LA
NOUVELLE CRÉATION
ÉTUDE
IX
«
LE JUGEMENT DE LA NOUVELLE-CRÉATION »
*
* *
L'Éternel, le Grand Juge de l'Univers.
— Toutes les bénédictions, toutes les faveurs, etc. proviennent
de l'Éternel, par le Fils. — La
Nouvelle-Création appelée à être associée avec Christ et à être sa
cohéritière. — « Toute autorité m'a été donnée dans le ciel et
sur la terre ». — Le
jugement du Père condamnant le genre humain est déjà exprimé. — Le
jugement, durant le Millénium, sera un jugement de miséricorde et
d'assistance. — Le jugement exécutoire sera juste, sans miséricorde.
— Le jugement de la Nouvelle-Création durant l'Age
de l'Évangile. — La
Nouvelle-Création jugée par la parfaite Loi d'Amour. — La surveillance
de la Tête glorieuse sur le Corps. — « Car du jugement dont vous
jugerez, vous serez jugés ». — Nous devrions nous juger équitablement.
— « Celui qui me juge, c'est le Seigneur ».
— Il y a certaines affaires que l'Église
devrait juger. — « Si ton frère a péché contre toi ». —
Pardonnez soixante dix fois sept fois. — Offenses contre l'Église.
— Il faut que nous comparaissions tous devant le tribunal de
Christ.
* *
*
Nous avons déjà vu (*) [Volume 1, Chap.
VII ] que le monde
entier des humains a été jugé indigne de la vie éternelle par le grand
Juge suprême, l'Éternel (**)
[La plupart de nos versions françaises protestantes rendent par l'Éternel
; la version catholique romaine Crampon : « Yahweh
» ; les versions anglaises « Jéhovah ».], lorsque Adam, son
procréateur, succomba dans l'épreuve. « Par un seul homme le péché
est entré dans le monde, et par le péché, la mort [le châtiment, ou la
sentence], et qu'ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous
ont péché » (Rom. 5 : 12). L'échec d'Adam et la sentence de mort ont
scellé la même sentence sur tous ses enfants. La chute, son
imperfection, son péché, se sont propagés à sa postérité d'une manière
naturelle, et avec une force croissante. Nous avons déjà vu que cette
sentence fut, de toutes manières, juste et par conséquent irrévocable :
le Grand Juge de l'Univers, ayant
avec justice établi que l'homme était indigne de la vie éternelle, ne
pouvait annuler sa propre sentence, déclarer bien ce qui était mal et
l'indigne, digne de la vie éternelle. Mais nous avons vu, aussi, qu'il
eut de la compassion pour nous, et que dans son bienveillant plan, conçu
avant la fondation du monde, il envisagea et prit des dispositions pour la
rédemption de la race entière (*) [Volume 5. ], en vue d'accorder une
autre épreuve, ou jugement, à tous ses membres. Il prévit également
que Son Fils Bien-Aimé, dont l’œuvre rédemptrice rendit la réconciliation
possible, devrait être le Médiateur de ce nouvel arrangement pour bénir
et relever notre race. Nous avons vu aussi que la période de ce jugement
et de ce relèvement des obéissants est l'Age
millénaire, mis à part comme Jour de Jugement du monde, ou jour
d'épreuve, qui doit donner à chacun une occasion favorable, non
seulement pour arriver à connaître l'Éternel
et à être en harmonie avec lui, mais en plus, pour prouver par sa
loyauté et son obéissance, qu'il est digne de la vie éternelle. Nous
avons les paroles de l'Apôtre à
cet effet ; « Dieu a établi un jour auquel il doit juger en justice la
terre habitée, par l'homme qu'il a destiné [à cela] (**) [ Volume 1,
Chap. VIII. ]. — Actes 17 :
31.
Il est incontestable que l'Éternel
[Jéhovah] lui-même est le Juge suprême, et sa Loi le modèle
suprême, selon lequel toutes les décisions doivent être prises
concernant la vie éternelle. Ainsi l'Apôtre
fait allusion à « Dieu », qui est le « Juge de tous » et
indique qu'il est question du Père en se référant dans la même phrase
à Jésus comme Médiateur (Héb. 12
: 23, 24). Il dit encore « Le Seigneur jugera son peuple » et « A moi
la vengeance ; moi, je rendrai, dit le Seigneur » (Rom. 12 : 19 ; Héb.
10 : 30). Dans ces citations tirées de l'Ancien Testament (Ps. 50
: 4 ; Deut. 32 : 35,36), « Le Seigneur » désigne l'Éternel. L'Apôtre
dit aussi : « Dieu jugera par Jésus-Christ les secrets des hommes
[« du monde »] (Rom. 2 : 16 ; 3 : 6). L'Éternel
fut le premier Législateur et Juge, et il conservera à jamais
cette position par rapport à toutes ses créatures. Il ne donnera pas sa
gloire à un autre (Esaïe 42 : 8). De la même façon il nous montre dans
les Écritures qu'il est le Berger de son peuple. « L'Éternel
est mon Berger ; je ne manquerai de rien » (Ps. 23 : 1). Il se désigne
encore comme le Rédempteur de son peuple : « Et toute chair saura que je
suis l'Éternel, ton Sauveur
et ton Rédempteur » (Esaïe 49 : 26). Au sens le plus élevé du mot, l'Éternel
Lui-même est le centre du plan du salut tout entier et de chacun
de ses traits ; toute autre vue de la question est incomplète.
Cependant, comme il a plu au Père de créer toutes choses par le Fils
(Jean 1 : 1), ainsi, en toutes choses, il lui a plu d'exalter notre
Seigneur Jésus comme son instrument honoré. De ce point de vue, nous
voyons que toute bénédiction, toute autorité, toutes faveurs, procèdent
du Père et par le Fils, et que la Nouvelle-Création, associée au Fils,
est faite ministre et héritière de la grâce de Dieu.
C'est dans un sens aussi complet que le Père céleste « se repose de ses
oeuvres » et qu'il emploie
le Fils comme son agent honoré, de sorte que notre Rédempteur put dire :
« le Père ne juge personne, mais il a donné tout le jugement au Fils »
(Jean 5 : 22). Notre Seigneur prononça ces paroles avant d'avoir achevé
au Calvaire le travail que le Père lui avait donné à faire, mais il en
parlait comme si cette oeuvre était déjà terminée ; nous avons déjà
vu, en effet, que sa mise à l'épreuve personnelle concernant son
aptitude pour accomplir l’œuvre que le Père avait assignée, devait être
déterminée par sa fidélité jusqu'à la mort même. Ainsi, non
seulement a-t-il démontré
qu'il était digne d'être un Souverain Sacrificateur fidèle et miséricordieux,
mais par son propre sang, il garantit une Nouvelle Alliance en faveur de
l'humanité, ouvrit le nouveau chemin de vie et obtint « les clefs de la
mort et du sépulcre », le
droit de dire aux captifs de la grande prison de la mort, « Sortez ! »
et le droit de bénir et de relever tous ceux qui entendront Sa
voix et y obéiront. A proprement parler, ce fut au moment de la résurrection
de notre Seigneur que le Père remit son jugement au Fils et c'est
alors qu'il déclara : « toute autorité m'a été donnée dans le ciel
et sur la terre » (Matt. 28 : 18) ; il exerça pour la première fois
cette autorité lorsqu'il chargea ses apôtres de commencer, en qualité
de représentants, le travail de rassemblement des membres de la classe de
l'Épouse, l'Église,
l'Ecclésia, ses
frères de la Nouvelle-Création.
