dans la Seconde Mort parce
qu'ils n'ont pas péché volontairement dans des cas graves, ni rejeté le
mérite du sang précieux. Cette classe, nous l'avons déjà mentionnée
comme étant la « Grande Multitude » qui sortira de la grande
tribulation ; ses membres laveront leurs robes et les blanchiront dans le
sang de l'Agneau ; cependant, s'ils obtiennent une nature spirituelle et
une grande bénédiction, en participant comme invités au banquet des
noces de l'Agneau, ils
manqueront néanmoins le grand prix qui doit revenir aux vrais élus
seulement, aux fidèles vainqueurs, à ceux qui suivront les pas de Jésus
avec joie et de tout leur cœur (Apoc.
7). Cette Grande Multitude ne réussit pas à maintenir sa place
dans les élus, elle ne réussit pas à faire partie des « élus mêmes
» à cause de son zèle
insuffisant pour le Seigneur, la Vérité et les frères, parce que les
membres de cette classe sont en partie « surchargés par les soucis de
cette vie ». Néanmoins, puisque leur cœur est loyal au Rédempteur et
qu'ils maintiennent leur foi dans le sang précieux, qu'ils y tiennent
ferme et ne le renient pas, en conséquence le Seigneur Jésus, notre
Avocat, le Chef de notre Salut qui conduit les vrais élus à la gloire
par la voie du sacrifice volontaire, conduira aussi ses membres de la
Grande Multitude à une bénédiction spirituelle — à la perfection sur
un plan inférieur d'être-esprit — parce qu'ils ont eu confiance en lui
et n'ont renié ni son nom, ni son œuvre.
Dans sa parabole de la Vigne, notre Seigneur fait allusion à l'Église élue,
la Nouvelle-Création ; il nous dit qu'il est la Vigne et que ses fidèles
disciples consacrés qui marchent sur ses traces en sont les sarments. Il
nous assure que le fait d'être des sarments ne signifiera pas qu'ils
seront exempts d'épreuves et de difficultés, mais qu'au contraire, le Père,
le grand Vigneron, fera en sorte que nous ayons des épreuves de foi, de
patience et de dévouement, que ces choses puissent nous tailler, de manière
que nos affections soient moins portées sur des choses, des espérances
et des ambitions terrestres ; il fera ainsi pour que nous puissions
produire plus de fruits de l'Esprit :
douceur, patience, amabilité, longanimité, affection fraternelle, amour,
et que ces choses puissent être en nous et qu'elles abondent de plus en
plus en sorte qu'une riche entrée puisse nous être accordée dans le
Royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, comme membres
de la Nouvelle-Création. — 2 Pi. 1 :11.
Cependant, notre Seigneur nous prévient que le fait d'obtenir une place
parmi les vrais sarments de la vraie vigne n'est pas suffisant : il faut
que l'Esprit de la Vigne soit
en nous, il faut que la disposition à porter le fruit de la Vigne soit
dans notre cœur. Le Vigneron nous permettra de demeurer comme sarments
pendant un temps raisonnable, afin qu'il puisse savoir si oui ou non nous
donnons la preuve que nous portons les fruits convenables ; sinon il nous
condamnera comme incapables. Nous sommes aussi avertis qu'il ne s'attendra
pas à trouver des grappes mûres sur le jeune sarment, ni même des
raisins verts. Il cherchera plutôt en premier lieu les faibles
indications des bourgeons à fruits, plus tard l'épanouissement de
ceux-ci en fleurs du raisin, plus tard le fruit vert, et plus tard encore
sa maturité savoureuse. Le
Vigneron montre une longue patience dans l'attente ou développement de ce
fruit de la Vigne « que la droite de mon Père a plantée »
(Ps. 80 : 15) ;
mais si, après un temps raisonnable, il ne trouve aucun fruit, il
retranche ce sarment comme un rejeton qui absorberait la force et la
nourriture de la Vigne pour son propre développement et non pour la
production du fruit désiré. C'est ainsi que notre Seigneur nous indique
clairement que nous devons affermir notre appel et notre élection en
produisant des fruits de sainteté dont la fin, ou récompense, est la vie
éternelle.
ÉLECTIONS
DIVERSES DANS LE PASSE
Notons quelques autres élections portées à notre attention dans les Écritures,
afin qu'ainsi notre entendement puisse être élargi et développé sur ce
sujet avant de considérer la forme d'élection particulière qui nous intéresse
au premier chef : celle de la Nouvelle-Création. Il nous faut distinguer
clairement entre les élections qui ont précédé le premier avènement
de notre Seigneur et l'élection de la Nouvelle-Création avec Christ
comme Tête, Chef, Guide, etc. De cette dernière classe, il est dit: «
Vous êtes appelés pour une seule espérance de votre appel » [Eph. 4 :
4], mais les élections des temps antérieurs servirent d'autres buts et
accomplirent divers desseins de Dieu. Abraham fut élu [ou choisi — Trad.]
pour être un type de l'Éternel
(Jéhovah), et sa femme Sara un type de l'Alliance
abrahamique par laquelle le Messie viendrait. La servante Hagar fut
élue pour être un type de l'Alliance
de la Loi, et son fils Ismaël un type des Israélites naturels [ou
selon la chair — Trad.]. Bien
que né le premier, Ismaël ne devait pas être un cohéritier d'Isaac, le
fils de la promesse. Isaac fut élu pour être un type de Christ, et sa
femme Rébecca un type de l'Église, l'Épouse,
la femme de l'Agneau, tandis qu'Eliézer, le serviteur d'Abraham,
fut élu pour être un type du saint Esprit dont la mission serait
d'inviter l'Église, de l'aider et finalement de l'amener avec les vierges,
ses compagnes, à Isaac.
Ces élections n'engageaient ni ne concernaient en aucun sens l'avenir éternel
d'aucune de ces personnes, mais dans la mesure où ces types élus
servirent à l'Éternel, ils
reçurent probablement certaines bénédictions en compensation dans la
vie présente. Dans la mesure où ils entrèrent dans l'esprit du plan
divin, encouragement et joie les récompensèrent pleinement pour tous
sacrifices et épreuves occasionnés par leur choix [ou élection — Trad.]
et leur service comme types. Raisonnant sur ce sujet même de l'élection,
et essayant de montrer que nulle injustice n'avait été faite à Israël
selon la chair du fait que Dieu s'est tourné vers les Nations [ou Gentils
— Trad.] pour trouver chez elles le nombre complémentaire des élus de
la Nouvelle-Création, l'Apôtre fait
ressortir que le Tout-Puissant a des faveurs à dispenser et qu'il lui
appartient exclusivement de décider à qui elles iront. Il montre que
Dieu donna à Israël selon la chair (ou Israël naturel) en tant que
nation, certains privilèges et faveurs, et à certains de leurs ancêtres,
en tant qu'individus, des privilèges et des faveurs en les employant
comme des types et en les bénissant en conséquence. Mais l'Apôtre
montre également que l'Éternel
n'était en aucun sens du mot obligé de continuer à accorder ses
bénédictions, à eux, de préférence à d'autres non moins dignes. Au
contraire, il était parfaitement juste que l'Éternel
cessât d'accorder ses faveurs à ceux qui ne voulaient pas s'en
servir, et de les attribuer à d'autres. —
Romains, chapitres 9 ;10 ; 11.
En outre, l'Apôtre voudrait
nous faire comprendre que l'Éternel
prévit quel serait le résultat de ses faveurs accordées à Israël
naturel : après avoir profité de ses bénédictions, ce peuple (sauf un
petit « reste » — Rom. 9 : 27-32) ne serait pas dans une condition
convenable pour recevoir la plus grande de toutes les bénédictions qu'il
avait à donner, celle du prix du « haut-appel » pour former la
Nouvelle-Création. Comme exemple, il attire l'attention sur les deux fils
d'Isaac et nous montre que Dieu prévit quelle serait la situation des
centaines d'années plus tard en opérant un choix arbitraire entre les
deux fils de Rébecca, Jacob et Ésaü. L'Éternel
fit deux types de ces
jumeaux, l'un pour représenter les fidèles, la Nouvelle-Création,
l'autre pour représenter Israël naturel, qui préférerait les choses de
la vie présente et vendrait ses privilèges célestes pour un plat de
lentilles — pour de bonnes choses terrestres. Dans le cas de Jacob et d'Ésaü,
l'élection de Jacob pour être un type de vainqueurs fut certainement une
bénédiction pour lui, bien qu'il lui en coûtât beaucoup, mais celle d'Ésaü
pour être un type de la classe de ceux qui ont l'esprit tourné vers les
choses naturelles qu'ils préfèrent aux choses célestes, ne fut
nullement à son désavantage. Cela ne signifiait en aucune façon qu'il
devrait aller dans le tourment éternel, ni qu'il devrait souffrir quoi
que ce soit dans la vie présente. Au contraire, il fut béni — de même
que les hommes du monde, aujourd'hui, les hommes naturels ont des bénédictions
d'un genre que l'Éternel a,
avec bienveillance, refusé aux Nouvelles-Créatures élues parce
qu'étant moins
favorables à leurs intérêts spirituels ; de même, il refusa certaines
des bénédictions terrestres à Jacob, afin que, dans ses déceptions,
etc., il pût être un type de cette classe ; néanmoins Jacob eut des
joies et des bénédictions qu'Ésaü
n'eut pas et qu'il n'aurait pas appréciées. De même, maintenant,
la Nouvelle-Création au sein des épreuves et des déceptions du temps
actuel, expérimente une paix, une joie et une bénédiction dont l'homme
naturel n'a pas conscience.
La déclaration : « J'ai aimé Jacob, et j'ai haï Ésaü » (Rom. 9 :
13) est pour beaucoup « une parole dure » parce que le mot « haï »
semble marquer un antagonisme qui serait injustifié (dans la mesure où
peut le discerner l'entendement humain) : Ésaü ne fit pas plus mal que
d'autres hommes et son penchant [pour les choses terrestres — Trad.] était
en lui dès sa naissance « avant qu'il n'ait fait ni bien ni mal ».
Le terme « haï » signifiait évidemment « aimer moins »,
comme c'est également le cas en Deut. 21 : 15-17. La pensée est que
Jacob fut favorisé de l'Éternel et
qu'Ésaü le fut moins, et
que tous deux, comme le montre l'Apôtre,
furent des types d'Israël naturel et spirituel. La faveur de Dieu
pour Israël naturel représenté par Ésaü fut moindre que sa faveur
pour Israël spirituel, dernier-né, représenté par Jacob. Avec cette
pensée, tout est harmonieux et logique.
«
JE T’AI FAIT SUBSISTER POUR CECI »
Comme preuve que l'Éternel a
toujours exercé l'autorité, la suzeraineté dans les affaires de
l'humanité avec pleine reconnaissance de son droit à le faire, l'Apôtre
cite le cas de Pharaon qui était roi d'Égypte au temps de la délivrance
d'Israël. Il cite les paroles de l'Éternel
rapportées par Moise (Exode 9 : 16) : « Mais je t'ai fait
subsister pour ceci, afin de te faire voir ma puissance, et pour que mon
nom soit publié dans toute la terre ». « Ainsi donc il fait miséricorde
à qui il veut, et il endurcit qui il veut ». — Rom. 9 : 17, 18.
Il y a quelque temps, le gouvernement français mit à part plusieurs
prisonniers que la justice avait condamnés à mort, et les remit entre
les mains d'hommes de science pour qu'ils puissent expérimenter ce que
peut faire la peur sur le genre humain. L'un fut placé dans une cellule
et on lui dit qu'un prisonnier y était mort la nuit précédente de la
petite vérole, que, probablement, il contracterait la même maladie et
mourrait avant le matin. La prédiction se réalisa, bien que la cellule
n'eût jamais été occupée par un malade atteint de petite vérole. Un
autre eut les yeux bandés et on lui passa un bras au travers d'une mince
cloison. On lui dit que, dans l'intérêt de la science, on allait le
saigner à mort afin de se rendre compte du temps qu'il faudrait pour
amener la mort d'un homme en le saignant par une petite blessure faite sur
une artère du bras. Il fut simplement égratigné et ne perdit que
quelques gouttes de sang, mais on s'arrangea de manière qu'un mince filet
d'eau, portée à la température du corps, lui coulât le long du bras et
qu'il entendît le liquide lui gouttant des doigts dans un récipient. Il
mourut au bout de quelques heures. Personne n'approuverait qu'un tel
traitement fût appliqué à des citoyens respectueux de la loi, mais
personne non plus ne pourrait raisonnablement trouver à redire à cette
manière de faire à l'égard d'hommes dont la vie était déjà condamnée
par la loi. C'est précisément ce qu'il en est du comportement de l'Éternel
à l'égard de la famille humaine : si l'homme avait continué à
obéir à Dieu, il n'aurait pas encouru la condamnation à mort, et dans
cette position il aurait eu certains droits sous la loi divine qu'il ne
possède pas maintenant. En tant que race, nous sommes tous convaincus de
péché et tous condamnés à mort (Rom. 5 :12), et il a plu à l'Éternel
de manifester sa puissance et sa sagesse à l'égard de certains de
ces condamnés d'une manière, et à l'égard d'autres condamnés d'une
autre manière, à son gré. Nous avons déjà remarqué le même principe
à propos des Amalécites, des Hittites et des Cananéens qu'Israël avait
reçu l'ordre de détruire, Israël typifiant les fidèles de l'Éternel
dans l'avenir, et leurs ennemis typifiant les pécheurs et ennemis
volontaires de la droiture dans l'Age
futur. Nous avons remarqué l'illustration du même principe dans
la destruction de Sodome et de Jéricho, dans les hécatombes, par des fléaux,
de milliers d'Israélites et
dans le frappement à mort d'Uzza pour
avoir simplement porté la main sur l'arche pour la retenir, violant ainsi
sa sainteté et le commandement de l'Éternel.
L'emploi par l'Éternel de
Pharaon et les diverses plaies sur les Égyptiens, y compris le massacre
des premiers-nés des hommes et des bêtes et finalement la destruction
complète des armées égyptiennes dans la Mer Rouge, entrent dans le
cadre de ces illustrations ; les Égyptiens, en effet, faisant partie du
genre humain, étaient des condamnés sous la sentence de mort ; ils
pouvaient donc, sans la moindre injustice, être traités comme tels pour
propager la dignité de Dieu et pour proclamer sa puissance par la délivrance
de son peuple-type, Israël. D'autre part, d'une manière semblable, Dieu
favorisa abondamment certains de ces condamnés — Abraham, Moïse et
d'autres — faisant d'eux des types de bonnes choses qu'il se proposait
d'accomplir complètement et effectivement dans le proche avenir, et ce,
sans libérer en aucun sens du terme Abraham, Moise, Pharaon ou d'autres
de leur part à la sentence de mort, mais en laissant ce travail qui doit
être accompli par la rédemption qui est en Christ Jésus notre Seigneur.
Après avoir discerné clairement le fait que Dieu a exercé une autorité
souveraine parmi ses créatures condamnées, qu'il a décidé que
certaines feraient telle expérience et que d'autres feraient telle autre
expérience, et que toutes ces choses n'étaient que des leçons
explicatives sur le sujet pour préparer comme le montre l'Apôtre,
la grande élection de la Nouvelle-Création durant cet Age de l'Évangile,
nous avons besoin de comprendre que, en aucun cas, Dieu n'a forcé
ou violé la volonté humaine dans l'une quelconque de ces élections.