Le jugement des hommes par le Père avait déjà été exprimé ;
il les condamnait tous. Tout autre jugement de sa part, sous les lois de
la droiture absolue, ne pourrait apporter aucun profit particulier à l'un
quelconque des membres de la race condamnée, tous ayant « péché et étant
privés de la gloire de Dieu ». « Il n'y a point de juste, pas même un
seul », et le modèle divin
n'accepte rien qui ne soit absolument droit, la perfection. L'arrangement
divin prévoyait donc que notre Seigneur Jésus serait le Médiateur,
l'intermédiaire, celui qui satisferait la justice et représenterait la
race déchue, et celui que la justice du Père considérerait comme le
représentant de l'homme et qui serait le responsable de la race. Jésus
occupera cette position de Médiateur entre Dieu et les hommes jusqu'à ce
qu'il ait pleinement accompli l’œuvre projetée, jusqu'à ce qu'il ait
ramené en pleine harmonie avec Dieu toute créature qui, étant amenée
à connaître son Créateur et ses justes lois, désirera être et agir en
complète harmonie avec elles. Bien plus, ce « tout jugement »
comprendra l'exécution de ses arrêts, car il ne récompensera pas les obéissants
seulement, mais il « détruira ceux qui corrompent la terre », il détruira
les pécheurs volontaires, tous ceux du milieu du peuple qui ne voudront
pas écouter sa voix, son commandement, ses instructions ; il détruira
son péché et toute insubordination, y compris même le dernier ennemi
— la mort. — 1 Cor. 15 : 25-28 ; Apoc. 11 : 18 ; 2 Thess. 2 : 8 ;
Héb. 2 :14.
Ce jugement se fera en partie pendant le Millénium par le Médiateur qui
sera indulgent pour les imperfections de l'humanité, et punira et récompensera
dans le but de corriger, et en partie à la fin du Millénium, par le
vicaire ou représentant de l'Éternel
qui accordera les récompenses éternelles de la vie éternelle à
ceux qui en seront trouvés dignes, et la destruction éternelle à ceux
qui seront trouvés indignes. Ce dernier jugement exécutoire se fera
selon la justice sans miséricorde — les emplois et desseins convenables
de la miséricorde ayant été accomplis par son règne millénaire, dans
lequel la miséricorde et l'assistance seront étendues à chaque membre
de la race par son Rédempteur. Le corps de Christ (l'Église)
lui sera associé dans tous les divers aspects de la bénédiction,
du jugement, du gouvernement, de la correction, etc., de l'Age
millénaire de compassion et d'assistance, et aussi peut-être pour
prononcer et infliger les récompenses et les punitions finales.
Avant de procéder à l'examen particulier du jugement ou épreuve
de la Nouvelle-Création pendant l'Age
de l'Évangile, avant
le Royaume millénaire, nous devrions graver profondément dans notre
esprit le fait que toutes ces procédures, tous ces jugements, etc.
sont du Père, bien que par le Fils et par l'Église
; de même aussi, nous lisons au sujet de la résurrection des
morts, que Dieu ressuscita des morts et par sa propre puissance notre
Seigneur Jésus, et qu'il nous ressuscitera également, déclarations que
nous comprenons être en plein accord avec celle de notre Seigneur que «
Je le ressusciterai au dernier jour ».
« Je reviendrai et vous prendrai avec moi ». « Je suis la résurrection
et la vie ». — 1 Cor. 6 :
14 ; Jean 6 : 39 ; 14 : 3 ; 11 : 25.
Il faut que le jugement ou épreuve de la Nouvelle-Création ait
lieu pendant le présent Age de l'Évangile,
avant que le Millénium soit complètement introduit, car c'est la
Nouvelle-Création, Tête et Corps, qui doit effectuer le travail de l'Age
millénaire. C'est en accord avec cela que le Seigneur déclare que
nous « ne viendrons pas en jugement [krisis, jugement avec le
monde — n'aurons pas part au jugement ou épreuve du monde pendant le
jour millénaire] mais nous sommes [déjà] passés de la mort à la vie
[en avance sur le monde] », justifiés par la foi et l'obéissance comme
membres de son corps (Jean 5 :24). Ainsi donc, pour chacun des consacrés,
le temps actuel, la vie présente est son jour de jugement (son jour d'épreuve,
son jour de mise à l'épreuve) afin de déterminer si, oui ou non, il
sera estimé digne de la vie dans les conditions de son appel et de sa
consécration. Les paroles de l'Apôtre
s'accordent avec cela : « Car le temps [est venu] de commencer le
jugement [krima, décision finale] par la maison de Dieu »
(1 Pi. 4 : 17). Comme le suggère l'Apôtre,
cela donne aux membres de la Nouvelle-Création,
une idée sublime des exigences
divines, des conditions pour obtenir la vie éternelle,
lorsqu'ils considèrent que ceux qui ont abandonné le péché et
ont eu à cœur de connaître et de faire la volonté divine, auront
besoin de traverser un temps d'épreuve pour être affinés et pour
perfectionner leur caractère tel que l'Éternel
puisse l'approuver.
QUI
EST LE JUGE DE LA NOUVELLE-CRÉATION ?
ET
QUELLE EST LA LOI (OU LE MODÈLE,)
PAR
LAQUELLE ELLE EST JUGÉE ?
Nous répondons que nous sommes jugés par la loi parfaite d'Amour de
notre Père céleste, que nous fûmes justifiés par lui (« c'est Dieu
qui justifie »), que nos vœux de consécration lui furent offerts et que
la Nouvelle-Création toute entière, la Tête (Chef) aussi bien que les
membres sont justiciables du Père, du « Dieu, Juge de tous ».
Pourtant, cela ne change ni ne contrarie ce que nous avons déjà
vu concernant les méthodes que le Père emploie pour traiter avec nous.
Quand il traite avec nous et qu'il nous permet de nous approcher du trône
de sa grâce céleste, c'est parce qu'il nous a rendus acceptables dans le
Bien-Aimé, dans notre Seigneur et Chef (Tête) grâce à sa robe de
justice sous laquelle seulement nous pouvons approcher du Père ou obtenir
sa faveur. Néanmoins, tout pouvoir, toute autorité, appartiennent au
Fils comme l'agent et le représentant du Père, et c'est pourquoi nous
voyons que bien que traitant directement avec le Père, il ne nous accorde
audience que par notre Avocat, de la même manière que, dans un tribunal
terrestre, un avoué représente son client. Pendant l'Age
millénaire, le monde n'aura pas accès au Père, ni ne traitera
directement avec lui par un Avocat, mais, au contraire, il traitera
directement avec le Christ, jusqu'à la fin de cet Age, jusqu'à ce que
ceux qui auront atteint la perfection soient présentés au Père.
Les membres de la Nouvelle-Création
sont tous engendrés du Père ; ils sont ses enfants et non ceux de
Christ, et c'est le Père qui châtie tout fils qu'il agrée. C'est également
au trône de grâce du Père que nous sommes spécialement invités à
prier : c'est cette voie qui a été ouverte par Jésus, notre Rédempteur.
Et cependant, les paroles de notre Rédempteur sont vraies dans le sens le
plus absolu : « Nul ne vient au Père que par moi ». Les relations du
Seigneur Jésus avec l'Église
sont celles de la Tête avec le Corps ; la Tête prend connaissance
de tous les intérêts du Corps, juge ou décide au mieux de ces intérêts,
dirige la conduite du Corps, prévient ses difficultés, soulage, apporte
l'aide générale et le réconfort, le soutien et la force à chaque
membre, se servant fréquemment d'autres membres du Corps comme ministres
ou serviteurs. Cependant, puisque chaque trait de cette oeuvre est
accompli au nom du Père et sous la direction du Père, on peut considérer
à juste titre que cette oeuvre est du Père et par le Fils. — 1 Cor. 8
: 6.