Ceci nous convaincra que ce serait contraire au programme divin que de
forcer la volonté humaine. En choisissant Abraham, Isaac, Jacob et Moïse,
et d'autres, pour servir de types et d'illustrations, Dieu choisit des
hommes dont la mentalité était en accord général avec ses plans et ses
révélations ; toutefois, aucune force ne s'exerça pour les obliger de
quelque manière, s'ils avaient voulu agir autrement. De même, en
choisissant des hommes pour illustrer le côté opposé et les principes
opposés, tels que Ismaël, Ésaü, les Cananéens, les Sodomites, les Égyptiens,
l'Éternel employa aussi des hommes selon leurs tendances naturelles. Ce
que nous aimerions faire ressortir, c'est que Dieu ne força pas la volonté
d'Abraham, d'Isaac, de Jacob, de Moïse, etc., pas plus qu'il ne força
celle de ceux qui firent le mal, et illustrèrent certains mauvais
principes. L'Éternel agit simplement avec des classes particulières
selon leurs propres inclinations.
En disant de Pharaon que c'est dans ce but même qu'il l'avait suscité,
nous ne devons donc pas comprendre que Dieu entendait par là avoir formé
en Pharaon un caractère mauvais, qu'il l'avait
« suscité » dans le sens de l'obliger à être un mauvais
personnage. Nous devons comprendre que parmi les divers héritiers au trône
d'Égypte, suivant les
coutumes de ce peuple, Dieu fit en sorte que, par la mort de certains prétendants
de la famille royale, ce fût ce Pharaon particulier qui montât sur le trône
parce qu'il possédait un tel caractère obstiné que sa lutte contre Dieu
et contre Israël nécessiterait à juste titre les plaies que Dieu avait
préordonnées non seulement comme une marque de sa faveur envers Israël
et de fidélité aux promesses faites à Abraham, Isaac et Jacob, mais en
plus parce que ces plaies sur l'Égypte
étaient destinées dans une certaine mesure à préfigurer, à
illustrer les plaies par lesquelles le présent Age
de l'Évangile se
terminerait — les trois premières et « les sept dernières plaies ».
— Apoc. 15 :
1.
Cependant, ce qui embarrasse l'esprit de beaucoup de personnes, c'est le
trait particulier de cette illustration de Pharaon qu'on trouve dans la déclaration
suivante : « Dieu endurcit le cœur de Pharaon pour qu'il ne laissât pas
aller le peuple ». A première
vue, cela paraîtrait être en contradiction avec ce que nous venons juste
de dire, à savoir que Dieu ne porte pas atteinte à la volonté humaine.
Nous croyons, cependant, que cette contradiction apparente disparaît si
nous nous souvenons comment l'Éternel
endurcit le cœur de Pharaon, c'est-à-dire quelle façon d'agir de
la part de l'Éternel eut
pour effet de rendre Pharaon plus obstiné. Ce fut la bonté de
Dieu qui endurcit Pharaon, sa bonne volonté d'écouter sa prière pour
obtenir le secours et d'accepter sa promesse de laisser aller Israël,
autrement dit ce fut la miséricorde de Dieu. Si Dieu avait maintenu la
première plaie (ou premier châtiment) jusqu'à ce qu'Israël
fût libéré, cette seule plaie aurait été suffisante pour
accomplir la délivrance ; mais lorsque l'Éternel
délivrait le peuple et le pays d'une plaie, Pharaon en concluait
que tout était passé, et que peut-être il n'y aurait plus d'autre plaie
; et ainsi, petit à petit la miséricorde divine produisait en lui une
hostilité de plus en plus grande. Le sujet vu sous cet angle, la liberté
de volonté de Pharaon apparaît de toute évidence, et l'Éternel
est innocenté de toute coopération avec le mal. « Toute son
oeuvre est parfaite », même
si la bonté de Dieu qui devrait conduire les hommes à la repentance,
puisse parfois, à cause des conditions imparfaites actuelles, exercer une
influence opposée sur eux.
LE
CHOIX (*) [Ou l'élection — Trad. ] DE LA NATION D'ISRAËL
Tous les Chrétiens, familiarisés avec leur Bible, admettront aisément
que Dieu choisit Israël d'entre toutes les nations du monde pour être
son peuple et pour typifier Israël
selon l'esprit. Le prophète Amos (3 : 2) déclare fort à propos : « Je
vous ai connus, vous seuls, de toutes les familles de la terre ». Par la
bouche d'Ésaïe (45 :
4) l'Éternel dit à
Cyrus, le roi de Perse qui devait permettre à Israël de retourner de sa
captivité : « A cause de mon serviteur Jacob, et d'Israël, mon élu,
je t'ai appelé par ton nom ». Le fait qu'il nous soit possible de voir
dans cette déclaration une certaine application typique à Christ et à
la délivrance, hors de la Babylone mystique, d'Israël nominal selon
l'esprit, ne contrarie pas le fait qu'Israël-type
soit désigné ici comme l'« élu ». Dans ses arguments clairs et
puissants concernant le transfèrement de la faveur divine d'Israël
naturel à Israël spirituel (Rom. 9 : 11), l'Apôtre
montre distinctement que, pour un temps, la faveur divine fut
accordée à Israël naturel comme type du peuple élu de Dieu, bien que
l'Éternel eût su d'avance et prédit son rejet de la position de faveur
spéciale et son remplacement par un autre Israël selon l'esprit à cette
position représentée par Jacob.
L'Apôtre montre comment Israël,
en tant que nation favorisée ou élue de Dieu pour un temps, eut « un
grand avantage de toute manière » sur toutes les nations environnantes
du monde, qu'à lui appartenaient les promesses, qu'il formait les
branches de l'olivier, et que Dieu ne retranchait de sa faveur que celles
des branches naturelles qui n'étaient pas en accord avec la racine de la
promesse et avec le tronc, représenté typiquement par Abraham, Isaac et
Jacob. Il indique que ce qu'« Israël recherche, il ne l'a pas obtenu,
mais l'élection [les dignes — Jean 1 : 12, 13] l'a obtenu, et les
autres ont été aveuglés ». Bien qu'à l'origine, la nation tout entière
fût choisie pour recevoir les faveurs plus excellentes de Dieu, néanmoins
seuls les fidèles seraient dans la condition convenable de cœur
pour devenir des Israélites selon l'esprit lorsque viendrait le
temps de cette faveur. Ceux-là furent les élus mêmes de cette nation
qui, à la clôture de l'Age judaïque,
purent entrer dans la dispensation plus élevée, passant de la
maison des serviteurs à celles des fils ( Héb. 3 : 5 ; Jean 1 : 12).
L'Apôtre signale que nous,
qui par nature, étions des Gentils, « des gens du dehors, forains et étrangers
» aux alliances et aux promesses faites à Israël-type, avons maintenant
par la grâce de Dieu développé la foi et l'obéissance semblables à
celles d'Abraham ; nous sommes appelés à être au nombre des membres de l'épouse
de Christ, la vraie semence d'Abraham, prenant ainsi la place des branches
retranchées dans le plan originel de Dieu et dans les promesses qui s'y
rapportent, mais bien que ces branches retranchées aient été traitées
en ennemies pendant cet Age de l'Évangile, néanmoins « en ce qui
concerne l'élection, elles sont bien-aimées à cause des pères.
Car les dons de grâce et l'appel de Dieu sont sans repentir ». — Rom.
11: 28, 29.