C'est en accord avec cela que nous lisons aussi : « Si vous invoquez
comme Père celui qui, sans acception de personnes, juge, etc. » et
encore : « Mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui
ne porte pas de fruit, il le retranche, et tout sarment qui porte du
fruit, il l'émonde, afin qu'il porte encore plus de fruit » (1 Pi. 1 :
17 ; Jean 15 : 1, 2 Seg.) Néanmoins, d'après le même Apôtre, il est évident
que la médiation [« la position d'Avocat ». — Édit.] de notre Christ
(Tête) est pleinement reconnue, et que ces disciplines, cet émondage,
etc., sont accomplis en nous et envers nous par lui, en tant que représentant
du Père : « C'est une chose terrible que de tomber entre les mains du
Dieu vivant ». Ainsi nous
enseigne-t-il que nous ne
sommes pas directement entre les mains du Dieu vivant, ni directement sous
le ministère de sa loi inflexible. Nous sommes en Christ Jésus,
couverts par son mérite. Dieu traite avec nous, par lui, notre Chef (Tête)
et Maître sous les dispositions miséricordieuses de l'Alliance
abrahamique, rendue efficace pour nous, par son sang.
LA
SURVEILLANCE DE LA TÊTE (CHEF) GLORIEUSE
SUR LE CORPS
Nous ne pourrions pas douter de l'amour et des soins de notre glorieux
Chef (Tête) pour son Église (son « Corps », son « Épouse »),
même si nous n'avions aucune déclaration explicite à ce sujet.
Cependant, dans son dernier message à ses fidèles, il montre d'une manière
très particulière que c'est lui qui s'assied pour affiner et purifier
les Lévites-antitypes, y compris la Sacrificature royale. Écoutez ses
paroles aux sept églises de l'Asie Mineure qui représentent les sept époques
de l'histoire de la seule Église :
« Souviens-toi donc d'où tu es tombé, repens-toi, sinon je viendrai
à toi et j'ôterai ton chandelier ». « Sois fidèle jusqu'à la
mort et je te donnerai la couronne de vie ».
« J'ai quelque chose contre toi, ... repens-toi donc, sinon
je viendrai à toi bientôt, et je les combattrai avec l'épée de
ma bouche ». « A celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée
». « Ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Jézabel...
Je lui ai donné du temps afin qu'elle se repentît... Je vais
la jeter... grande tribulation... Je ferai mourir de mort
ses enfants ; et toutes les églises connaîtront que je suis celui qui
sonde les reins et les cœurs, et
je vous rendrai à chacun selon vos oeuvres... A celui qui vaincra, et
qui gardera jusqu'à la fin mes oeuvres, je donnerai autorité sur
les nations ». « Je n'ai pas trouvé tes oeuvres parfaites devant mon
Dieu... Celui qui vaincra... Je n'effacerai point son nom du livre
de vie ». « Voilà ce que dit... Celui qui a la clef de David, celui qui
ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n'ouvrira ».
« Voici, je les ferai venir [de la synagogue de Satan], se
prosterner à tes pieds, et connaître que je t'ai aimé. Parce que tu as
gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi
de l'heure de la tentation qui va venir sur le monde ». « Celui qui
vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu ».
« Parce que, tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te
vomirai de ma bouche ». « Je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé
par le feu, afin que tu deviennes riche »... « Moi, je reprends
et je châtie tous ceux que j'aime. Aie donc du zèle, et
repens-toi ». — Apoc.
2 et 3.
Nous rappelons aussi les paraboles de notre Seigneur sur les Mines et les
Talents ; dans toutes les deux, il montre qu'à son retour il récompensera
ses fidèles, « ceux qui, en persévérant dans les bonnes oeuvres,
cherchent la gloire et l'honneur et l'immortalité [il leur donnera] la
vie éternelle » ; aux autres, la
colère au jour de la colère. Les paroles montrent clairement la
distribution de ces récompenses à ses serviteurs selon leur degré de
fidélité, faite par un « homme noble » [Seg. « un homme de haute
naissance » — Trad.] après
qu'il eut été investi de son autorité royale, et ensuite comment il
traite ses ennemis. Et pourtant, l'Apôtre
attribue au Père le fait de récompenser et celui de châtier. On
en trouve l'explication dans les paroles de notre Seigneur : « Moi et le
Père nous sommes un » [Jean 10 : 30] : nous agissons à l'unisson en
toutes choses.
«
NE JUGEZ PAS,
AFIN
QUE VOUS NE SOYEZ PAS JUGES :
CAR,
DU JUGEMENT DONT VOUS JUGEREZ,
VOUS
SEREZ JUGES »
(Matt.
7 : 1, 2 — D)
Les juges compétents de l'Église sont
le Père et le Fils, ce dernier étant le représentant du Père qui lui a
remis tout jugement (Jean 5 : 22,27). Les Nouvelles-Créatures ne sont pas
compétentes pour se juger les unes les autres, pour deux raisons :
(1) Peu d'entre elles saisissent et apprécient pleinement la Loi
divine d'Amour qui gouverne tout.
(2) De toute évidence, peu d'entre elles peuvent lire dans leur propre cœur
sans se tromper ; beaucoup se jugent, ou bien avec trop de sévérité, ou
bien avec trop d'indulgence, et par conséquent, devraient en toute
modestie, refuser de juger le cœur d'un autre dont on peut être loin
d'apprécier les mobiles. C'est à cause de notre incompétence à juger
que, tout en nous assurant que cela sera l'une de nos fonctions futures
dans le Royaume, après avoir été qualifiés pour avoir part à la Première
Résurrection, le Seigneur interdit tout jugement privé parmi ses
disciples maintenant ; il les menace même que s'ils persistent à se
juger les uns les autres, il faut qu'ils s'attendent à ne pas obtenir,
pour eux-mêmes, plus de miséricorde et de bienveillance qu'ils n'en
montrent aux autres (Matt. 7
: 2 ; Luc 6 : 38). La même pensée est confirmée dans cet exemple
de prière qui nous est donnée : « Pardonne-nous nos offenses comme
nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » — Matt. 6 : 12.
Il ne s'agit pas là d'une loi arbitraire par laquelle le Seigneur veut
agir injustement et sans générosité avec nous, si nous agissons ainsi
avec d'autres : au contraire, il s'agit d'un bon principe. Nous sommes «
par nature des enfants de colère », des vases préparés pour la
destruction », et bien que le Seigneur se propose dans sa miséricorde de
nous bénir et de nous relever de nos péchés, de nos faiblesses et de
nous rendre parfaits par notre Rédempteur, il ne le fera qu'à la seule
condition que nous acceptions sa Loi d’Amour et que nous y conformions
notre cœur. Il ne se propose pas d'accepter des non-régénérés et
d'avoir des « enfants de colère » dans sa famille. Pour être digne de
trouver une place quelconque dans la maison du Père aux nombreuses
demeures [plans d'existence] (Jean 14 : 2), il faut que tous cessent d'être
des enfants de colère et deviennent des enfants d'Amour : qu'ils soient
changés de gloire en gloire par l'Esprit
de notre Seigneur, l'esprit d'Amour. Par conséquent, quiconque
refuse de développer l'esprit d'Amour, mais, au contraire, s'obstine à
juger sans charité d'autres disciples, prouve qu'il ne croît pas en
connaissance et en grâce, qu'il n'est pas changé de gloire en gloire
dans la ressemblance du cœur au Seigneur, qu'il n'est pas un vrai
disciple du Seigneur, et qu'il n'obtiendra donc pas de miséricorde
au delà de ce que lui-même en manifeste convenablement en copiant
son Seigneur. Le degré de sa ressemblance au Seigneur (en amour) sera démontré
par la miséricorde, et la générosité de pensée, de parole et d'action
envers ses compagnons.
Ah ! si tous les engendrés de l'esprit, les « Nouvelles-Créatures »
pouvaient se rendre compte que cet esprit de jugement (de condamnation), hélas
! si répandu (en vérité, il est presque le péché mignon » du peuple
du Seigneur) mesure leur manque d'esprit d'Amour — leur manque de
l'Esprit de Christ — lequel, s'il était totalement absent, prouverait
que « nous ne lui appartenons pas » (Rom. 8 : 9). Nous sommes persuadé
que plus vite on se rend compte de ce fait, et plus vite on progressera
dans la grande transformation « de gloire en gloire », si essentielle à
notre acceptation définitive comme membres de la Nouvelle-Création.
Pourtant, peu de membres du peuple de l'Éternel
se rendent compte à quel point ils jugent les autres, et cela avec
une sévérité telle que si elle leur était appliquée par le Seigneur,
elle leur interdirait sûrement l'entrée du Royaume. Nous aurions pu
craindre que, sous la promesse libérale de notre Seigneur, que nous
serons jugés avec autant d'indulgence que nous jugeons les autres, la
tendance serait d'être trop indulgents, trop miséricordieux et que le «
ne pense pas de mal » pourrait nous pousser à l'extrême. Mais non !
Toutes les forces de notre nature déchue tendent fermement vers la
direction opposée. Il y a plus de dix-huit siècles que notre Seigneur
fit cette généreuse proposition de nous juger avec autant d'indulgence
que nous en manifestions en jugeant les autres, et cependant, combien peu
de personnes pourraient revendiquer une grande mesure de miséricorde en
vertu de cette promesse ! Il sera profitable pour nous que nous examinions
le penchant que nous avons de juger les autres. Faisons-le dans la prière.
L'esprit (« mind ») déchu ou charnel est égoïste, et dans la
proportion où il est pour soi, il est contre les autres : disposé
à approuver ou à excuser le moi et à désapprouver et à
condamner les autres. Cela est inné au point de devenir une habitude
inconsciente comme de cligner les yeux ou de respirer. Cette habitude est
plus prononcée encore avec une instruction poussée. L'esprit apprécie
des idéaux et des modèles supérieurs et, séance tenante, mesurant
quelqu'un d'après eux, trouve naturellement à critiquer quelque chose
chez tous. Il se complaît à énumérer les erreurs et les faiblesses des
autres tout en ignorant les siennes dans les mêmes choses ou dans
d'autres, et parfois même, il révèle hypocritement les faiblesses d'un
autre dans le dessein même de cacher les siennes ou de donner
l'impression d'un caractère supérieur sur le point en question. Telle
est la disposition mesquine méprisable de la vieille nature déchue. Le
nouvel esprit [« mind » : mentalité disposition — Trad.] engendré de
l'Esprit du Seigneur, le saint esprit d'Amour, est en contradiction dès
le départ avec ce vieil esprit d'égoïsme, et cela sous la direction de
la Parole de l'Éternel sous
la Nouvelle Loi d'Amour [et — Édit.] la Règle d'Or, et le devient de
plus en plus au fur et à mesure que nous croissons en grâce et en
connaissance. Tout d'abord, toutes les Nouvelles-Créatures ne sont que de
« jeunes enfants en Christ » et n'apprécient que vaguement la nouvelle
Loi, mais si elles ne croissent pas, n'apprécient pas la Loi d'Amour et
ne s'y conforment, elles ne gagneront pas le grand prix.
La Loi d'Amour dit : c'est une honte de dévoiler devant le monde les
faiblesses et les fautes des frères ou d'autres, une honte que la pitié
et la sympathie ne se soient pas avancées de suite pour dire un mot en
leur faveur, s'il est trop tard d'étendre sur leurs fautes un manteau de
charité pour les couvrir entièrement ! Comme le déclara notre
noble et tendre Maître en une certaine occasion, alors qu'on lui
demandait de condamner une pécheresse : « Que celui de vous qui est sans
péché, jette le premier la pierre contre elle ».
La personne sans faiblesses personnelles pourrait être, dans une
certaine mesure, excusable d'assumer, sans y être invitée par le
Seigneur, la position d'exécutrice de la Justice, de tirer vengeance des
malfaiteurs, de les démasquer, etc., mais nous trouvons que notre Maître,
qui n'a pas connu le péché, avait tant d'amour dans le cœur qu'il était
plutôt disposé à excuser et à pardonner plutôt qu'à punir, démasquer
et réprimander. Il en sera sans doute ainsi pour tous les engendrés de
son Esprit : dans la proportion où ils croissent à sa ressemblance, ils
seront les derniers à réclamer la vengeance, les derniers à châtier en
paroles ou d'autre manière tant que le Grand Juge ne l'aura pas ordonné.
Au contraire, il nous informe pour le présent de ne « juger de rien
avant le temps » et déclare « A moi la Vengeance ».
L'Apôtre nous a bien décrit l'esprit d’Amour, disant « l'amour use de
longanimité ; il est plein de bonté » — envers le coupable. «
L'amour n'est pas envieux » du succès des autres, il n'essaie pas de
leur enlever ni de diminuer leur honneur : l'amour ne se vante pas ; il ne
s'enfle pas d'orgueil » et, en conséquence, il ne cherche pas à éclipser
les autres pour briller lui-même davantage. « Il n'agit pas avec
inconvenance », immodérément,
il n'a pas de désirs excessifs et égoïstes et évite les moyens extrêmes.
L'amour « ne cherche pas son propre intérêt », ne convoite pas les
honneurs ou la richesse ou la renommée des autres, mais se réjouit de
les voir bénis, et en ajouterait plutôt que de les diminuer. L'amour «
ne s'irrite pas », même pour punir justement : il se souvient de la détresse
présente de la race entière à cause de la chute, il témoigne de la
sympathie plutôt que de la colère. L'amour « ne pense pas le mal » [Seg.
: « Ne soupçonne point le mal »]
; non seulement il n'inventera pas et n'imaginera pas le mal, mais
il est si disposé à accorder le bénéfice de tout doute que les «
mauvais soupçons » lui sont étrangers (comparer 1 Tim.
6 : 4). L'amour ne se réjouit pas de l'injustice [iniquité], mais
il se réjouit de la Vérité [droiture] » ; c'est pourquoi, il se réjouirait
de dévoiler et de faire connaître des paroles ou des actes nobles, mais
ne prendrait aucun plaisir à dévoiler des paroles au des actes ignobles
et éviterait de le faire. L'amour « couvre tout », comme d'un manteau
de sympathie, car rien ni personne n'est parfait qui puisse soutenir une
inspection complète. L'amour va au devant et a son manteau de
bienveillance toujours prêt. L'amour « croit toutes choses », — n'est
pas disposé à contester des déclarations de bonnes intentions, mais
plutôt il les accepte. L'amour « espère tout », s'opposant à l'idée
de dépravation totale aussi longtemps que possible. L'amour « endure
tout » ; il est impossible de fixer une limite au-delà de laquelle il
repousserait le cœur vraiment repentant. « L'amour ne périt jamais ».
D'autres grâces et d'autres dons peuvent servir un certain dessein, puis
disparaître, mais l'amour est si essentiel, qu'une fois atteint, nous
pouvons le posséder à jamais à travers
l'éternité. L'amour est la chose principale. 1 Cor. 13 : 4-13.
Pourtant, si le fait de dire une vérité peu flatteuse est une violation
de la Loi d'Amour et de la Règle d'Or, que dirons-nous de l'habitude plus
déshonorante encore, moins aimable, plus criminelle encore et si commune,
non seulement parmi les gens du monde et les chrétiens de nom, mais également
parmi de vrais chrétiens : l'habitude de raconter aux autres des choses déshonorantes
qui ne sont pas positivement connues comme étant vraies. Oh ! quelle
honte ! que parmi les enfants de Dieu il puisse s'en trouver qui négligent
l'instruction du Seigneur de « ne dire du mal de personne », et que
quelqu'un d'autre que les plus simples bébés et novices dans la loi
d'Amour, puisse à ce point mal comprendre son message, savoir que sans
les preuves les plus irréfutables, sur la déposition de deux ou trois témoins
et encore à contre cœur, on ne doit pas même croire du mal d'un frère
ou d'un voisin, et bien moins encore le répéter — calomnier ce frère
ou ce voisin sur un soupçon ou sur un ouï-dire !
NOUS
DEVRIONS NOUS JUGER NOUS-MÊMES
« Si nous nous jugions nous-même, nous ne serions pas jugés [punis,
corrigés par le Seigneur] ». — 1 Cor. 11 : 31.