Nous sommes ainsi informés que certains traits caractéristiques de l'élection
originelle s'attachent encore à Israël naturel, bien que, en tant que
peuple, il ait été rejeté de la principale faveur dans le plan divin,
celle de faire partie de l'Israël spirituel élu. Comme les promesses
faites à Abraham, à Isaac, à Jacob et aux prophètes doivent
s'accomplir et qu'ils deviendront les « princes » ou représentants du
Royaume spirituel par toute la terre durant l'Age
millénaire, nul doute que tout cela concourra grandement à
l'avantage de nombre d'Israélites naturels
qui sont actuellement dans une condition d'éloignement et de ténèbres.
Ils pourront et viendront plus
rapidement en accord avec leurs propres conducteurs du passé que le reste
du monde ; ainsi Israël, comme peuple, reprendra la place la plus
importante parmi les nations au commencement du Millénium.
« Car Dieu a renfermer tous [Juifs et nations — D], dans la
désobéissance, afin de faire miséricorde à tous ». — Rom. 11 : 32.
LA
NOUVELLE-CRÉATION ÉLUE
Nous arrivons maintenant à l'aspect le plus important de notre sujet, dotés
cependant d'une certaine connaissance touchant les élections du passé,
et de la compréhension que beaucoup d'entre elles typifiaient
ou préfiguraient cette grande oeuvre
de Dieu : l'élection de la Nouvelle-Création. Nous avons déjà
vu que cette élection n'implique pas que les non-élus seront lésés,
mais qu'au contraire cela implique la bénédiction des non-élus au temps
marqué. Nous pourrions ajouter, à ce propos, que ni la Justice ni
l'Amour ne pourraient objecter quoi que ce soit au fait qu'une faveur spéciale
soit accordée à certains et pas à d'autres, même si ceux qui sont
favorisés n'étaient pas destinés à être des canaux de bénédictions
pour les moins favorisés ou pour les défavorisés. Tel est le sens du
terme grâce ou faveur : il
implique qu'on fait quelque chose qui n'est pas spécialement réclamé ou
exigé par la Justice, et ces termes « grâce » et « faveur » sont
maintes fois employés dans les Écritures
à propos de cette classe élue de cet Age de l'Évangile.
« C'est par grâce que vous êtes sauvés » ; et d'autres passages
bibliques analogues nous font bien sentir que ce n'était pas une
obligation de la part du Tout-Puissant de relever un membre quelconque de
la race d'Adam de la sentence de mort, ni de donner à quiconque
l'occasion d'obtenir la vie éternelle grâce à une rédemption ; bien
plus, Dieu n'était nullement obligé d'offrir le haut-appel (de faire
partie de la Nouvelle-Création) à aucune de ses créatures. Tout cela
est faveur divine : « grâce sur grâce », ou faveur sur faveur ; et
quiconque n'a pas clairement cette pensée à l'esprit, n'appréciera
jamais d'une manière convenable ce qui est en train de s'accomplir.
L'Apôtre Pierre nous donne
l'assurance que nous, en tant que classe, fûmes « élus selon la
préconnaissance de Dieu le Père
». Cependant, sa déclaration
ne s'arrête pas là, mais continue ainsi : « en sainteté de l'esprit,
pour l'obéissance et l'aspersion du sang
de Jésus-Christ » (1 Pi. 1 : 2). Cela signifie que Dieu préconnut
la Nouvelle-Création comme classe, qu'il se détermina par avance
à en justifier les membres par la foi, grâce au sang de Christ ; qu'il
préconnut qu'il y en aurait
assez, pour compléter cette classe, avec ceux qui seraient obéissants et
atteindraient à la sanctification par la Vérité. Rien, dans aucun
passage biblique, n'implique une préconnaissance divine des individus
composant la classe élue, exception faite de la Tête (ou Chef — Trad.)
de l'Église. Il nous est dit que Dieu préconnut
Jésus comme son élu. Nous ne voulons pas dire que l'Éternel
est limité dans sa capacité d'identifier les individus qui
composeraient la classe élue, mais simplement que, quelle que soit sa
puissance sous ce rapport, il n'a pas déclaré qu'il avait l'intention de
l'exercer. Il détermina que Christ serait le Rédempteur du monde, et
qu'en récompense il serait élevé comme premier membre : Tête,
Seigneur, Chef de la NouvelIe-Création.
Il ordonna également qu'un certain nombre spécifique serait
choisi parmi les hommes pour être ses cohéritiers dans le Royaume —
participant avec lui à la Nouvelle-Création. Nous avons toute raison de
croire que le nombre défini, fixé des élus est celui qui est mentionné
plusieurs fois dans l'Apocalypse (7 :
4 ; 14 : 1), soit 144 000 « rachetés d'entre les hommes ».
Avant la fondation du monde, Dieu choisit ou prédétermina qu'il y aurait
une telle classe élue. Nous comprenons cela par analogie avec la décision
que, dans l'armée britannique, il y aurait un certain corps de soldats
qui formerait « La Garde personnelle du Roi »; il serait composé
d'hommes de forte stature et de mensurations spéciales, les divers détails
concernant la taille, le poids, etc., étant déterminés à l'avance, et
l'effectif de la troupe fixé d'une manière définitive, avant même la
naissance des membres actuels qui en font partie. De même que le décret
royal fixa ces conditions physiques à remplir et à combien d'hommes s'élèverait
l'effectif de cette troupe, ainsi le décret royal du Créateur fixa et
limita le nombre de ceux qui constitueraient la Nouvelle-Création de Dieu
; il ne définit pas leurs mensurations physiques, mais leurs qualités
morales et leurs conditions de cœur. De même qu'il ne fut pas nécessaire
de prédéterminer les noms de ceux qui formeraient « la garde royale »,
il ne fut pas nécessaire pour notre Créateur de prédéterminer les noms
des individus qu'il jugerait acceptables comme Nouvelles-Créatures en
Christ, dans les conditions et réserves prescrites.
Ce point est tout particulièrement porté à notre attention dans un
passage biblique qu'on rappelle et qu'on cite en général mais en partie
seulement : « Car ceux qu'il a préconnus, il les a aussi prédestinés
». Le peuple de l'Éternel ne
devrait pas se contenter de prendre une partie de la Parole divine et de
la séparer de son contexte immédiat. Si nous lisons le reste du passage
tel qu'il est écrit, le sujet tout entier apparaît clairement à notre
esprit : « Ceux qu'il a préconnus, il les a aussi prédestinés
à être conformes à l'image de son Fils [c'est-à-dire à être
des copies de son Fils], pour qu'il soit premier-né entre plusieurs frères
». — Rom. 8 : 29 (D).
En vérité, cette prédestination est différente de celle qui était généralement
comprise par ceux qui ont soutenu la doctrine de l'élection dans le passé.
Suivant leur conception et leur enseignement, on devrait comprendre le
passage ainsi : ceux qu'il a préconnus, il les a aussi prédestinés à
échapper au tourment éternel et à recevoir des bénédictions éternelles
dans la gloire. Comme cette opinion diffère de celle que présente l'Écriture
d'une manière raisonnable et convenable ! Dieu a prédestiné que
son Unique-engendré serait la Tête de cette Nouvelle-Création et a prédéterminé
longtemps avant d'appeler n'importe lequel d'entre nous, que personne ne
serait membre de la Nouvelle-Création s'il ne devenait une copie de son
Fils. Comme elle est belle, comme elle est raisonnable la doctrine
scripturale de l'élection ! Qui pourrait mettre en doute la Sagesse, la
Justice ou l'Amour d'une telle élection, avec des conditions telles que
celles du caractère qui doit ressembler à Jésus, et en vue d'une telle
oeuvre grandiose que Dieu a
projetée ? — afin d'être des cohéritiers de Christ pour bénir toutes
les familles de la terre.