La Règle d'Or réglerait sûrement cette disposition à « faire des commérages
» sur les autres et sur leurs affaires. Quel est le calomniateur qui
voudrait être calomnié ? Quel est le bavard qui voudrait que ses
affaires, ses difficultés, et ses faiblesses fussent discutées
publiquement ou confidentiellement ? Le « monde » ne peut guère parler
d'autre chose que de bavardages et de médisances, mais il serait préférable
que la Nouvelle-Création fût muette jusqu'à ce que l'amour et le plan
de Dieu lui fournissent le grand thème duquel les anges chantèrent : «
Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et paix sur la terre parmi les
hommes qu'il agrée ! » Alors « les paroles de sa bouche et la méditation
de son cœur » [Ps. 19 :14]
seront agréables à l'Éternel et
une bénédiction pour ceux avec lesquels la Nouvelle-Création viendra en
contact.
Parlant de la langue, l'Apôtre montre
que ce petit membre du corps a une grande influence. Elle peut répandre
des paroles aimables qui ne disparaîtront jamais, mais se perpétueront
à la bénédiction des vivants et par eux à ceux qui ne sont pas encore
nés. Ou bien, « pleine d'un venin mortel », elle peut répandre des
semences empoisonnées de pensées pour aigrir la vie des uns, flétrir et
briser la vie des autres. L'Apôtre dit
« Par elle nous bénissons [honorons] le Dieu et Père, et par elle nous
maudissons les hommes [leur faisons du mal]... de la même bouche procèdent
la bénédiction et la malédiction. Mes frères, il ne devrait pas en être
ainsi. Une fontaine fait-elle jaillir par une même ouverture le doux et
l'amer ? » — Jacques 3 : 8-11.
C'est de l'abondance du cœur que la bouche parle », de sorte que si nous
bavardons sur le compte des autres, nous « ingérant » dans leurs
affaires, cela prouve qu'une grande partie de notre cœur, sinon la
totalité, est vide en ce qui concerne l'amour et la grâce de Dieu. Cette
pensée devrait nous conduire tout de suite au trône de grâce et
à la Parole pour y être remplis de l'Esprit
que le Seigneur a promis à ceux qui en ont faim et soif. Si nous
prenons plaisir à écouter ou à dire du mal des autres — ce qui
est pire encore que le vain bavardage et l'intrusion dans les affaires
d'autrui — la condition du cœur est plus mauvaise encore : il déborde
d'amertume, d'envie, de malice, de haine, d'esprit de querelle. Ce sont là,
dit l'Apôtre, des « oeuvres de la chair et du diable » (Gal. 5 :
19-21). Puissions-nous secouer et réveiller totalement la « Nouvelle-Création
» sur ce sujet, car si vous faites ces choses, vous tomberez sûrement et
l'entrée dans le Royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ
ne vous sera pas accordée.
Pour
être dignes de l'entrée dans ce Royaume, nous sommes conduits dans la
direction tout à fait opposée, comme le déclare l'Apôtre
Pierre : « Joignez à votre foi, la patience, l'affection
fraternelle, l'amour ; car si vous faites ces choses vous ne
faillirez jamais, car ainsi l'entrée dans le Royaume vous sera richement
donnée » (2 Pi. 1 : 5-10). L'Apôtre Jacques est très clair sur le
sujet et dit : « si vous avez une jalousie amère et un esprit de
querelle dans vos cœurs, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre
la vérité. Ce n'est pas la sagesse qui descend d'en haut, mais [une
sagesse] terrestre, animale, diabolique (Jacques 3 :14,15). Quiconque a
cet esprit médisant et amer a l'esprit tout à fait opposé à l'Esprit
de Christ, au saint Esprit, à l'esprit d'Amour : qu'il ne mente ni à
lui-même, ni aux autres, qu'il ne se glorifie pas dans sa honte [Phil. 3
: 19], qu'il ne prenne pas les ténèbres pour la lumière ni l'esprit de
Satan pour l'Esprit de l'Oint.
Poursuivant son exposé, l'Apôtre déclare
que le secret de la confusion et de l'agitation qui ont troublé de tous
temps le peuple de l'Éternel réside
dans cette condition du cœur impure, sanctifiée en partie seulement. Il
dit « car où il y a de la jalousie et un esprit de querelle, il y a du désordre
[de l'anxiété, de l'agitation] et toute espèce de mauvaises actions »
(Jacques 3 : 16). Si l'on permet à ces semences de la vieille nature déchue
de croître, non seulement elles seront nuisibles, mais graduellement,
elles étoufferont et feront mourir toutes les douces et belles fleurs et
grâces de l'Esprit.
LE
JUGEMENT ÉQUITABLE DE NOUS-MÊMES
Parlant de notre croissance convenable en tant que Nouvelle-Création et
de notre jugement équitable, de la critique équitable de nous-mêmes
l'Apôtre Paul déclare : «
Ayant donc ces promesses, bien-aimés, purifions-nous nous-mêmes de toute
souillure de chair et d'esprit, achevant la sainteté dans la crainte de
Dieu » (2 Cor. 7 : 1). « Que chacun s'examine soi-même » — qu'il
prenne note des faiblesses et des souillures de sa nature charnelle déchue
et cherche à se purifier, « à rejeter » les oeuvres du « vieil homme
», d'être renouvelé, changé de gloire en gloire, de plus en plus à
l'image du Cher Fils de Dieu qui est notre Exemple aussi bien que notre Rédempteur
et Seigneur. Cependant, l'Apôtre Paul
nous engage à purifier non seulement notre chair autant que possible,
mais également notre esprit, notre entendement, afin que le nouvel
entendement, la sainte résolution ou volonté, ait pleine autorité et
que chaque pensée soit amenée captive à la volonté de Dieu telle
qu'elle est exprimée par Christ et illustrée en lui.
Ce serait en vain que nous essayions de purifier la chair et de tenir sa
langue en bride, si nous négligions le cœur, l'entendement, l'esprit où
germent les pensées qui ne font simplement que se manifester dans la
souillure de la chair, par des paroles et des actions. Ce n'est que par la
prière et la persévérance que l'on peut accomplir cette justification nécessaire
pour avoir part au Royaume : achevant « la sainteté dans la crainte [révérence]
de Dieu ». Ce n'est pas que nous
puissions espérer non plus accomplir une totale purification de la chair.
C'est celle de la volonté, du cœur, de l'esprit que le Seigneur exige (laquelle
implique une purification de la chair et de la langue aussi complète que
possible). Là où il voit le cœur pur
et vrai envers lui, envers son esprit et sa Loi d’Amour, il donnera, au
temps convenable, le nouveau corps qui lui convienne. « Bienheureux ceux
qui sont purs de cœur, car c'est eux qui verront Dieu » Matt.
5 : 8. Comme elles sont appropriées ici les paroles de l'Apôtre
(2 Thess. 3 : 5) : «
Que le Seigneur incline vos cœurs à l'amour de Dieu » —
l'amour qui est doux, humble, patient, longanime ; qui se contente de ce
qu'il a et qui ne se vante pas, n'est pas envieux, qui ne pense pas de mal
et n'en dit pas, mais qui est confiant, bon et plein de considération
pour les autres, conformément à la Règle d'Or. Nous avons besoin
d'avoir notre cœur dirigé dans cet amour, car en tant que
Nouvelle‑Création, nous marchons dans une voie nouvelle — non
selon la chair, mais selon l'Esprit.
Et le Seigneur seul est notre guide, notre directeur compétent,
bien qu'il puisse employer divers de ses « membres » comme porte-parole.
« Tes oreilles entendront une parole derrière toi, disant : C'est ici le
chemin, marchez-y ». — Esaïe
30 : 21.