«
APPELÉS SELON SON DESSEIN » — Rom. 8 : 28 - 30
Pour étudier ce sujet, nous ne pouvons mieux faire que de suivre avec
soin les paroles de l'Apôtre et son argumentation logique. Dans les
versets précédents (22, 23) il nous montre quel est le dessein de Dieu
en appelant la Nouvelle-Création : recevoir une grande bénédiction et
aussi en donner une à d'autres, savoir à la création gémissante qui
soupire et est en travail, attendant la manifestation de ces fils élus de
Dieu de la Nouvelle-Création (vs. 21, 22). L'Apôtre
continue ensuite en montrant que toutes choses concourent en faveur
de cette classe que Dieu appelle à la Nouvelle-Création, que tel est le
sens des déceptions actuelles, des épreuves, des vexations, des
oppositions du monde, de la chair et de l'Adversaire,
à savoir que ces expériences sont destinées à produire en nous
les fruits paisibles de la ,justice, le « poids éternel de gloire en
mesure surabondante » [2 Cor. 4 :17], à laquelle nous avons été appelés,
et à laquelle nous aspirons à juste titre. L'Apôtre
découvre avec nous les moyens providentiels de l'Éternel
à l'égard de ces appelés pour qui toutes choses concourent
favorablement. Nous ne devons penser à notre appel que par rapport à
notre Frère aîné et sous sa direction. Personne ne pourrait le précéder,
car ce n'est qu'en observant ses pas et en les suivant que nous pouvons
espérer devenir participants de sa gloire. D'après la prédestination
divine, ces frères de Christ doivent tous être des copies de leur Frère
aîné, s'ils veulent devenir des participants de la Nouvelle-Création.
Cela ne nous laisserait aucun espoir qu'un membre quelconque de la famille
humaine atteigne à cette gloire, si l'Éternel
ne nous montrait pas très clairement par ailleurs, les
dispositions qu'il a prises pour nous, grâce à la rédemption qui est en
Christ-Jésus notre Seigneur : ainsi, les faiblesses charnelles que nous héritons
et que nous ne pouvons maîtriser complètement, sont toutes couvertes par
le mérite du sacrifice du Rédempteur ; ainsi, l'Éternel peut nous
excuser de n'être pas de parfaites copies de son Fils dans la chair ; il
peut nous accepter selon sa prédestination, s'il nous trouve être de
telles copies de cœur, d'intention,
de volonté, c'est-à-dire si nous prouvons notre volonté en maîtrisant
la chair autant qu'il nous est possible de le faire ; notre Seigneur Jésus,
par sa « grâce qui nous suffit » couvre alors nos taches faites
involontairement.
Poursuivant la description de cette classe d'appelés, ainsi prédestinée,
l'Apôtre dit : « Et ceux
qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu'il a appelés,
il les a aussi justifiés ; et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi
glorifiés ». Ce passage est habituellement mal compris : des lecteurs
ont, en général, l'impression qu'ici l'Apôtre
retrace des expériences chrétiennes comme à l'ordinaire, telles
que nous les avons trouvées dans le chapitre précédent où nous considérions
comment Christ est fait pour nous sagesse, justification, sanctification
et délivrance. Or, ici, l'Apôtre prend
un point de vue opposé et commence par l'autre bout. Il envisage ici l'Église
finalement achevée comme l'élue de Dieu sous Christ sa Tête : l'Église,
les « élus mêmes » dans la gloire. Il retrace à rebours
le développement de l'Église, la Nouvelle-Création. Il montre que
personne n'atteindra la haute position des glorieux élus de Dieu sauf
ceux qui y sont appelés [acceptés — Édit.] par la grâce de Dieu, que
tous les appelés doivent avoir été au préalable justifiés, car
Dieu n'appelle ou n'invite que des croyants à courir pour ce grand prix.
Et ces justifiés doivent, auparavant, avoir été honorés [et non
« glorifiés » comme dans la version commune], honorés par Dieu qui
s'est fait connaître à eux et a fait connaître son cher Fils, le Chemin,
la Vérité et la Vie.
C'est un honneur plus grand que beaucoup ne l'ont supposé que d'avoir
entendu parler de la grâce de Dieu dans le temps présent. Comme le salut
est un don de Dieu qui doit être accordé au monde pendant l'Age
millénaire, c'est un honneur spécial que d'avoir connaissance de
la grâce de Dieu, et une occasion favorable d'être au temps présent réconcilié
avec lui, en avance sur le monde ; ayant été ainsi honorés, et ayant
ainsi la connaissance nécessaire à notre justification par la foi,
celle-ci devient la seconde étape, ainsi que nous l'avons vu, qui
conduit à la sanctification en accord avec l'appel ; et cela conduit
aussi, par la fidélité, à « la gloire qui sera révélée en nous »,
faisant de nous des membres des « élus mêmes » de la Nouvelle-Création.
«
SI DIEU EST POUR NOUS »
Suivons l'Apôtre dans l'examen qu'il fait de cette élection, et
paraphrasons ce qu'il en dit : « Ne voyons-nous pas, frères, que Dieu
poursuit l'exécution d'un grand plan merveilleux ? Ne voyons-nous pas que,
ayant décidé de choisir une certaine classe qui coopérerait à ce plan,
il nous fait la faveur de nous en révéler l'arrangement et les
conditions — nous justifiant et nous appelant de cet appel céleste ?
Cela veut dire que Dieu est pour nous : il désire que nous
fassions partie de cette classe élue ; il a pris toutes dispositions nécessaires
pour que nous puissions atteindre cette position. Éprouvons-nous parfois
que, bien que l'Éternel soit
pour nous, Satan, le péché, nos propres faiblesses héréditaires sont
tous contre nous, cherchant à nous prendre au piège et à nous faire trébucher
? Réfléchissons que, le Tout-Puissant étant de notre côté, aucune de
ces oppositions ne doit nous faire craindre ou trembler, car il est
puissamment capable de nous les faire traverser toutes. Regardons en arrière
et remarquons comment il nous a favorisés, alors que nous étions encore
des pécheurs, en prévoyant la rédemption qui est en Christ Jésus. Réfléchissons
que s'il a fait tout cela pour nous alors que nous étions des pécheurs,
il fera beaucoup plus pour nous, maintenant que nous sommes devenus ses
enfants, à présent que nous avons entendu sa voix, que nous avons accepté
son Fils, que nous nous confions en lui, avons été justifiés par son mérite,
maintenant que nous avons entendu l'appel à la nature divine, que nous
nous sommes consacrés, déposant notre faible tout sur l'autel. Sûrement,
Dieu veut nous favoriser et agir pour nous bien davantage, bien que nous
ne puissions penser comment il pourrait faire plus que ce que représente
le don de son Fils. Il nous est permis d'avoir l'assurance que celui qui
ne change pas nous aime encore, qu'il est toujours pour nous, et qu'il
usera de sa puissance pour faire concourir ensemble toutes choses à notre
bien-être spirituel le plus élevé, et afin que nous obtenions, en définitive,
une place dans la Nouvelle-Création si nous demeurons en lui dans la foi,
dans l'amour et avec un cœur soumis — quels que faibles et imparfaits
que puissent être nos meilleurs efforts pour maîtriser la chair. Soyons
assurés qu'en nous donnant son Fils et en nous ouvrant la voie pour
parvenir à saisir l'appel à la Nouvelle-Création, l'Éternel
a pourvu en Christ, à tout ce dont nous pouvons avoir besoin. En
lui, il a donné librement toutes choses.
Quelqu'un suggérerait-il que, peut-être, la Loi nous condamnerait malgré
Dieu ? Disons-nous que c'est Dieu qui nous a condamnés par sa Loi, et que
c'est le même Dieu qui, en tant que grand juge, nous a condamnés, c'est
lui-même qui, maintenant, a décrété notre justification. Il a déclaré
que nous sommes « justifiés gratuitement de toutes les choses dont la
Loi ne pouvait nous justifier », par sa grâce, par Christ Jésus notre
Seigneur. Cela étant, « qui intentera accusation contre des élus de
Dieu » [Rom. 8 : 33], qu'il
a ainsi favorisés ? Qui pourrait nous condamner pour des faiblesses ou
des manquements involontaires ? A ceux-là nous répondrions :
C'est Christ qui est mort, bien plus, qui est ressuscité, est monté
au ciel pour nous représenter et qui a appliqué en notre faveur une part
suffisante de son propre mérite pour couvrir toutes nos imperfections.
— Rom. 8 : 34.
Soutiendrait-on encore que quelque chose puisse intervenir pour nous séparer
de l'amour de Dieu ou de Christ et de son amour et de sa miséricorde ;
qu'ainsi nous puissions être
laissés à nous-même et que nous puissions faire naufrage quant à notre
foi et à notre avenir touchant la Nouvelle-Création ? Nous répondons :
au contraire, Christ a eu un grand amour pour nous, sinon il ne nous
aurait pas rachetés. Tout son comportement a manifesté son amour et nous
ne devons permettre quoi que ce soit qui nous sépare de cet amour. Que
viennent des tribulations, ne permettons seulement que ce soit pour nous
rapprocher du Seigneur comme le seul qui puisse nous secourir. Si la détresse,
ou la persécution, ou la famine, ou le dénuement devaient s'abattre sur
nous, devrions-nous par crainte de ces choses, cesser d'aimer le Seigneur,
renier son nom et sa cause, ne plus suivre ses traces et choisir plutôt
une ligne de conduite plus facile dans la vie ? Oh ! Non ! C'est par ces
expériences mêmes que nous devons être développés comme vainqueurs.
Comment pourrions-nous être désignés comme vainqueurs s'il n'y avait
rien à vaincre, si le chemin tout entier était uni et sans déclivité
difficile ? Nous avons reçu en dépôt les miséricordes et les bénédictions
de Dieu ; maintenant il nous met à l'épreuve pour voir à quel point
nous sommes dignes de demeurer dans son amour et dans ses faveurs. Il est
tout disposé à nous y voir demeurer; il a pris toutes dispositions nécessaires
; toutefois, il ne peut pas contraindre notre volonté. Je suis persuadé,
j'ai confiance que nous sommes déterminés à ce que rien ne nous sépare
de l'amour de Dieu manifesté en Christ — ni la crainte de la mort, ni
l'amour de la vie, ni aucune des autres créatures de Dieu n'interceptera
ni ne détournera de nous la faveur de Dieu — ni des anges, ni des
principautés, ni des puissances créés à ce jour ou qui restent à créer.
Dans toutes ces choses, nous sommes simplement plus-que-vainqueurs, nous
sommes adaptés comme des fils de Dieu sur le plan divin, par celui qui
nous a aimés.
«
AFFERMIR NOTRE VOCATION ET NOTRE ÉLECTION »
—
2 Pi. 1 : 10, 11 —
« C'est pourquoi, frères, étudiez-vous
d'autant plus à affermir votre vocation et votre élection car en faisant
ces choses vous ne faillirez jamais : [les choses spécifiées précédemment,
c'est-à-dire d'y apporter tout empressement, joignez à votre foi, la
vertu ; et à la vertu, la connaissance ; et à la connaissance, la tempérance
; et à la tempérance, la patience ; et à la patience, la piété ; et
à la piété, l'affection fraternelle
; et à l'affection fraternelle l'amour (la charité — Ost.) ;
car, si ces choses sont en vous et y abondent, elles font que nous ne
serons pas oisifs ni stériles] car ainsi l'entrée dans le royaume éternel
de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ vous sera richement donnée.
»
Dans cette élection, nous voyons que les étapes importantes
appartiennent à Dieu, savoir : (1) La prédétermination d'avoir une
telle Nouvelle-Création ; (2) L'invitation faite à certains de développer
le caractère nécessaire ; (3) L'arrangement des choses de manière que
les invités puissent être capables de parvenir à une condition
acceptable en accord avec l'appel.
D'autre part, d'importantes mesures doivent être prises par ceux qui
deviennent les élus : (1) Il appartient à ceux qui sont appelés, pour
qui toutes ces préparations et ces arrangements ont été faits,
d'accepter l'appel — de faire une pleine consécration. (2) Il faut
qu'ils deviennent si pénétrés de l'esprit de leur appel et qu'ils apprécient
à tel point leurs bénédictions qu'ils se conformeront avec zèle aux
conditions et aux limitations de cet appel.
Nous avons déjà vu que ces conditions et ces limitations sont, en bref,
de ressembler de cœur au cher Fils de Dieu ; cependant, en analysant
cette ressemblance d'une manière plus particulière, nous trouvons
qu'elle signifie, ainsi que l'indique ici l'Apôtre
Pierre, que nous devons porter les fruits de l'esprit de sainteté.
Dieu est saint, et les élus doivent avoir son esprit, sa disposition à
aimer la droiture et à s'opposer à l'iniquité. Dans le passage cité
plus haut, l'Apôtre expose
les divers éléments de ce saint esprit de Dieu, et appelle l'attention
sur le fait que nous ne parvenons pas à sa parfaite ressemblance (l'amour
parfait) au début de notre course, mais plutôt que c'est le but
ou le modèle qui indique la fin de la course. L'amour, comme terme général,
couvre tous ces éléments de caractère qui sont véritablement des
parties de l'amour. L'humilité, la douceur, la bonté fraternelle, la piété,
sont tous des éléments de l'amour.
Quelqu'un a suggéré qu'on pourrait définir ces fruits de l'esprit de
Dieu de la manière suivante, avec laquelle nous sommes totalement
d'accord :
(1)
La joie : L'amour triomphant.
(2)
La paix : L'amour paisible.
(3)
La longanimité : L'amour qui supporte.
(4)
La douceur : L'amour envers autrui.
(5)
La bonté : L'amour en actions.
(6)
La foi : L'amour sur le champ de bataille de la vie.
(7)
La patience : L'amour dans la résignation.
(8)
La tempérance (modération : L'amour dans le développement.
Lorsque nous avons pris le départ pour la course, résolus de le faire
parce que Dieu nous avait justifiés par sa grâce et nous avait invités
à courir cette course pour le prix du haut-appel de la Nouvelle-Création,
nous avons dit tout d'abord : nous mettrons de côté les fardeaux et les
obstacles des ambitions terrestres en consacrant notre volonté à l'Éternel
et nous prenons la résolution de ne faire qu'une chose, savoir :
rechercher et obtenir par la grâce de l'Éternel
les bénédictions auxquelles il nous a appelés. En même temps,
nous avons décidé de chasser, dans
la mesure de notre capacité, nos péchés qui nous environnent si
facilement, quels qu'ils puissent être (qu'ils soient ou non les mêmes
que ceux des autres engagés dans la course), et de courir fidèlement
dans cette course pour le grand prix.
L'entrée en course correspond à notre consécration. Ce fut le départ.
Nous nous sommes consacrés à l'Éternel
pour être dirigés par son esprit d'amour ; toutefois, nous nous
sommes rendu compte qu'en raison de la chute, nous manquions sérieusement
des éléments de caractère que le Père voudrait approuver. Pourtant,
nous courons et nous persévérons afin de parvenir, selon sa volonté, à
cette ressemblance au caractère de son Fils, ce qui est la condition de
notre communion avec lui. A cet égard, nous différons de notre Seigneur
car, lui, étant parfait, n'eut pas à gravir degré après degré le développement
de l'amour, Il fut rempli de l'esprit dès le commencement où déjà il
se trouvait au but ; son épreuve à lui consistait à déterminer si oui
ou non il se maintiendrait fidèle à ce but de l'amour parfait
pour Dieu et pour son peuple, et pour ses ennemis. En ce qui nous concerne,
nous avons besoin, nous, de courir, de lutter pour atteindre ce but.