«
ET MÊME JE NE ME JUGE PAS MOI-MÊME ;
CELUI
QUI ME JUGE,
C'EST
LE SEIGNEUR »
Il y en a quelques-uns parmi la Nouvelle-Création — extraordinairement
peu, pourtant — qui semblent disposés à se juger inexorablement. A bon
droit, ils critiquent chacune de leurs fautes et de leurs faiblesses et désirent
être débarrassés de toute imperfection ; mais à tort, ils oublient que
le Seigneur ne nous connaît pas et ne nous juge pas selon la chair,
mais selon l'esprit — l'intention, la volonté, le désir,
l'effort. Ils donnent trop d'attention aux paroles du Pharisien : « Je te
rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes », et
trop peu aux paroles inspirées du Seigneur, concernant la base de son
acceptation et l'efficacité du sang précieux dans la purification de
tout péché. Dans leur raisonnement sur le sujet, ils oublient que s'ils
étaient parfaits ou s'ils pouvaient agir parfaitement, ils n'auraient
besoin ni de Sauveur, ni d'Avocat. Ils
oublient que « c'est par grâce que vous êtes sauvés » et non par des
oeuvres de la chair.
Ceux-là ont besoin de
s'appliquer à eux-mêmes les paroles de l'Apôtre
: « Mais il m'importe fort peu, à moi, que je sois jugé par vous,
ou de jugement d'homme ; et même je ne me juge pas moi-même. Car je n'ai
rien sur ma conscience [de mal comme économe] ; mais par là je ne suis
pas justifié, mais celui qui me juge [et qui juge chacun], c'est le
Seigneur. Ainsi ne jugez rien [voir notes Darby — Trad.]
avant le temps, jusqu'à ce que le Seigneur vienne, qui aussi
mettra en lumière les choses cachées des ténèbres, et qui manifestera
les conseils [intentions] des cœurs ». — 1 Cor. 4. :
3-5.
Notre confiance est dans le Seigneur et non dans notre chair faible et déchue.
Nous avons appris à connaître la grâce et la miséricorde de Dieu
envers tous ceux qui se confient en lui et qui cherchent à marcher selon
l'esprit d’Amour, quoique incapables de marcher pleinement à la hauteur
de ses exigences parfaites. Nous n'espérons donc pas être parfaits dans
la chair mais parfaits en esprit, en intention. Nous espérons que notre
foi et notre zèle seront (par le mérite de notre Rédempteur) considérés
comme compensant nos imperfections réelles que nous haïssons et
combattons chaque jour. Lorsque nous réfléchissons sur ce sujet, nous
demandons : Dieu nous aime-t-il, nous qui par nature étions des enfants
de colère comme les autres ? Est-il pour nous, disposé à nous aider et
à porter à notre crédit tout bon désir, tout effort sincère, même
s'ils n'aboutissent qu'à un échec partiel ou à un succès partiel ? Oui,
répond le Seigneur : « le Père lui-même vous aime » ! l'Apôtre
ajoute : « Si Dieu nous a tant aimés lorsque nous étions encore
pécheurs, qu'il a donné son Fils unique engendré pour notre rédemption,
comment ne nous fera-t-il pas
don aussi, librement, de toutes choses [utiles pour nous dans notre course
pour le prix qu'il a placé devant nous dans l'Évangile] ? »
Certainement, s'il nous aimait alors que nous étions encore des pécheurs,
il nous aime plus tendrement encore maintenant qu'il nous a adoptés dans
sa famille, maintenant qu'il voit dans notre cœur un ardent désir de
faire sa volonté, Approchons-nous donc avec confiance du trône de la grâce
céleste, afin que nous puissions obtenir miséricorde et que nous
trouvions grâce pour [avoir du] secours au moment opportun.
— Héb. 4 :16.
Cependant, un mot d'avertissement se fait sentir à propos de l'autre côté
de cette question. Nous avons tous connu des exemples où l'humilité et
le manque de confiance, la crainte et le doute touchant la grâce de Dieu
ont fait place à une condition contraire de confiance en soi impudente,
d'aveuglement total sur ses fautes et à ces remerciements de pharisien
qui se trouve meilleur que les autres hommes. Hélas ! c'est là un état
des plus déplorables et nous le craignons, sans espoir ! La foi est nécessaire,
mais il faut que ce soit la foi en Dieu et non en soi-même. La cause
d'une telle déviation provient généralement d'un abandon de la Loi
d'Amour [et — Édit.] de la
Règle d'Or. La perversion de l'amour pour l'Éternel,
de l'amour pour son plan miséricordieux, de l'amour pour les frères
de la Nouvelle-Création et de l'amour sympathique pour les humains,
conduit à l'amour de soi, de sa propre importance, à l'honneur pour soi
et à la glorification personnelle. Méfions-nous de cette voie de garage
qui éloigne du Seigneur, de son Esprit et de son Royaume. Bien que les
conducteurs soient plus particulièrement exposés à ce piège, d'autres
le sont aussi. Certains manquant grandement de toute qualification comme
instructeurs, deviennent terriblement « enflés d'un vain orgueil par les
pensées de leur chair », fiers,
ne sachant rien, « mais ayant la maladie des questions et des
disputes de mots, d'où naissent l'envie, les querelles, les paroles
injurieuses, les mauvais soupçons... retire-toi de ces sortes de gens. Or
la piété avec le contentement est un grand gain ». — 1 Tim.
6 : 4-6 [voir note D. —
Trad] ; voir aussi 1 Jean 3 : 9, 10.
IL
Y A CERTAINES AFFAIRES QUE L'ÉGLISE
DEVRAIT JUGER
Si, individuellement, nous ne devons juger, ou condamner, mais attendre le
moment où le Seigneur manifestera publiquement sa décision à l'égard
de chaque membre de son corps, la « NouvelleCréation », cependant
dans certains cas, l'Église [l'assemblée
— l'Ecclésia] a le devoir
de juger. Par exemple, l'Apôtre mentionne
un cas d'impudicité reconnu publiquement par le transgresseur contre les
bonnes mœurs, et connu de toute l'Église
; il déclare qu'en sympathisant avec un tel libertin déclaré, l'Église
s'était trompée, et sur le champ il exerce son autorité
apostolique en excommuniant l'offenseur, en le retranchant de la communion
des croyants, le livrant ainsi au figuré à Satan, à des châtiments,
afin de détruire sa sensualité et pour que l'Esprit, la nouvelle
mentalité puisse être ainsi finalement sauvée, au jour du Seigneur, au
moment de rendre ses comptes à la fin de cet Age.
— 1 Cor. 5 : 5.
Seul, le Seigneur lui-même ou l'un de ses Apôtres (les douze dont Paul
était le dernier, ayant été choisi à la place de Judas) avaient
l'autorité, le droit, de procéder de la manière mentionnée. De même,
seul un Apôtre pouvait agir comme Pierre le fit à l'égard d'Ananias
et de Saphira (Actes 5 : 1-11). L'Apôtre
explique plus loin sa position, disant : « Je vous ai écrit dans
ma lettre de ne pas avoir des relations avec les impudiques, interdisant
non pas d'une manière absolue [des relations] avec les impudiques de ce
monde, ou avec les cupides et les ravisseurs, ou avec les idolâtres ;
autrement, il vous faudrait sortir du monde » [1 Cor. 5 : 9, 10 — Seg.].
Il aurait voulu leur faire comprendre que c'est une chose d'avoir
des relations d'affaires avec les gens non sanctifiés, et une autre chose
totalement différente de considérer ceux-ci comme frères-membres de la
Nouvelle-Création. Abaisser le niveau de la moralité exigée n'aurait
pas été non plus une faveur à l'égard du transgresseur ; ce dernier
serait mieux secouru en voyant que son impureté le séparait entièrement
du peuple du Seigneur; d'autre part, s'il était réellement engendré de
l'Esprit de Dieu, il se
rendrait plus rapidement et plus profondément compte de sa véritable
position, apprendrait la leçon et se repentirait. l'Église
avait exercé une charité mal comprise envers le transgresseur et,
par là, risqué une démoralisation générale parmi ses membres, et également
une contagion parmi tous les croyants des autres assemblées qui auraient
pu être mis au courant de ce qui se passait à Corinthe.
L'Apôtre indique brièvement
quel est le devoir des fidèles dans de tels cas, et nous paraphrasons ses
paroles ainsi : ce que je vous ai écrit, c'est de ne pas avoir de
communion avec quelqu'un qui, se nommant « frère », est impudique,
ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur
— de ne pas même manger avec un tel homme. En vérité, je n'essaie pas
de juger le monde, mais je vous engage, en tant qu'Église,
à juger ceux que vous acceptez comme frères. Dieu jugera ceux du
dehors : votre devoir est d'ôter les méchants du milieu de vous. — 1
Cor. 5.
L'Apôtre continue cette
argumentation en critiquant le fait que lorsque des différends s'élèvent
entre des frères, ceux-ci ont une tendance à avoir recours à des
tribunaux du monde au lieu d'endurer avec patience le tort commis s'il est
supportable ou, s'il ne l'est pas, de porter l'affaire devant l'Église
qui jugera en dernier ressort. L'Apôtre
fait valoir que si Dieu choisit maintenant l'Église
pour être le futur juge du monde, ses membres ne devraient
certainement pas être moins équitables,
honorables et justes dans leurs décisions que le monde même
actuel. Le moins estimé dans l'Église
devrait être digne de confiance dans de telles affaires. N'y a-t-il
pas parmi vous un seul homme à la sagesse et à l'intégrité duquel vous
pourriez tous vous confier, implicitement, et à la décision duquel les
plaideurs se rangeraient ?
« Pourquoi ne souffrez-vous pas plutôt quelque injustice ? » Pourquoi
ne souffrez-vous pas l'injustice, si vous considérez que la décision est
inéquitable ? Pourquoi ne souffrez-vous pas quelque dommage plutôt que
de perpétuer des querelles ou d'avoir recours à des tribunaux publics où
vous vous accusez les uns les autres ? Bien plus, dit l'Apôtre,
je m'aperçois que non seulement vous n'êtes pas disposés à
souffrir l'injustice en faveur de la paix et de l'harmonie dans le corps
de Christ, mais pire encore, il y en a parmi vous qui sont prêts à faire
mal et à faire du tort, même à leurs frères. Comme Église de l'Éternel,
ne cherchez-vous pas à obtenir le Royaume ? Et « ne savez-vous
pas que les iniques [injustes] n'hériteront pas le Royaume de Dieu ? Ne
vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres,
ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes
[ou « débauchés » — Trad]
ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes,
ni les outrageux, ni les ravisseurs n'hériteront le Royaume
de Dieu. Et c'est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. Mais vous
avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été
justifiés au nom du Seigneur Jésus, et par l'Esprit
de notre Dieu ». — 1 Cor. 6 : 1-11 (Seg.).
Cet exposé des offenses qui priveraient quelqu'un de l'héritage du
Royaume constitue un guide des offenses qui devraient priver quelqu'un de
la communion fraternelle dans l'Église.
C'est donc à l'égard de toutes ces choses que s'appliquent
les paroles « Otez le méchant du milieu de vous », quel qu'il
puisse être, coupable de l'une quelconque de ces offenses.
«
SI TON FRÈRE A PÉCHÉ CONTRE
TOI »
Pourtant cela n'est-il pas en contradiction avec le commandement de notre
Seigneur « Ne jugez pas afin que vous ne soyez pas jugés » ? Ne faut-il
pas tout d'abord juger le transgresseur individuellement, et ensuite
parler ou bavarder sur des mauvaises actions, afin que l'Église
entière puisse être au courant
et exclure le coupable ?
En aucune façon : l'arrangement [ou dispositions, ou organisation —
Trad.) divin est pleinement en harmonie avec lui-même quand on le
comprend bien. Si A et B ont un différend, et que A se croit
être lésé par B, il ne faut pas qu'il juge B dans le sens de le
condamner. Il lui est seulement permis de dire : « Il existe un différend
entre nous, et je suis certain d'avoir raison, bien que B puisse également
croire qu'il a raison et que je n'ai pas été lésé. Il n'est pas permis
à A de priver B de la communion fraternelle pour cette raison, car faire
ainsi serait le juger — le condamner. Il lui est possible
de se dire : « après tout, l'affaire est insignifiante entre frères, et
je veux la laisser tomber :
je crois que B, comme un frère dans le Seigneur, ne voudrait pas me faire
intentionnellement tort, et il se peut que ma manière de voir soit erronée
et non la sienne ».
Cependant, s'il n'est pas capable de voir les choses de cette manière, il
ne doit toujours pas juger, ne doit pas décider qu'il a raison et que B a
tort, mais il faut qu'il aille vers B, et lui explique comment il
comprend la chose, et si possible qu'il parvienne à un arrangement
cordial, fraternel, peut-être au prix de concessions mutuelles. Si,
pourtant, ils ne peuvent se mettre d'accord, il peut demander à deux ou
trois des frères les plus sages de l'Église, C et D (des frères sur la
sincérité desquels B aussi bien que lui auraient une grande confiance)
de l'accompagner pour voir B à propos de l'affaire, non pour condamner B,
car même A lui-même ne doit pas l'avoir jugé, ou condamné, mais pour
entendre l'affaire en présence de A et B et donner leur avis aux deux. Le
résultat devrait donner satisfaction à tous — surtout si tous ont
l'esprit d'amour l'un pour l'autre et le désir d'agir avec justice l'un
envers l'autre comme membres du corps oint. Cependant, si la paix n'est
pas encore rétablie, il ne doit y avoir encore aucun jugement, aucune
condamnation, car deux ou trois frères ne peuvent pas « juger », seule
l'Église le peut.
Si, quand A a pris avec lui C et D, ces derniers ont exprimé une opinion
contre A et en faveur de B, l'affaire devrait être ainsi réglée. Dans
ces conditions, A ne peut pas soumettre la question à l'Église. S'il le
faisait, il montrerait à l'évidence qu'il est plein de suffisance et «
têtu ». Les instructions du Seigneur ne lui donnent pas d'autres privilèges
(Matt. 18 : 15), mais s'il était encore mécontent, nous ne connaissons
aucun principe qui serait violé s'il prenait avec lui deux ou trois
autres frères capables et sans préjugés, E, F, G avec lui pour aller
voir B afin d'entendre de nouveau un exposé du litige et recevoir leur
avis.
Cependant si, quand A a pris avec lui C et D pour aller vers B, C et D ont
donné un avis favorable à A contre B, reconnaissant que ce dernier a
fait du tort à A et refusé de l'admettre, et si, après un temps
raisonnable B refusait ou négligeait de réparer sa faute, A aurait le
privilège conjointement avec C et D de convoquer une réunion de l'Église,
à qui serait répétée toute l'affaire par, à la fois A et B ; car on
suppose que si B appartient toujours à l'Église, il admet son conseil et
son autorité, comme on suppose aussi que B est consciencieux. Lorsque l'Église
entend l'affaire, on ne doit pas oublier que seuls les justifiés et
sanctifiés constituent l'Église et qu'ils siègent en jugement
au nom de leur Seigneur et Chef (Tête) et pour rendre son jugement.
Il ne s'agit pas de mener une lutte partisane dans l'Église, mais de préserver
son unité dans les liens de la paix. Bien entendu, A et B ne devraient
pas voter, ni celui qui sentirait en lui un autre désir que celui
d'exprimer le jugement du Seigneur dans cette affaire. La décision
devrait être prise à l'unanimité ou pratiquement ainsi, même si cela
exigeait quelque modification de sentiments opposés. Que la justice soit
toujours tempérée par la clémence : « Prenant garde à toi-même, de
peur que toi aussi tu ne sois tenté » — Galates 6 : 1.