Nous pourrions diviser cette course en quatre étapes, et dire que dans la
première, nous reconnaissons l'amour comme une exigence divine et
cherchons à l'obtenir, bien que nous ne soyons capables de le comprendre
que sous l'angle du devoir. Nous éprouvons envers Dieu un amour
devoir parce que, étant notre Créateur, il a le droit d'exiger que nous
lui obéissions, que nous lui soyons dévoués ; nous éprouvons également
un amour-devoir envers notre Seigneur Jésus parce qu'il nous a aimés, et
qu'alors en toute justice, nous devons l'aimer en retour; nous éprouvons
un amour-devoir envers nos semblables, parce que nous comprenons bien que
telle est la volonté de Dieu.
La seconde étape de la course nous amène un peu plus avant, un peu plus
près du « but », de sorte que ces choses que, tout d'abord, nous
cherchions à faire par amour-devoir, nous en arrivons
graduellement à les considérer avec appréciation et non plus simplement
comme un devoir. Désormais, nous voyons que les choses que Dieu nous
ordonne en fait de droit et de devoir sont de bonnes choses ; que
les principes les plus nobles dont nous avons une certaine conception
s'identifient avec la Justice, l'Amour et la Sagesse que l'Éternel
ordonne et présente devant nous, et qu'à partir de ce moment nous
avons commencé à apprécier. Nous avons commencé à aimer Dieu non pas
simplement parce que c'est notre devoir envers notre Créateur, mais en
outre et surtout, parce que nous l'avons vu lui-même en possession de ces
nobles éléments de caractère qui sont exigés de nous, qu'il est la
personnification de toute grâce et de toute bonté. Ceux qui parviennent
à cette seconde étape vers le but (l'amour) aiment l'Éternel,
non simplement parce qu'il nous aima le premier, et qu'il est de
notre devoir de l'aimer en retour, mais parce que maintenant les yeux de
notre entendement ont été suffisamment ouverts pour nous permettre de
discerner un peu de la glorieuse majesté de son caractère, un peu de la
longueur, de la largeur, de la hauteur et de la profondeur de la Justice,
de la Sagesse, de l'Amour et de la Puissance de notre Créateur.
Nous appellerons amour pour les frères la troisième étape de cette
course. Au début, nous avons éprouvé pour les frères un amour-devoir
comme pour le Père mais à un degré moindre, parce qu'ils avaient fait
moins pour nous. Nous les avons admis surtout parce que telle était la
volonté du Père. Mais lorsque nous en sommes arrivés à discerner les
principes de droiture et à apprécier le Père, à comprendre que le Père
lui-même nous aime, malgré nos fautes involontaires, nos cœurs commencèrent
à s'élargir et à s'agrandir à l'égard des frères. De plus en plus,
nous devînmes capables de ne plus voir leurs imperfections, défauts et
erreurs involontaires, lorsque nous pouvions discerner en eux des preuves
du désir de leur cœur de marcher sur les traces de Jésus et en accord
avec les principes du caractère divin. L'amour pour les frères devint
distinctement manifeste dans nos expériences. Hélas ! Beaucoup des chers
enfants de l'Éternel n'ont évidemment pas encore atteint cette troisième
étape de la course vers le prix de notre hautappel. Il y a grande nécessité
parmi nous de développer la bienveillance fraternelle, la longanimité,
la patience, que les Écritures enseignent avec persistance et qui se
trouvent nécessairement bien plus fréquemment mises à l'épreuve dans
nos rapports avec les frères que dans nos rapports avec le Père et avec
notre Seigneur. Nous pouvons nous rendre compte que le Père et le Fils
sont parfaits et qu'ils n'ont aucune imperfection ; nous pouvons discerner
qu'ils sont magnanimes à notre égard et que, personnellement, nous avons
pour eux des manquements; cependant, lorsque nous considérons les frères,
nous trouvons en l'un telle faiblesse, dans un autre telle autre faiblesse,
et la tentation est, hélas, trop fréquente, de dire à un frère : «
Laisse-moi retirer la paille de ton oeil », au lieu de nous rendre compte
que le fait d'avoir cette disposition à critiquer, à quereller, à
trouver les frères en faute, est une preuve que nous avons encore
personnellement affaire avec une grosse poutre d'impatience et de manque
d'amour. A mesure que nous approchons de cette troisième étape, nous
retirons graduellement la poutre de nos propres yeux ; nous voyons ainsi
nos propres tares et nous apprécions de plus en plus les richesses de la
grâce de notre Seigneur envers nous. Ceci influe sur notre cœur et
produit une plus grande mesure de l'esprit de douceur, de patience et
d'amabilité envers tous ; ceci nous permet aussi de ne pas voir ou de
couvrir une multitude de péchés, une multitude d'imperfections chez les
frères, aussi longtemps que nous discernons qu'ils sont certainement des
frères, qu'ils se confient dans le sang précieux et cherchent à courir
cette même course pour obtenir ce même prix.
La quatrième étape, l'étape finale de notre course est l'Amour parfait
envers Dieu, envers nos frères, envers tous les hommes ; c'est celle que
nous devons tous ardemment chercher à atteindre, et cela aussi rapidement
que possible. Il ne s'agit pas de lambiner aux étapes, mais de courir
avec patience, persévérance et énergie. Dans un sens, nous « ne devons
pas aimer le monde, ni les choses qui sont dans le monde », mais dans un
autre sens, nous devons aimer et « faire du bien à tous comme nous en
avons l'occasion, surtout à ceux de la maison de la foi » (Gal.
6 : 10) ; cet amour s'étend même à nos ennemis. Il n'annule ni
ne diminue notre amour pour le Père et les principes de son caractère,
ni notre amour pour les frères ; au contraire, il les intensifie au point
d'inclure dans l'amour de la bienveillance et de la sympathie, toute la
pauvre création gémissante qui souffre les douleurs de l'enfantement et
attend la manifestation des fils de Dieu. « Aimez vos ennemis, faites du
bien à ceux qui vous persécutent et vous haïssent », tel est le
commandement du Maître. Jusqu'à ce que nous ayons atteint ce degré,
d'amour (l'amour même de nos ennemis), nous ne devons pas penser un
instant que nous avons atteint le but que le Seigneur a placé devant nous
ses disciples. Ce n'est que lorsque nous aurons atteint cette position que
nous serons des copies du cher Fils de Dieu.
Il nous faut atteindre ce degré d'amour avant d'être estimés dignes
d'une place dans la Nouvelle-Création, et nous ne devons pas penser que
chacun des disciples du Seigneur n'atteindra ce but que juste au moment de
mourir. Bien au contraire. Nous devons espérer y parvenir aussi tôt que
possible dans notre expérience chrétienne et, alors, nous rappeler
les paroles de l'Apôtre :
« Après avoir tout surmonté, tenir ferme ! » (Eph.
6 : 13). Nous avons besoin d'être mis à l'épreuve dans
notre amour après que nous avons atteint le but, et là les efforts que
nous faisons pour nous y maintenir, pour conserver ce niveau dans notre
vie fortifieront notre caractère. En cela, spécialement, nos expériences
correspondront à celles de notre Seigneur ; en effet s'il n'eut pas
besoin de courir pour atteindre le but, il dut : lui aussi, étant au
but, combattre le bon combat de la foi afin de, ne pas en être détourné,
afin de ne pas être vaincu par les diverses attaques du monde et de
l'Adversaire. « Je cours
vers le but », dit l'Apôtre ; chacun de nous doit de même se maintenir
fermement au but lorsque nous l'avons atteint, et veiller à ce que dans
toutes les épreuves que le Seigneur permettra pour nous, nous soyons
estimés par lui comme vainqueurs, non par notre force personnelle, mais
dans celle de l'aide de notre Rédempteur.