La décision de l'Église doit être acceptée comme définitive par tous,
et quiconque refuse de l'accepter et de se conformer à ses exigences sur
une telle affaire de mœurs (et
non de conscience) doit être pour les autres « comme un païen
ou un publicain », jusqu'à ce qu'il cesse de défier l'Église
; après quoi, bien entendu, il lui sera pardonné, et il sera reçu
dans une pleine communion fraternelle comme auparavant. Il ne s'agit pas
de rejeter complètement le frère, mais simplement de lui montrer qu'on désapprouve
sa mauvaise conduite afin de l'aider à se corriger. Le traiter « comme
un païen et un publicain » ne signifierait pas le calomnier ou le déshonorer
même après qu'il aurait été rejeté. Le peuple de l'Éternel
ne doit pas se laisser ailler à la calomnie ou à la médisance en
aucune circonstance ; le commandement général « ne dites du mal de
personne » s'applique exactement à ce cas. Nous ne devons ni médire, ni
regarder de travers des publicains et des pécheurs, ni refuser à traiter
d'affaires avec eux, mais nous devons leur retirer la communion
fraternelle et la courtoisie spéciales particulières aux frères de la
Nouvelle-Création, possédés du saint Esprit et de son amour, de sa joie
et de sa paix.
Si B refusait d'écouter l'Église et
de cesser de nuire à A, et que, plus tard il se repente et soit réadmis
dans la pleine communion fraternelle, il conviendrait de lui rappeler son
entêtement si, à un moment quelconque, il était candidat à la charge
d'Ancien. Il lui faudrait manifester un changement positif avant d'être
considéré apte à ce service, car même s'il était tout à fait
consciencieux, sa conduite prouverait au moins qu'il est plutôt entêté
touchant son droit quand ses intérêts personnels étaient en jeu. En vérité,
le fait de refuser le conseil de trois frères et de nécessiter d'en
appeler à l'Église pour
juger l'affaire, serait une indication défavorable, même si par la suite
il a écouté l'Église, lui
a obéi et a fait amende honorable à A.
PARDONNE
SOIXANTE-DIX FOIS SEPT FOIS
Supposez que lorsque A alla vers B pour la première fois, afin de
discuter de l'injustice commise à A, B ait reconnu sa faute et essayé de
la réparer au mieux de sa capacité, ou supposez qu'il se soit repenti
ainsi après la seconde visite de A accompagné de C et de D, quelle
devrait être l'attitude de A
envers B ? Il devrait lui pardonner et de tout cœur. Il ne lui est même
pas permis de lui en tenir la moindre rigueur, mais il doit se souvenir
des paroles « A moi la vengeance, et la rétribution, dit l'Éternel ! »
Mais combien de fois peut-on observer cela ? Combien de fois devrons-nous
pardonner s'il se repent ? Combien de temps nous faut-il supporter ses
faiblesses ? « Sept fois? » demanda Pierre. La réponse que lui fit
notre Seigneur s'adresse à nous également: « je ne te dis pas jusqu'à
sept fois, mais jusqu'à soixante dix fois sept fois ».
Nous devons pardonner les offenses des autres comme nous voudrions
que notre Père céleste nous pardonnât nos offenses contre sa loi
divine. Si nous sommes tentés de mépriser notre frère à cause de ses
faiblesses, nous devons penser à nos propres faiblesses, et nous souvenir
qu'à celui qui ne fait pas miséricorde, il ne lui sera pas fait miséricorde
(*) [Voir en outre le Chapitre VI : «
La discipline dans l'Ecclésia
». ]. — Jacques 2 :
13.
OFFENSES
FAITES A L'ÉGLISE
Nous avons examiné de quelle manière convenable il fallait procéder
pour juger des offenses faites aux individus ; toutefois, dans le cas de
l'impudique mentionné par l'Apôtre,
et dans d'autres cas que l'on pourrait supposer, l'offense pourrait
ne pas être faite à un membre particulier de l'Ecclésia,
mais contre l'ensemble, contre la cause que nous représentons tous
ensemble. De quelle manière devrait-on procéder alors ?
Ce pourrait être de la même façon que pour l'offense individuelle, si
le péché n'était pas connu publiquement. Mais si l'affaire s'est répandue
dans le public, il serait du devoir des anciens de citer le transgresseur
devant l'Église pour être
jugé, sans avoir recours aux visites privées préliminaires, car la
publicité qui en a été faite a placé l'affaire au delà d'un règlement
possible en privé. De même, si c'était un cas de calomnie contre les
anciens au contre l'un quelconque d'entre eux, l'affaire serait du ressort
de l'Église et non d'un règlement
en privé. En effet, si les calomniateurs pensaient en conscience que leur
cause était juste, ils ont cependant négligé le commandement du
Seigneur (« Va vers lui seul » et, dans la suite, « prends avec toi
encore une ou deux personnes ») et
ils ont répandu des médisances et des propos
diffamatoires, ont par là même porté l'affaire en dehors
de la juridiction individuelle et l'ont placée sous la
juridiction de l'Église.
En pareils cas, il serait convenable pour l'Ancien calomnié de convoquer
le Comité des Anciens en tant que représentants de l'Église, de rejeter
les calomnies et de demander que les calomniateurs soient assignés pour répondre
aux accusations de calomnie et de faux témoignage devant l'Église ; leur
offense fut, en effet, faite à l'Église (1) en ce qu'elle eut lieu
contrairement aux règles établies par le Chef (Tête) de l'Église et
contrairement à la décence et aux bonnes mœurs ; et (2) parce que la
calomnie étant dirigée contre un Ancien choisi par l'Église, était
donc une calomnie lancée contre l'Église entière qui l'a choisi. On
devrait condamner, réprimander les calomniateurs et exiger qu'ils
reconnaissent leur erreur ; mais après avoir fait cela, ils auraient le
droit de procéder contre l'Ancien supposé être dans l'erreur,
exactement comme ils auraient dû le faire en premier lieu.
IL
NOUS FAUT TOUS COMPARAÎTRE
DEVANT
LE TRIBUNAL DE CHRIST
—
2 Cor. 5 :10 —
Le « nous » de ce texte se rapporte sans aucun doute à l'Église — La
Nouvelle-Création. On ne doit pas, cependant, le confondre avec le
rassemblement de « toutes les nations » devant le Fils de l'Homme
lorsqu'il viendra dans sa gloire et tous les saints messagers avec lui,
tel qu'il l'est rapporté en Matt. 25 :31-46. Lorsque le Fils de l'Homme
« s'assiéra sur le trône de sa gloire », il a promis que sa fidèle Ecclésia,
son Épouse, partagerait ce trône et cette gloire, et aurait part à ce
jugement des nations dans le Millénium, y compris « tous ceux qui sont
dans leurs tombes ».
Le jugement de l'Église est évidemment figuré et décrit par notre
Seigneur en Matt. 25 : 14-30
et en Luc 19 : 12-16. Il aura lieu à la fin de cet Age et sera le premier
travail du Roi à son second avènement, avant qu'il ne commence à
s’occuper du monde. Il fera d'abord ses comptes avec ses propres
serviteurs à qui il a confié diverses charges d'intendant de richesse et
d'influence, de talent et d'occasions favorables de service, pour considérer
lesquelles ils ont employées plus ou moins fidèlement dans la persévérance
et l'abnégation. Il faut que toutes soient prises en considération, et
les fidèles seront récompensés et recevront le gouvernement de deux,
cinq ou dix villes désignées autrement comme « les joies de ton
Seigneur ». Les récompenses ne seront pas toutes identiques quant à la
gloire et l'honneur, bien que toutes seront glorieuses et honorables. «
Une étoile diffère d'une [autre] étoile en gloire », ainsi seront ceux
qui auront part à la Première Résurrection à « la gloire, à
l'honneur et l'immortalité ». — 1 Cor. 15 : 41.
La fidélité, l'amour, le zèle constitueront les épreuves. Ceux qui ont
des talents et les enterrent dans les affaires ou dans les plaisirs ou
dans la paresse, montreront ainsi qu'ils manquent d'amour et d'appréciation
; par conséquent, ils sont indignes du Royaume et ils n'entreront pas
dans « les joies du Seigneur » pas plus qu'il ne leur sera permis de régner
avec lui pour bénir le monde.