Des attaques viendront contre nous pour nous détourner de l'amour parfait
envers le Père, pour que nous consentions à rendre moins que la plénitude
de l'hommage et de l'obéissance que nous lui devons. Des tentations nous
viendront aussi à l'égard de nos frères, pour nous suggérer de ne pas
permettre à l'amour pour les frères de couvrir une multitude de fautes,
et pour nous suggérer de nous fâcher avec ceux que nous avons appris à
aimer et à apprécier et avec les faiblesses de qui nous avons appris à
sympathiser. Des attaques viendront contre nous à propos de nos ennemis,
après que nous aurons appris à les aimer, nous suggérant qu'ils sont
des cas exceptionnels, et que notre magnanimité envers eux doit avoir ses
limites. Heureux sommes-nous si, dans ces tentations, nous tenons fermes,
nous attachant au but, nous efforçant de retenir cette position déjà
atteinte, combattant le bon combat de la foi, nous tenant avec fermeté à
la vie éternelle considérée comme nôtre par Jésus.
«
SACHANT, FRÈRES AIMES DE DIEU, VOTRE ÉLECTION »
« Nous savons frères bien-aimés de Dieu, que vous avez été élus,
notre Évangile ne vous ayant pas été prêché en paroles seulement,
mais avec puissance, avec l'Esprit saint, et avec une pleine persuasion.
» — 1 Thess. 1 : 4, 5. — Seg.
Nous avons montré ailleurs que ce qui constitue l'indication, la preuve
que nous sommes les enfants de Dieu, c'est notre engendrement du saint
Esprit, notre sceau, notre vivification (*) [Vol. V, chap. IX.].
Nous ne nous répéterons pas ici, mais nous attirerons simplement
l'attention, d'une manière générale, sur le fait que quiconque a part
à cette élection, en a diverses preuves par lesquelles non seulement
lui-même peut le discerner, mais avant peu « les frères » avec qui il
vient en contact le discernent aussi. Dans cette élection, il y a une
puissance aussi bien qu'un message. Ce message, ou appel, ou « parole »
de l'élection n'est pas seulement l'Évangile
ou la bonne nouvelle pour la classe élue, mais c'est plus que cela
pour elle : c'est la puissance de Dieu opérant en elle le vouloir et le
faire selon Son bon plaisir. Cette puissance apporte aux élus le saint
Esprit et beaucoup d'assurance, et eux à leur tour sont prêts à
proclamer à tout prix la Parole de l'Éternel.
Écrivant
aux Colossiens (3 : 12 - 14) au sujet de cette classe élue, l'Apôtre
déclare que ces élus devraient abandonner l'ancienne estimation
qu'ils avaient des choses et en adopter une nouvelle qui reconnaîtrait
les élus, non d'après leur nationalité ni d'après leur confession,
mais reconnaîtrait tous ceux en Christ, et eux seulement, comme étant la
Nouvelle-Création élue. Il
dit : « Revêtezvous donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés,
d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur, de
longanimité, vous supportant l'un l'autre et vous pardonnant les uns aux
autres, si l'un a un sujet de plainte contre un autre ; comme aussi le
Christ vous a pardonné, vous aussi [faites] de même. Et par-dessus
toutes ces choses, [revêtez-vous] de l'amour, qui est le lien de la
perfection » [Col. 3 : 12 à 14].
Parlant de l'Église élue dans son ensemble, notre Seigneur annonce que
diverses expériences et épreuves doivent lui survenir, et paraît
impliquer qu'elles seront plus intenses vers la fin de cet Age de l'Évangile
et permises à un tel point qu'elles séduiront tout le monde, à
l'exception des « élus mêmes ». — Matt. 24 : 24 (*) [ Voir vol. IV,
chap. 12. ].
Il y a là un encouragement: cela n'implique pas que les « élus mêmes
» auront une capacité mentale supérieure qui les rendra capables de
discerner les diverses subtilités de l'Adversaire
en ce mauvais jour, ni qu'ils auront acquis une telle perfection
dans la maîtrise de leur vase terrestre qu'ils ne pourraient se tromper ;
cela signifie plutôt qu'à ceux qui demeurent en Christ, il sera accordé
une grâce suffisante, une sagesse suffisante, une aide suffisante
au temps de leurs besoins. Quelle consolation pour tous ceux qui ont
cherché leur refuge dans l'espérance placée devant nous dans l'Évangile
! Quelle confiance cela nous donne de sentir que nous sommes ancrés
en dedans du voile, en Christ ! Une telle prédestination est fortifiante,
consolante comme le déclarait l'Apôtre
: « Selon qu'il nous a élus en lui avant la fondation du monde,
pour que nous fussions [à la fin] saints et irréprochables devant lui
en amour, nous ayant prédestinés pour nous adopter pour lui par Jésus-Christ,
selon le bon plaisir de sa volonté... pour l'administration de la plénitude
des temps, [savoir] de réunir en un toutes choses dans le Christ, les
choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre en lui,
en qui nous avons aussi été faits héritiers, ayant été prédestinés
selon le propos de celui qui opère toutes choses selon le conseil de sa
volonté, afin que nous [la Nouvelle-Création] soyons à la louange de sa
gloire, nous qui avons espéré à l'avance dans le Christ ». — Eph. 1 :
4-11.
«
C'EST PAR BEAUCOUP D'AFFLICTIONS
QU'IL
NOUS FAUT ENTRER
DANS
LE ROYAUME DE DIEU » [Actes 14 : 22]
La nécessité des efforts et de la victoire dans l'édification du caractère
que Dieu a fixé à l'appel des « élus mêmes » de la Nouvelle-Création,
n'est pas sans avoir de parallèles dans la nature. En voici une
illustration :
« On raconte qu'un homme qui désirait enrichir sa collection d'insectes
d'un [papillon] paon de nuit, eut la chance d'en obtenir un cocon qu'il
suspendit dans sa bibliothèque tout l'hiver. Au printemps il trouva le
papillon essayant de sortir du cocon. Le trou était si petit et le
papillon se débattait si désespérément, semblait-il contre la fibre résistante,
que le collectionneur agrandit le trou avec ses ciseaux. Eh bien ! le
superbe et gros papillon sortit, mais il ne put jamais voler. Par la suite
quelqu'un lui dit que les efforts de l'insecte étaient nécessaires pour
forcer l'introduction des sucs du corps dans les grandes ailes du
papillon. Lui épargner ces efforts était une bonté mal comprise.
L'effort était destiné au salut du papillon. La leçon à tirer est évidente.
Les luttes que les hommes doivent mener pour leur bien-être matériel, développent
leur caractère comme il ne pourrait l'être autrement. Il est bon aussi,
qu'on doive lutter pour obtenir l'enrichissement spirituel.»
Nous avons déjà indiqué (*) [Vol. 1, p. 105 (1re
édition fse du M.M.I.L.).] que les Écritures
enseignent, de la manière la plus explicite, la doctrine de la «
grâce libre » qui sera introduite d'une manière grandiose dès que les
élus auront été accomplis (« completed ») — glorifiés. Pendant le
Millénium, ils (la « Postérité d'Abraham ») béniront toutes les
familles de la terre en leur offrant les occasions favorables les plus
complètes pour qu'elles parviennent à obtenir des caractères parfaits,
un rétablissement complet et la vie éternelle.